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Les droits de l’homme 365 jours par an – et pour tous

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En 1989, les populations de nombreux pays d'Europe de l'est sont descendues dans les rues pour manifester contre les régimes oppressifs qui les dirigeaient. Ils portaient tous des bannières différentes, mais un slogan très simple se retrouvait de pays en pays : « droits de l'homme ». Aujourd'hui, 13 de ces pays sont membres de l'Union Européenne, une organisation qui a fait des droits de l'homme l'une de ses valeurs principales et qui a mis en place la Charte des droits fondamentaux. Plus largement, sur l'ensemble du continent européen, ces 25 dernières années ont vu des progrès remarquables en matière de droits de l'homme, souvent grâce aux décisions de la Cour européenne de justice et des autres organes du Conseil de l'Europe. Ce sont sans aucun doute de bonnes nouvelles.

Au début des années 80, le premier directeur de la section des droits de l'homme des Nations Unies, Theo van Boven, a été « récompensé » pour son courage et sa dévotion envers les droits des prisonniers dans les régimes militaires d'Amérique latine, en se voyant destituer de son poste. Aujourd'hui, peu de gens contesteraient le fait que le rôle d'un Haut-commissaire des droits de l'homme à l'ONU, et de son bureau, consiste à parler pour les victimes d'abus des droits de l'homme : c'est devenu l'une de nos principales responsabilités. Ceci est aussi un signe de progrès.

Chaque année, nous commémorons la Journée internationale des droits de l'homme le 10 décembre, date d'anniversaire de l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme. Cette année, le thème de cette journée est « Droits de l'homme, 365 jours par an ». Chaque jour devrait en effet être la journée des droits de l'homme – où la jouissance de tous les droits humains fait partie de la réalité de chacun. Dans l'Europe d'aujourd'hui, cela pourrait sembler évident car la plupart des personnes peuvent, la plupart du temps, jouir de la majorité de leurs droits humains. Même pour ceux d'entre nous qui ont vécu sous un régime oppressif, il est facile d'oublier combien ces droits humains nous paraissaient si précieux (et inatteignables). Et la souffrance des autres – ceux qui dans d'autres parties du monde risquent toujours d'être emprisonnés injustement ou qui manquent d'accès à l'eau potable – ne fait pas toujours partie des priorités de ceux qui prennent leurs propres droits humains pour acquis.

En Europe, même 25 ans après la chute du mur de Berlin et 66 ans après l'adoption de la Déclaration universelle des droits de l'homme, l'histoire des droits de l'homme reste encore inachevée. Certains ne peuvent toujours pas jouir de l'ensemble des droits humains, étant marginalisés ou oubliés par les décideurs politiques.

Dans certains Etats membres de l'Union Européenne, trop d'enfants sont encore séparés de leurs familles et se retrouvent dans des institutions de soins vétustes – comme c'est le cas pour les personnes présentant un handicap physique, mental ou psychologique, les personnes âgées et les sans-abris. Beaucoup d'entre eux sont encore aujourd'hui les « oubliés de l'Europe ». Si dans certains Etats membres des progrès importants ont été réalisés afin d'inclure ces personnes au sein de la communauté, dans d'autres, ceci n'est toujours pas le cas. En effet, dans certains Etats, les mesures d'austérité ont entrainé une diminution de l'offre des services sociaux, posant ainsi un risque réel de retour en arrière sur certains acquis.

En matière de droits des gays, lesbiennes, bisexuels, transgenres et intersexués, une véritable progression a été observée dans de nombreux pays européens, mais elle reste irrégulière avec encore de grandes disparités entre pays. Le racisme déclaré n'est plus accepté dans les sociétés européennes comme c'était le cas avant, mais de nombreux migrants, réfugiés et membres de minorités ethniques et religieuses subissent encore des préjudices, des discriminations et sont victimes d'exclusion sociale. Le comportement de la police envers les migrants et les minorités, et ce compris les Roms, est un problème récurrent dans certains Etats où les violations des forces de l'ordre sont souvent commises en toute impunité.

Certains des vieux défis refont dangereusement surface. Nous avons même vu – dans un des états membres de l'UE – des tentatives d'intimidation et de discréditation des organisations de la société civile « financées de l'extérieur » plaidant pour les droits humains. Et de nouveaux défis continuent d'apparaître.

Pour faire des « droits de l'homme, 365 jours par an » une réalité pour tous, et non uniquement au sein de l'Union Européenne, il faudra un engagement réel envers les principes d'égalité et de dignité pour tous – un engagement de la part des États, des Nations Unies, de la société civile et des populations de manière générale. Comme l'avait dit Théo van Boven, travailler pour les droits de l'homme n'est pas facile ; c'est toujours un effort de longue haleine.

JanJarab2EssaiJan Jařab (à gauche) et Paul Dujardin

Jan Jařab, Représentant régional pour l'Europe, bureau du Haut-commissaire des Nations Unies aux droits de l'homme

 

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