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Les préjugés font le terreau de la négation des droits des homosexuels

 

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Par Navi Pillay, Haut-Commissaire des Nations Unies pour les droits de l'homme, 29 avril 2014.

Récemment, de nouvelles lois qui punissent, ou réduisent au silence les lesbiennes et les gays ont été adoptées dans de nombreux pays. Ces lois, et la discrimination qui en résulte et affecte en outre souvent les personnes transgenres, constituent de violentes violations aux droits universels fondamentaux.

Aujourd’hui, en 2014, les lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) font toujours face à la discrimination, la violence et l’exclusion. Dans 77 pays cette discrimination est inscrite dans les lois et dans cinq d’entre eux elle est passible de la peine de mort même dans le cas d’une relation homosexuelle entre adultes consentants. Il ne s’agit pas là que d’histoires qui se passent dans des contrées lointaines. Les lesbiennes, gays, personnes bisexuelles et transgenres sont confrontés à la violence, l'exclusion et la discrimination ici même, en Europe, où ils n’ont pas toujours accès aux mêmes opportunités que tous les autres citoyens. L’inégalité à laquelle ils font face concernant le droit au mariage n’est qu’un exemple parmi tant d’autres.

La Haut-Commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme, Mme Navi Pillay, a écrit un article d'opinion sur les droits des homosexuels et le respect qui leur est accordé au niveau mondial. Ce travail accompagne la campagne de sensibilisation des Nations Unies «Free & Equal» qui tente de mobiliser des millions de personnes en faveur d’un traitement équitable pour tous, y compris les LGTB, et appelle à garantir leurs droits tout au long de la vie.

Des milliers d’Ougandais ont célébré, le mois dernier, l’adoption de nouvelles législations « anti-homosexualité », qui condamnent les gays et lesbiennes à l’emprisonnement à vie et favorise les attaques menées contre les organisations de défense des droits de l’homme qui tentent de faire évoluer cette situation. En janvier, le Président du Nigéria a décrété une nouvelle loi qui soumet les membres d’unions entre personnes de même sexe à 14 ans d’emprisonnement. Ces deux cas font partie des 77 pays dans lesquels l’homosexualité est considérée comme un crime. Cinq d’entre eux, dont l’Arabie Saoudite et l’Iran, punissent encore les relations homosexuelles entre adultes consentants de la peine de mort.

Récemment, dans plusieurs pays d’Europe Centrale et d’Asie, des groupes parlementaires appellent à la pénalisation de toutes relations, ou simples tentatives d’amélioration de la perception, de relations « non conforment à la tradition » - c’est-à-dire homosexuelles - ainsi que à la restriction de la liberté d’expression et d’association. Au Kenya et en République Démocratique du Congo, des parlementaires soutiennent la promulgation de lois anti-gays rétrogrades. Le nouveau code civil du Brunei, qui doit entrer en vigueur dans les prochains jours, punit les relations sexuelles consenties entre personnes de même sexes de la peine de mort. En février, au cours d’une cérémonie de commémoration de l’accession à l’indépendance retransmise à la télévision, le Président de la République de Gambie a appelé à traiter les homosexuels « de la même façon que nous combattons les moustiques à malaria, sinon de façon plus agressive ».

Ce durcissement apparent des attitudes vis-à-vis des lesbiennes, gays, bisexuels et transgenres (LGBT) fait probablement partie d’une stratégie politique - alimentée par des groupes religieux bien financés - pour détourner l'attention des vrais problèmes tels que la pauvreté. L’homophobie repose sur des préjugés et des idées fausses dont celles qui consiste à croire que l'homosexualité est en quelque sorte «contre nature»; que les homosexuels sont plus susceptibles d'être pédophiles; que la dépénalisation de l'homosexualité conduirait automatiquement à une épidémie de mariages entre personnes de même sexe ; ou encore que l’affirmation de l'égalité des droits pour les personnes LGBT constituerait une atteinte à la liberté religieuse.

En réalité, l'homosexualité est une caractéristique parfaitement naturelle, qui a été observée dans toutes les sociétés humaines et à toutes les époques. Elle a été tolérée pendant des siècles dans nombreuses de ces sociétés, et ce n’est que récemment qu’elle est un sujet de débats politiques. Il n'existe aucune preuve qui montrerait que les homosexuels sont plus souvent attirés par les enfants que les hétérosexuels - la pédophilie est un crime, que l'auteur soit homosexuel ou hétérosexuel, et personne ne veut changer cela. Appeler à l’arrêt de la persécution des personnes LGBT c’est appeler à mettre fin à la discrimination et à la violence ce qui constitue un principe de base de nos droits humains universels. Cette position n’inclut pas obligatoirement l’appel à la légalisation du mariage entre personnes de même sexe. Ce dernier constitue un sujet de débat que les sociétés peuvent choisir d’ouvrir au niveau national. En outre, la liberté de religion n’implique jamais celle de persécuter, ou d'entretenir les préjugés et le sectarisme.

Pour lutter contre ces préjugés, l'année dernière mon bureau a lancé «Libres et égaux (Free and Equal) » - une campagne des Nations Unies sans précédent pour sensibiliser le public aux droits des personnes LGBT. Nous menons cette action parce que nous considérons que tous les humains peuvent prétendre au respect de leurs droits fondamentaux. La discrimination fondée sur l'orientation sexuelle est tout aussi irrationnelle et injuste que la discrimination fondée sur la couleur de la peau et constitue une violation flagrante des droits humains.

Les violences récurrentes endurées par tant de personnes LGBT sont épouvantables. De plus, de ces législations intolérantes découlent des comportements extrêmement regrettables de la part des forces de l’ordre – comme, par exemple, le récent raid à l’encontre d’un projet de santé en Ouganda, légitimé par le prétexte qu’il constituait une « formation des jeunes à l'homosexualité ». Ces lois permettent que des procédures judiciaires telles que des procès et des peines d'emprisonnement soient entamées à l’encontre de personnes qui ne devraient pas être considérées comme des criminels. En outre, ces législations ont pour effet secondaire de susciter des comportements criminels de la part du public tels que de la violence physique à l’égard des personnes LGBT; le vandalisme de leurs propriétés; des menaces de mort, et l’horrible pratique du soi-disant « viol correctif » des lesbiennes. Dans certains cas la situation est telle qu’une simple rumeur concernant l’orientation sexuelle d’une personne peut être à l’origine de telles atteintes à sa dignité et à ses droits.

Certains disent que ce problème finira pas se résorber de lui-même avec le temps car auparavant, les personnes LGBT faisaient face à des discriminations institutionnalisées par un nombre de pays beaucoup plus élevé qu’aujourd’hui où ils peuvent maintenant vivre librement. Mais nous ne pouvons pas simplement attendre que le temps passe. Si un autre groupe constitué de millions d'individus était forcé de survivre à un tel niveau d’angoisse et de stigmatisation, la communauté internationale s'unirait sûrement pour condamner cette situation et prendre des mesures immédiates. Le fait que certains pays refusent de reconnaître l’ampleur du problème – voir même alimentent activement les flammes des préjugés, rend les efforts de changement encore plus urgent. Les principaux résultats de ces efforts sont d’une part, la possibilité d’ouvrir un débat éclairé exempt de toutes insinuations, mythes et autres diffamations - et d’autre part, le triomphe de l’égalité des droits à la dignité et à la liberté des personnes LGBT.

Pour plus d'information sur la campagne « Libres et égaux » des Nations Unies rendez-vous sur le site www.unfe.org

 

 

 

 

 

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