Samedi, 21 Septembre 2019
UNRIC logo - français

l'ONU dans
votre langue

RDC : la lutte contre un ennemi invisible

8328853653 ab7a61eae0 z10 avril 2014 –Comment identifier un combattant qui ne porte ni uniforme, ni insigne ? Le monde a récemment accueilli avec soulagement la nouvelle du désarmement consenti par les rebelles du M23. Cependant, aujourd'hui encore, les combattants des Forces démocratiques pour la libération du Rwanda (FDLR), qui ne portent pas d’uniformes, continuent à répandre la peur dans les régions orientales de la République démocratique du Congo (RDC).

Certains de leurs leaders font partie des individus que la communauté internationale aimerait juger pour les rôles centraux qu’ils ont tenus il y a 20 ans lors du génocide au Rwanda.

Les FDLR rassemblent des anciens combattants des forces armées rwandaises (FAR), de l'armée nationale du Rwanda, et de l'Interahamwe, la milice hutue qui a conduit le génocide de 1994. Pendant les 20 ans qu’ils ont passés en RDC voisine, ce groupe armé a survécu en recrutant des combattants au sein de la population locale. Les FDLR refusent le port de l’uniforme ainsi que tout autre signe distinctif pour montrer qu’ils ne sont soutenus par aucun pays étranger, tout comme le faisaient les combattants du M23.

Etant ainsi fondus dans les communautés locales, et sans uniformes, les membres du FDLR s’avèrent extrêmement difficiles à identifier dans le cadre d’une opération militaire de grande ampleur. Cependant, Patrice Munga*, un militant de la société civile, a déclaré à IRIN News Service que les chaussures constituent un signe distinctif valable étant donné que « ceux qui portent les bottes en caoutchouc – ce sont des membres des FDLR ».

La brigade d'intervention spéciale (BIS), qui fait partie de la Mission de l’Organisation des Nations Unies pour la stabilisation en RD Congo MONUSCO, est une unité militaire lourdement armée, qui se prépare à lancer une offensive contre les groupes rebelles armés en RDC. Le Conseil de sécurité a créé cette BIS en lui attribuant un mandat militaire, ce qui comporte des risques pour la population civile. La BIS agit en coopération avec l'armée nationale de la RDC. L'objectif principal de cette future opération est la reddition, le dépôt des armes et le retour au Rwanda des FDLR.

Une perception équivoque

La perception des FDLR au sein de l’armée nationale congolaise a beaucoup évolué. Certains entretiennent des relations cordiales avec les leaders FDLR étant donné que ceux ci ont contribués à l'éradication d'autres groupes armés, fonctionnant sur le principe de « l'ennemi de mon ennemi est mon ami. »

Cependant, d'autres membres de l'armée nationale congolaise sont radicalement opposés aux FDLR ainsi qu’à toute association avec eux. Enfin, un troisième point de vue existe également, à savoir ceux qui croient qu’au lieu de maintenir le conflit, le gouvernement rwandais devrait négocier avec les FDLR. Cette dernière option reste pourtant inenvisageable tant que les membres des FDLR demeurent persuadés de la supériorité hutue. Une idée qui a conduit au génocide rwandais.

La MONUSCO est présente en RDC depuis 2010. Son mandat comprend désormais un volet militaire alors qu’auparavant il était uniquement humanitaire. En 2013, face à l'escalade de la violence et à la récurrence des conflits, le Conseil de sécurité a créé une division militaire spéciale. Cependant, les conflits à venir s’annoncent difficiles étant donné que les FDLR ne constituent pas un ennemi clairement identifié et que ses soldats se cachent au sein des populations civiles. Au-delà de la dimension militaire, l'objectif de la MONUSCO est également de poursuivre, sur le terrain et en justice, les auteurs de viols et de violences sexuelles. «Malgré une augmentation du nombre de poursuites judiciaires de fonctionnaires d'Etat auteurs de violences sexuelles au cours des dernières années, il reste beaucoup de chemin à parcourir dans la lutte contre l'impunité des violences sexuelles en RDC », a déclaré la Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Navi Pillay.

La République démocratique du Congo se remet lentement du conflit qui a duré de1994 à 2003, conduisant à la perte de quelque cinq millions de vies. Aujourd’hui encore de nombreuses régions de l'est de la RDC sont en proie à la violence que divers groupes d'insurgés continuent à perpétrer.

* Le nom a été changé pour des raisons de sécurité

Source: Service Nouvelles IRIN

Plus d’information :

Réseaux Sociaux

facebook64x64 Dblue twitter64x64 Dblue
France et Monaco

facebook64x64 Dblue
Belgique et Luxembourg

Journée internationale de la paix
21 septembre 2019

L’ONU, l’UE et les Schtroumpfs nettoient
la plage d’Ostende

74ème session de l'Assemblée générale

united to reform web brand fr 960x540 cropped

news32x32 DblueNominations