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Drogue : « une approche purement répressive n’est pas suffisante »

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4 mars 2015 – Il faut une approche « équilibrée » dans la lutte contre la drogue, indique le rapport annuel de l’Organisation internationale de contrôle des stupéfiants (OICS), rendu public hier. Raymond Yans, membre du conseil exécutif et ancien président de cette organisation, a répondu à nos questions sur cette approche ainsi que sur d’autres aspects de la consommation et du trafic de stupéfiants.

 

Arrêter de se focaliser sur la répression, insister sur la prévention

« Trop de pays considèrent que la lutte contre la drogue se limite à des aspects policiers, le trafic de drogue doit faire partie des priorités de la communauté internationale mais une approche purement répressive n’est pas suffisante. C’est ce que disent les conventions internationales et c’est un point qui est souvent mal compris», a affirmé M. Yans. « La réduction de la demande et la prévention sont des points essentiels des trois conventions internationales de contrôle international des drogues ».

« Nous avons par exemple dans la première convention, celle de 1961, un article qui demande à tous les pays qui ont ratifié les conventions (192 au total), de prendre toutes les mesures possibles pour prévenir l’usage de drogue et des substances psychotropes, d’assurer le dépistage, le traitement, l’éducation, la post cure, la réadaptation, et la réintégration sociale des usagers. Tout cette politique de prévention et de traitement n’est pas forcément considérée comme une priorité absolue, mais pour nous elle l’est tout autant que la lutte contre le trafic. »

« Parallèlement, le traité demande aux Etats d’adopter des mesures appropriées pour supprimer ou réduire la demande illicite de stupéfiants en vue de réduire les souffrances humaines. »

 

La répression, le cas américain

Alors que plusieurs Etats américains ont récemment légalisé la vente et la consommation de cannabis, Raymond Yans estime que cette politique « augmente la demande ». Alors, dit-il que parallèlement, de nombreux Etats ont une « attitude exagérée en matière de pénalisation des usagers». « Dans une majorité des Etats américains, le fait d’être pris en train de consommer une drogue est suffisant pour vous envoyer en prison. Alors ce que nous voulons rappeler c’est que les conventions demandent aux Etats de prendre des mesures qui soient autres que la condamnation. Il est important de considérer l’usager de drogue comme une personne humaine qu’il convient de traiter, de soigner, d’approcher pour essayer de comprendre les causes de son usage ».

 

Un accès plus juste et mieux encadré des stupéfiants à des fins médicales

Plus de 5 milliards de personnes n’ont toujours qu’un accès limité aux médicaments contenant notamment de la morphine ou de la codéine. « Cela signifie que trois quarts de la population mondiale ne peut pas bénéficier d’une prise en charge de la douleur qui soit digne de ce nom », précise M. Yans. 

Un accès mieux réparti et plus juste aux médicaments contenant des substances contrôlées est l’un des principes fondamentaux de l’OICS.

Dans d’autres pays en revanche, il y a sur-prescription de substances psychotropes. « Les Etats Unis sont les plus gros consommateurs de cocaïne, et pourtant, la mortalité en raison de médicaments est supérieure à la mortalité causée par la cocaïne », ajoute M. Yans. Cette sur-prescription est une réalité qui touche aussi l’Europe, et qui concerne certains médicaments utilisés dans le traitement des troubles du comportement et de l’hyperactivité.

 

La nécessité d’une collaboration à l’échelle internationale

« Ce qui inquiète la communauté internationale, ce sont les nouvelles substances psychoactives. La consommation est en croissance chez les plus jeunes », précise M. Raymond Yans. Une collaboration à l’échelle internationale est nécessaire. « On parle de plus de 400 nouvelles substances qui pour beaucoup sont inconnues », ajoute-t-il. L’OICS a mis en place une « structure de coordination qui permet de partager les informations en provenance 122 pays. Sur cette base nous allons discuter avec les Etats présents à la prochaine Commission des stupéfiants la semaine prochaine à Vienne, pour tenter de mettre au point une approche internationale équilibrée vis-à-vis de ces nouveaux défis ».

 

En savoir plus sur le rapport de l'OICS (anglais)

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