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Le problème européen des mutilations génitales féminines

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6 février 2018 - Le 6 février marque la journée internationale de tolérance zéro face aux mutilations génitales féminines. Selon l'Organisation mondiale de la Santé[1], cette forme de violence touche plus de 200 millions de filles, principalement âgées entre 4 et 12 ans. Les mutilations génitales féminines sont pratiquées dans 28 pays africains, ainsi que dans certaines régions d'Asie et du Moyen-Orient. Cependant, contrairement à la pensée générale, de nombreuses femmes et filles de pays européens ne sont pas à l’abri de cette forme de violence sexuelle et comptent parmi les victimes.

Cette pratique est internationalement reconnue comme étant une violation des droits de l'homme et entraîne de lourdes conséquences pour les filles et les femmes sur leur santé sexuelle et reproductive ainsi que sur leur bien-être psychologique. Les raisons sous-jacentes à l’utilisation des mutilations génitales féminines sont souvent les traditions et les attentes en matière de genre.

Les mutilations génitales féminines en Europe ?

Même si la plupart des pays européens, comme la Belgique, la France et le Royaume-Uni, ont des lois interdisant les mutilations génitales féminines, cela ne garantit pas que les filles et les femmes en soient protégées. Selon des estimations du Parlement européen, 180 000 femmes migrantes européennes risquent d'être victimes des mutilations génitales féminines chaque année. Au sein de nombreux groupes d’immigrés issus de pays où l’on pratique ces mutilations, le phénomène persiste même après la migration. Les jeunes filles sont particulièrement à risque lorsqu'elles retournent temporairement dans leur pays d'origine pendant les vacances.

Les estimations du HCR montrent également que, chaque année, 20 000 femmes et filles issues de pays où les mutilations génitales féminines sont pratiquées, postulent pour une demande d'asile dans les États membres de l’Union européenne, à cause du danger de ces pratiques dans leurs pays d’origine.

Des témoignages ont indiqué qu'il est souvent difficile pour les victimes de signaler ce problème. Dans le rapport du HCR, par exemple, le témoignage d'une femme victime d’une mutilation génitale féminine ayant demandé l'asile en Belgique montre la façon dont un assistant social avait manqué de compréhension et d’empathie. Cela en devient donc d’autant plus difficile pour les victimes de parler de leurs expériences et de demander l'aide dont elles ont besoin.

Une réponse internationale ?

Au niveau international, le problème reçoit une attention accrue. En 2012, par exemple, l'Assemblée générale des Nations Unies a adopté une résolution révolutionnaire condamnant cette pratique et la reconnaissant comme étant nuisible aux filles du monde entier. Le texte appelle également les États à condamner les mutilations génitales féminines et à protéger les femmes contre toutes formes de violence. Des résolutions supplémentaires ont également été adoptées en 2014 et 2016.

Les Objectifs de Développement Durable (ODD) accordent également une attention particulière à l'éradication des mutilations génitales féminines, ce phénomène étant inextricablement lié à l'inégalité des genres et à d'autres formes de violence envers les femmes. La quête vers un monde plus égalitaire entre les sexes a été mise à l'ordre du jour mondial grâce à l'objectif 5 sur l’égalité des sexes du développement durable. L'éradication des mutilations génitales féminines est l'un des sous-objectifs et souligne son importance primordiale pour atteindre l'objectif 5.

De plus, « l’Initiative Spotlight », qui est un programme commun entre l’UE et l’ONU, souligne également la nécessité d'une société plus égalitaire entre les sexes, et de la lutte contre la violence envers les femmes, y compris l'interdiction des mutilations génitales féminines.

Vers un futur sans mutilations génitales féminines?

L'attention mondiale envers le phénomène mène lentement à une tendance à la baisse. Selon des chiffres récents, le nombre de cas de mutilations génitales féminines a diminué de 24% depuis 2000. Ce déclin, cependant, n'est pas équitablement perceptible. De plus, selon le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF), les progrès actuels sont insuffisants face à une croissance démographique rapide.

Les acteurs internationaux soulignent de plus en plus la nécessité d’être vigilants en matière de prévention des mutilations génitales féminines dans le contexte européen. Le 6 février est donc le moment idéal pour réfléchir à leur impact sur les filles et les femmes du monde entier. Tant que cette horrible pratique persistera, la réalisation d'autres ODD, tels que l'accès aux soins de santé et au bien-être pour tous, restera donc une simple illusion.

 

[1] L’OMS définit les mutilations génitales féminines comme des « procédures qui altèrent intentionnellement ou causent des blessures aux organes génitaux féminins pour des raisons non médicales ».

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