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Les visages de l’ONU : Derk Segaar

Derk Segaar Good size

Cette semaine nous nous rendons dans le plus jeune pays d’Afrique : le Soudan du Sud. Un pays qui l’an dernier avait fait la une des journaux lorsque les actes de violences avaient commencé à se succéder. Depuis décembre 2013, la guerre civile y fait rage. Elle est survenue à la suite d'un conflit au sein de l’armée-même, a engendré des massacres ethniques et a coûté la vie à des milliers de personnes.

Nombreux sont ceux qui ont quitté leur maison pour essayer de fuir toute cette violence. Un demi-million de Sud-Soudanais ont franchi la frontière pour chercher refuge dans des camps de réfugiés, mais près de 1,5 millions d’entre eux ont fui dans des zones plus sûres du pays. Ces derniers sont appelés les « déplacés internes ». Certains de ces déplacés internes n’ont pas réussi à trouver de refuge à temps, et donc ils se sont réfugiés dans des bases militaires de l’ONU. Les bases de maintien de la paix de l’ONU servaient pour la première fois de refuge à des nationaux, et ce en raison du caractère exceptionnel de la situation. A l’heure actuelle, plus de 100 000 déplacés internes sont accueillis dans sept « sites de protection », où les Casques bleus sont présents pour les protéger contre d’éventuelles attaques extérieures, et où l’aide humanitaire est fournie par entre autre l’UNICEF et Médecins Sans Frontières.

M. Segaar a fait ses études à Utrecht au Pays-Bas, et est maintenant le Directeur du relèvement, de la réintégration et de la consolidation de la paix affecté auprès de la Mission des Nations Unies au Soudan du Sud (MINUSS). Il est responsable de la gestion de tous les sites de protection du pays. La MINUSS a une fonction de liaison avec les troupes du maintien de la paix et les organisations humanitaires. Elle essaye donc d’assurer une bonne coopération entre ces dernières. Les militaires et le personnel humanitaire ont rarement travaillé ensemble comme ils le font pour les sites de protection du Soudan du Sud ; cette coopération nécessite une bonne coordination.

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Selon Derek Segaar, « les chefs des déplacés nous informent des besoins et des frustrations des réfugiés. Une bonne communication entre eux, les organisations humanitaires, les ONG, la police et les militaires impliqués est par conséquent essentielle ». S’il y a un problème, M. Segaar intervient et joue le rôle de médiateur. Lorsque de nouveaux sites sont construits, les avis concernant l’organisation (notamment en matière de gestion, de l’installation des pompes à eau et des sanitaires) peuvent diverger. De plus, il y a beaucoup de discussions sur les dépenses générales, et comme il n’y a pas de budget, les différentes parties doivent se mettre d’accord.

De la même manière, quand de nouveaux sites sont construits, Derk Segaar doit négocier avec le gouvernement la parcelle de terre qui peut être utilisée. Ensuite, il garantit le bon suivi de la construction, afin d’être sûr que les déplacés soient logés le mieux possible. Pour ce faire, il s’assure, entre autre, qu’il y ait assez d’espace pour tout le monde, qu’il y ait assez de pompes à eaux et qu’elles soient bien réparties sur tout le site. Finalement, il est en contact permanent avec les Casques bleus pour garantir la protection de la zone.

Personne ne s’attendait à ce qu’il y ait autant de déplacés internes, c’est pourquoi au début, ils manquaient d’espace dans les petites bases des Nations Unies. Le conflit fait rage, mais la « crise est stabilisée » : tout le monde sait ce qui doit être fait et tout ce dont nous avons besoin est sur place. « C’est devenu la routine », explique M. Segaar. « Quand le conflit a éclaté, ce n’était pas le cas. Rien n’était préparé ; il n’y avait pas d’eau ni de nourriture, pas d’installations sanitaires ou médicales. On a dû partir de zéro ».

En faisant ce type de travail, on peut directement se rendre compte de l’impact qu’on a sur les autres : « on aide les gens qui, sans nous, seraient perdus ou mort, en leur apportant le nécessaire. De plus, on peut les voir progresser : un jour ils arrivent blessés, après quelque temps ils se remettent, ils retournent à l’école… On les aide à améliorer leur vie ». Son travail lui procure beaucoup de joie. Cependant, il souligne « qu’il faut aimer ce travail, et même ses difficultés, ses défis et ses frustrations quotidiennes ».

« La plus dur c’est de gérer le stress et de travailler dans un environnement où tout est une priorité et où beaucoup de situations peuvent mal tourner. Vous devez tout le temps prendre des décisions. Par exemple, on se demande s’il est mieux de créer de nouveaux sites de protections ou tout simplement d’améliorer l’ensemble de la sécurité dans certaines régions en envoyant plus de patrouilles ou en organisant des conférences de paix pour améliorer le dialogue au sein même des communautés locales. De cette façon, on peut les pousser à signer une trêve, ou à ne plus prendre les civiles pour cibles. »

M. Segaar conclut « on veut toujours faire plus que ce qu’on peut, et c’est ça le plus grand défi de ce travail ». 

 Les sites de protections sont différents des camps de réfugiés : les sites de protection accueillent les déplacés internes en temps de conflits et nécessitent une présence militaire pour les protéger contre les agressions extérieures. Tandis que les camps de réfugiés, établis dans des zones sécurisées et sans violence, accueillent les réfugiés (des personnes qui ont fui la guerre et quitté le pays).

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