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« J’ai toujours su que je travaillerais dans l’humanitaire »

“ Adem Shaqiri (au centre, chemise à carreaux bleue) négocie avec les propriétaires fonciers et autorités pour assurer un accès immédiat afin de fournir une aide aux 300 familles déplacées dans des camps sauvages à Khamir au Yémen. Février 2017. ©HCR “

19 août 2017 –  Près de 11 000 personnes travaillent pour le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR), dont 87% sur le terrain. A l'occasion de la Journée mondiale de l'aide humanitaire, découvrez le portrait de Adem Shaqiri, fonctionnaire hors siège qui travaille au Yémen.

Nom : Adem Shaqiri, 41 ans, originaire de l’ex-république yougoslave de Macédoine.

Intitulé du poste : Fonctionnaire hors siège au Yémen, en charge de fournir protection et aide aux personnes déplacées dans six gouvernorats.

Expérience au HCR : 10 années, a travaillé au Darfour-ouest/Soudan, en Libye, au Liban, en Jordanie, et au Siège à Genève, en Suisse.

Pourquoi êtes-vous devenu travailleur humanitaire ?

Je viens de l’ex-république yougoslave de Macédoine. Lors du conflit au Kosovo, j’ai été témoin de ce que c’est d’être un déplacé ou un réfugié. Pendant des semaines, j’ai vu des bus arriver dans mon village, les uns après les autres. Ils amenaient femmes, enfants et personnes âgées qui n’avaient pour bagages rien d’autre que quelques sacs avec leurs vêtements à l’intérieur. C’est tout ce qu’ils avaient pu emporter avec eux avant de quitter le Kosovo. Beaucoup d’habitants du village, dont mes amis et moi, avions l’habitude de distribuer à boire et à manger aux personnes qui descendaient des bus. L’idée de devenir travailleur humanitaire est née à ce moment-là, lorsque nous offrions quelque chose aux personnes qui en avaient besoin. Leur visage souriant était notre plus grande satisfaction. Depuis ce jour j’ai toujours su que je travaillerais dans l’humanitaire.

Quel est l’aspect le plus gratifiant/difficile de votre travail ?

Il y a trois mois, je me suis rendu à Mocha. Nous venions en aide aux personnes déplacées qui vivaient sous des arbres sous une chaleur atroce. Il faut voir les visages de ces personnes lorsqu’elles reçoivent de l’aide, même s’il ne s’agit que d’un matelas ou de draps, car elles n’ont absolument rien. Ce qui est difficile dans notre travail c’est que le nombre de personnes dans le besoin est bien trop important. Il y a plus de deux millions de personnes déplacées et nous ne pouvons malheureusement pas toutes les aider. Lorsque deux familles sont dans le besoin, nous devons choisir celle qui est la plus démunie.

Quelle a été votre meilleure journée de travail ?

En 2012, je me trouvais à Tobrouk en Lybie. J’avais pour mission de gérer les problèmes d’accès lorsque des réfugiés venant de Syrie arrivaient à la frontière. Un jour, des agents m’ont indiqué qu’il y avait 16 enfants non-accompagnés âgés de 12 à 16 ans parmi ces réfugiés. Lorsque vous voyez des enfants en difficulté, vous pensez forcément à vos propres enfants. Je suis très sensible à cela. Nous sommes parvenus à acheminer ces enfants à Tripoli en quelques jours, et nous les avons ensuite ramenés à leurs familles. C’était l’un des plus beaux jours que j’ai pu vivre à travers mon travail au HCR. Lorsque ces enfants ont retrouvé leurs familles respectives, ils étaient si heureux.

Quelle a été votre journée de travail la plus difficile ?

Ma journée la plus difficile s’est déroulée dans un de mes lieux d’affectation passés. Les agents de la sécurité nationale avaient arrêté un jeune déplacé de 15 ans qui avait volé un mouton pour nourrir sa famille. Ils l’ont tellement battu, trois ou quatre jours durant, qu’il souffrait d’une hémorragie interne. Lorsque j’ai appris cela, il était à l’hôpital local. Accompagné de responsables locaux, je me suis immédiatement rendu dans cet hôpital pour essayer de le transférer dans un hôpital de la capitale afin qu’il puisse bénéficier d’un traitement approprié. Mais l’agent de sécurité a menacé les médecins et leur a ordonné de ne pas libérer le jeune garçon, même si le HCR avait payé pour son transfert. Pendant deux jours, j’ai fait tout ce que j’ai pu pour sortir ce garçon de cet hôpital mais à la fin, il est décédé des suites de son hémorragie interne. S’il avait quitté cet hôpital, il aurait eu la vie sauve. Je n’oublierai jamais cet enfant. Lorsque je parle de lui, je pleure. Mais ce sont ce genre de situations qui vous poussent et vous rendent plus déterminé que jamais à bien faire votre travail.

Le Haut-Commissariat des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) est présent dans 130 pays à travers le monde et vient en aide aux hommes, femmes et enfants obligés de quitter leurs foyers pour cause de guerres et persécutions. Le Siège du HCR est à Genève, mais la plupart du personnel est basé sur le terrain, afin de venir en aide aux réfugiés. Ce portrait est le premier d’une série mettant en lumière les équipes du HCR et leur travail.

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