Dimanche, 19 Novembre 2017
UNRIC logo - français

l'ONU dans
votre langue

Menaces mondiales à l'horizon : la cyberguerre et les robots tueurs

zzzz

7 septembre 2017 - La menace et l'utilisation de la force sont clairement interdites dans la Charte des Nations Unies, mais il est moins clair quel seuil un acte de guerre cybernétique devrait atteindre afin d’être considéré comme un « recours à la force ». Il semblerait que la communauté internationale va devoir aborder cette question plus tôt que prévu.

Il n'existe actuellement aucun traité de l'ONU interdisant la cyberguerre, ni aucune possibilité qu'un tel traité soit ratifié à court terme. L'interdiction de l'usage de la force se trouve dans l'article 2 (4) de la Charte des Nations Unies et est liée à l'acte d'agression tel que défini dans la résolution 3314 de l'Assemblée générale. La résolution, adoptée en 1974, énumère sept actes qui constituent des actes d'agression et violent donc le droit international. Mais en raison de l'ancienneté de la résolution, les cyberattaques ne sont pas explicitement incluses.

Une cyberattaque est décrite comme tout type de manœuvre offensive employée par des individus, des groupes, des organisations ou des États-nations qui ciblent les systèmes d'information informatique, les infrastructures, les réseaux informatiques et / ou les appareils informatiques personnels par différents moyens d'actes malveillants. Souvent une cyberattaque provient d'une source anonyme qui vole, modifie ou détruit une cible spécifiée en piratant son système.

Des exemples de conséquences sont innombrables - et bien sûr dépendent de la cible de l'attaque. Une attaque pourrait viser un réseau électrique national, des installations nucléaires, des données personnelles de clients d'un hôpital, une infrastructure essentielle ou, par exemple, les transports publics, ce qui engendrait de graves conséquences pour les villes et les citoyens d'un pays.

Le cyberespace peut potentiellement changer la manière dont les guerres se déroulent à l'avenir, et les organisations internationales commencent à s'adapter à cette nouvelle réalité. Un récent effort conjoint de l'UE et de l'OTAN vise à améliorer la préparation européenne à ces nouvelles menaces pour la sécurité, et l'UE a renforcé sa défense après une augmentation des cyberattaques agressives sur ses serveurs.

Remède : traité de guerre cybernétique ?

La question d'un traité de guerre cybernétique reste sensible, mais certains avocats internationaux affirment qu'un traité visant à interdire l'utilisation agressive du cyberespace devrait être rédigé, car le cadre juridique actuel n'est pas suffisant pour qu'un État attaquant subisse des conséquences. Du moins si une cyberattaque peut être directement attribuée à un état, ce qui est souvent très difficile à prouver.

Cependant, les traités sont des instruments lourds, qui prennent beaucoup de temps à négocier et à signer, et même plus longtemps, à ratifier et à mettre en œuvre par les États membres. Ceci est problématique surtout dans les cas de tentative de réglementation de la technologie, car un traité risquerait d'être dépassé avant même d'être convenu. En outre, la ratification par tous les États Membres de l'ONU d'un traité cybernétique efficace reste peu susceptible de se produire, car les États dotés de capacités cybernétiques fortes ne voudraient probablement pas se limiter à un traité efficace.

Cela dit, même un traité ratifié par des États moins puissants pourrait s'avérer utile, du moins dans une certaine mesure. Un traité cybernétique pourrait éventuellement établir une nouvelle norme restreignant les cyber-attaques futures, semblable à l'effet espéré du nouveau traité de l'ONU qui interdit les armes nucléaires.

Hackers ou robots?

Il semblerait que les attaques des pirates ne soient pas le seul genre d'attaques que l'humanité doit craindre.

Le fondateur de Tesla Elon Musk, ainsi que l'expert en intelligence artificielle d'Alphabet Mustafa Suleyman, et plus d'une centaine d'autres chefs de technologie ont récemment publié une lettre ouverte adressée aux Nations Unies. Dans la lettre, ils mettent en garde l’ONU d'une autre sorte de guerre possible dont le monde pourrait être confronté, à savoir par la révolution des robots tueurs qui pourraient empirer de manière significative les conséquences potentielles du piratage.

« Les armes autonomes mortelles menacent de devenir la troisième révolution dans la guerre », écrivent-ils dans leur lettre. « Une fois développés, ils permettront de combattre les conflits armés à une échelle plus grande que jamais, et à des échelles de temps plus rapide que les humains peuvent comprendre. Ceux-ci peuvent être des armes de terreur, des armes que les despotes et les terroristes utilisent contre des populations innocentes et des armes piratées pour se comporter de manière indésirable. Nous n'avons pas longtemps à agir. Une fois que cette boîte de Pandora est ouverte, il sera difficile de la fermer. »

Les chefs de technologie adressent leur lettre à la Conférence des Nations Unies de la Convention sur certaines armes classiques (CCAC) et son Groupe d'experts gouvernementaux (GGE) sur les systèmes d'armes autonomes létales, qui devait se réunir le 21 août. Cependant, à la suite d'un trop petit nombre d'États qui paient leurs contributions financières à l'ONU, la première réunion du GGE est prévue pour novembre.

 « Nous demandons aux Hautes Parties contractantes qui participent au GGE de travailler dur pour trouver des moyens d'empêcher une course aux armements dans ces armes, de protéger les civils de leur mauvaise utilisation et d'éviter les effets déstabilisateurs de ces technologies », ont-ils écrit dans leur lettre.

Le groupe d'experts gouvernementaux de la CCAC a été invité à entamer des négociations sur un nouveau protocole de la CCAC d'ici la fin de l'année 2018 qui prohiberait de manière préventive les armes totalement autonomes.

Plus de 90 pays devraient participer à la réunion du GGE à l'ONU à Genève les 13 et 17 novembre ainsi que les principales agences des Nations Unies, le Comité international de la Croix-Rouge et la Campagne pour arrêter les robots tueurs.

onucarrieres

Paris : offre de stage en traduction au Bureau du Programme alimentaire mondial en France.
Plus d'information

Couverture rapport ODD 2017

Réseaux Sociaux

facebook64x64 Dblue twitter64x64 Dblue
France et Monaco

facebook64x64 Dblue
Belgique et Luxembourg

cop23

Etre stagiaire à UNRIC

news32x32 DblueNominations