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Une employée de l’humanitaire sur deux victime de comportements abusifs

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24 novembre 2016 - Remarques sexistes, attouchements, violences : les femmes qui travaillent dans le secteur humanitaire sont aussi victimes de comportements abusifs. Peu, cependant, rapportent les faits dont elles ont été victimes.

Une enquête menée par « Humanitarian Women’s Network » (HWN) et à laquelle 1005 femmes de 70 organisations différentes (ONG 60%, ONU 30% et 10% autres types d’organisation) ont participé, montre que plus de la moitié d’entre elles, (55 %) ont été la cible d’avances sexuelles de la part de collègues masculins. De plus, 48 % des participantes ont témoigné « d’attouchements non-désirés » et 4 % déclarent avoir été forcées à avoir des rapports sexuels.

Malgré ces chiffres, Rosalia Gitau, co-fondatrice d’HWN, interrogée par UNRIC, n’est que partiellement surprise par les résultats de l’enquête. « Je ne m’attendais pas aux résultats reçus concernant les abus sexuels. 4 % des participantes parlent de viol, ce qui correspond à 40 personnes. C’est énorme », déclare-t-elle.

Parmi les victimes, 6 sur 10 ne rapportent pas les abus ou violences dont elles ont été la cible.

« Il y a quatre ans j’ai été victime d’une agression sexuelle, commise par un collègue. Je n’en ai pas parlé à l’époque. J’avais honte et j’avais peur de mettre ma carrière en danger. Je savais que porter plainte allait entrainer de nombreuses questions et une longue enquête. Je ne me sentais pas la force de vivre tout ça », a raconté une victime, qui travaillait e Afrique et a accepté de se confier à UNRIC sous condition d’anonymat.

Pour celles qui rapportent les faits, en général il ne se passe rien (47% des cas), pour 22% d’entre elles, une enquête a été ouverte et 19% des agresseurs ont été sanctionnés.

Près de 70 % des femmes participantes ont déclaré avoir reçu des commentaires sur leur physique et la moitié des femmes interrogées dénonce des remarques sur l’intelligence des femmes. « Cela fait partie des défis que les femmes doivent relever dans le monde de l’humanitaire aussi, commente Rosalia Gitau.

La frustration ressentie à l’égard de cette situation a été l’élément déclencheur de la création de ce réseau de femmes travaillant dans l’humanitaire en décembre 2015.

Lors d’un diner avec des collègues en Guinée, Rosalia Gitau et trois autres femmes travaillant dans le secteur humanitaire ont décidé d’agir. « J’étais tout simplement fatiguée de discuter de notre mécontentement », se souvient-elle. Après ce premier entretien informel, elles ont décidé de lancer ce réseau et d’organiser ce sondage et de rassembler les premières données sur le sujet.

Le réseau a transmis ses conclusions au Comité permanent inter-organisations (CPI), forum central pour la coordination de l’assistance humanitaires entre les différentes agences. Elles demandent notamment la reconnaissance du problème et la mise en place d’un outil de contrôle efficace. « Je suis optimiste car beaucoup d’hommes et de femmes se sentent concernés », conclut Rosalia Gitau.

Si vous désirez plus d’informations sur le « Humanitarian Women’s Network » et cette enquête, veuillez cliquer ici (en anglais).

Pour plus d’informations sur la Journée internationale pour l’Élimination de la violence à l’égard des femmes, cliquez ici.

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