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Les visages de l’ONU : Florence Raes

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10 avril 2018 - Florence Raes a grandi à Bruxelles et a fait ses études en Sciences politiques et relations internationales à l'Université Libre de Bruxelles (ULB), ainsi qu’en Etudes latino-américaines à l'Université de Londres. Après l’obtention de son diplôme, elle est devenue chercheuse et enseignante à  l’ULB, après quoi elle a commencé à travailler pour l'ONU au Brésil en 2001. Elle s’est ensuite brièvement redirigée vers la recherche à l'Université de Sao Paulo. Aujourd'hui, elle est Représentante à l'ONU Femmes au Paraguay.

Quel est votre parcours académique et comment estimez-vous son impact sur votre carrière ?

J'ai étudié les Sciences politiques et relations internationales à l'Université Libre de Bruxelles. J'ai d’abord fait un Master en Etudes latino-américaines à l'Université de Londres et un deuxième également dans le domaine des Sciences politiques et relations internationales à l'ULB. À ce moment-là, je m'intéressais déjà principalement aux questions liées au développement. C’est essentiellement sur ces questions que j’ai continué de travailler au court de mes différents emplois.  Je dirais que, dans son ensemble, mon diplôme offre une bonne base pour travailler dans les domaines de la diplomatie et du développement, mais ce sont principalement mes cours optionnels et les sujets sur lesquels j’ai choisi de me focaliser qui me donnent une meilleure substance pour mon travail aujourd’hui. J'ai fait beaucoup de recherches sur le développement rural, les mouvements sociaux, la citoyenneté, les droits des femmes et l'égalité des sexes. De toute évidence, une connaissance sur ces différents sujets est une bonne base pour entamer une carrière à l’ONU et au sein de pays en voie de développement.

Quel a été votre premier emploi, suite à l’obtention de votre diplôme ainsi qu’au sein des Nations Unies ?

Mon premier emploi a été à l'ULB, à l’Institut de sociologie, en tant que chercheuse et enseignante. A l’époque, mon travail se concentrait déjà sur l'Amérique latine car c'était un moment où les régimes latino-américains étaient en transition et/ou consolidaient leurs démocraties. Par conséquent, ces pays se trouvaient face à beaucoup de problèmes politiques, sociaux et économiques.

Mon premier emploi à l’ONU a été au Brésil en 2001. J'y ai travaillé pour l’agence précédant ONU Femmes, appelée le Fonds de développement des Nations Unies pour la femme (UNIFEM) à l’époque. Après quoi, j'ai quitté l'ONU pour un certain temps et je me suis redirigée vers la recherche à l'université, cette fois à Sao Paulo. Ensuite, je suis retournée à l'ONU, et je pense personnellement que ce genre d’aller-retour entre la recherche et l'ONU a été intéressant, gratifiant et bénéfique, non seulement pour moi, mais aussi pour le travail que je fais. Parfois, il est bon de prendre du recul et de réfléchir, de systématiser et de digérer le volume d’information que l'on reçoit en travaillant pour l'ONU sur le terrain. Le retour vers la recherche a été un outil utile pour mettre les choses en perspective.

Quelles sont les implications de votre poste actuel et quels en sont les aspects les plus difficiles ainsi que les plus gratifiants ?

En ce moment, je suis la Représentante de l'ONU Femmes au Paraguay, qui est une position impliquant des tâches politiques et diplomatiques : il y a beaucoup d’interactions avec le gouvernement national, mais aussi avec d'autres acteurs gouvernementaux, le Congrès, la Cour suprême, les autorités locales et la société civile. Cela peut s'avérer difficile dans des contextes où le dialogue démocratique entre la société civile et les autorités n'est pas toujours optimal. Mais en même temps, c'est aussi l'une des valeurs ajoutées et des rôles de l'ONU, et de l'ONU Femmes en particulier. L’un des aspects les plus important de cette position, selon moi, est qu’elle permet de devenir un médiateur ou un facilitateur pour apporter les demandes de la société civile aux autorités d'une manière plus subtile, diplomatique ou positive. Etre un cadre supérieur à l'ONU implique aussi beaucoup de travail de programmation : il faut définir les priorités, gérer les équipes, mobiliser des ressources et établir des partenariats avec d'autres agences de l'ONU ou acteurs du développement et du secteur privé.

Ce que je préfère dans mon travail c’est sa diversité. Je pense que l'une des parties les plus gratifiantes de mon travail est que j’assiste à la proposition, au vote et à la mise en œuvre de nouveaux cadres juridiques ou de nouvelles politiques publiques. Et que je peux aider le gouvernement et d'autres acteurs à renforcer leurs capacités de faire participer tout le monde aux programmes sociaux, aux programmes de réduction de la pauvreté ou à d'autres mesures positives. Cependant, cela reste un défi pour l'ONU, nous devons réfléchir sur notre rôle et à la manière dont nous nous profilons nous-mêmes. Dans certains pays africains, on a encore tendance à nous considérer davantage comme un fournisseur direct de services et de biens, plutôt que comme un partenaire dans l'examen des modèles de développement. En Amérique latine, l'égalité des sexes est une question politique très sensible et notre travail est parfois perçu par le gouvernement comme une intervention étrangère dans un programme national.

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Quelle expérience, pays ou fonction au sein des Nations Unies as été le plus mémorable pour vous ?

Je pense que mon expérience au Mozambique a été la plus mémorable. J'y ai travaillé pendant cinq ans et cette expérience a été particulièrement enrichissante parce qu'elle a été très stimulante. Il y avait un taux d'infection par le VIH de 40/45% chez les femmes dans la capitale et dans le sud du pays. J'ai donc vu des partenaires et des collègues mourir du VIH au cours de cette période. C'était une réalité plus dure et très différente de celle en Amérique latine.  Dans de nombreux pays africains, vous avez des niveaux de pauvreté plus élevés et/ou des situations d’après conflit ; c’est là que vous voyez l’impact sur les femmes en tant que bénéficiaires directes de nos programmes, ce qui est moins perceptible au Paraguay par exemple. Parce qu'il y a une structure gouvernementale plus solide au Paraguay, vous avez tendance à travailler par l'intermédiaire du gouvernement.

Au Mozambique, nous avons beaucoup travaillé pour changer les mentalités et briser les stéréotypes sur l'égalité des sexes. Et j'ai été très étonnée que les gens, vivant dans l'une des régions les plus reculées d'Afrique et ne parlant que leurs langues locales, soient très réceptifs à des concepts dont ils n'avaient jamais entendu parler. Je pense qu'il est vraiment important pour l'ONU, et pour les gens du monde entier, de s'engager et d'être capable d'engager avec ces jeunes dans d'autres communautés et d’instaurer un dialogue vers la tolérance et la compréhension mutuelle plutôt que vers la haine ou les différences.

Qu’est-ce qui, à votre avis, est sur ou sous-estimé à propos du travail pour les Nations Unies et quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent entamer une carrière au sein de l’ONU ?

Je pense que les gens ont tendance à ne pas voir le coût sur la vie privée. Évidemment, c’est un choix que l’on fait soi-même, mais pour beaucoup de gens cela signifie abandonner l'idée d'avoir une famille, ou pour les femmes, abandonner l’idée d’avoir des enfants. Le Secrétaire général examine toutes ces politiques, mais quand on regarde le personnel de l'ONU, on constate que les femmes ont moins d'enfants que dans d'autres carrières. J'ai des enfants donc cela ne me concerne pas directement, mais j’ai beaucoup de collègues et d'amis qui ont été face à ce problème à un moment donné dans leur carrière, soit parce qu'ils vivent dans un contexte difficile, soit parce qu'ils se déplacent beaucoup. Travailler pour l’ONU peut sembler sexy et attrayant, mais il y a sans aucun doute des aspects négatifs et des compromis à faire. En même temps, le fait de rencontrer des gens différents, d'apprendre à connaître des cultures différentes et de donner cette chance à ses enfants est, selon moi, tout de même plus attrayant que la stabilité de rester à la maison.

Mon conseil aux jeunes serait de se lancer. Bien que le marché du travail dans son ensemble ne soit pas si facile, l'ONU est un endroit où vous pouvez facilement vous porter volontaire et où il existe différents types de contrats flexibles pour commencer sa carrière. Nous avons et aurons toujours besoin de gens à l'ONU. Les pays dans lesquels j'ai travaillé engageaient beaucoup de volontaires nationaux et de stagiaires nationaux. Ainsi, vous ne faites pas que mettre en œuvre votre programme, mais vous renforcez également les capacités des jeunes du pays. C'est un premier pas, mais cela vous donne une idée de ce qu'est l'ONU et de son fonctionnement. C'est une opportunité très intéressante. Je vous dirais donc de foncer, d'envoyer votre cv, de postuler, de ne pas penser à l'ONU comme une énorme machine avec d'énormes départements de ressources humaines où vous ne pouvez pas entrer à moins d'avoir gravi les échelons. Il y a certainement beaucoup de souplesse en ce qui concerne les contrats et en ce qui concerne les endroits où vous pouvez postuler. Au final, nous tenons à embaucher des personnes jeunes, intéressées et engagées.

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