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Travail des enfants dans l’agriculture : l’interdiction ne suffit pas

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17 juin 2019 - « L’emploi abusif d’enfants dans des emplois ruraux est inacceptable » affirme Rodrigo de Lapuerta, directeur du bureau de Liaison à Bruxelles de la FAO (Organisation des Nations Unies pour l’agriculture et l’alimentation).

À l’occasion de la journée mondiale contre le travail des enfants le 12 juin, la FAO, l’OIT (Organisation Internationale du Travail) et la Direction Générale de l’Union européenne pour la coopération internationale et le développement (DEVCO) se sont réunies lors d’une conférence et ont appelé à former un front uni dans la lutte contre le travail des enfants.

L’Objectif de Développement Durable 8, cible 7, définit 2025 comme la date à laquelle toute forme de travail des enfants doit avoir été éliminée. Toutefois, la tendance semble indiquer que cette pratique persistera après cette échéance.

Si le travail des enfants a connu un recul de 19 millions d’enfants entre 2012 et 2016, sa manifestation dans l’agriculture a crû sur cette même période et correspond désormais à 71% de l’ensemble du travail des enfants. Ces chiffres augmentent sous l’effet des conflits, des catastrophes naturelles et des migrations forcées.

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Le travail des enfants, une situation sans issue

Prudence Ayerbare, gestionnaire de programme pour la Fédération nationale des fermiers d’Ouganda (UNFFE), admet que « la plupart du temps, le travail des enfants est une situation sans issue » : si vous travaillez, vous risquez votre vie ; si vous ne travaillez pas, la faim menace.

La pauvreté en zone rurale ne laisse souvent aux parents pas d’autre choix que de faire travailler leurs enfants aux champs avec eux, selon Kirill Buketov, représentant de l’Union internationale des travailleurs de l’alimentation (UITA).

Quand « la distance moyenne entre l’école la plus proche et l’exploitation de cacao est de 2,5 km », et quand « il n’y a pas d’offre scolaire et que la nourriture vient à manquer », travailler dans les champs ne relève plus du choix mais devient inévitable, remarque Maria Suman-Negot, de l’Association européenne pour le cacao.

Bien que « la grande majorité des pays dispose de bonnes législations en la matière », il y a un besoin urgent d’aider les inspecteurs du travail à atteindre les zones les plus reculées où le travail des enfants persiste, explique Badra Alawa, gestionnaire de projet pour l’OIT.

En 2016, les Estimations mondiales du travail des enfants réalisées par l’OIT indiquaient que le travail des enfants touchait un cinquième des enfants en Afrique. La proportion est plus de deux fois supérieure à celle de toute autre région du monde. De plus, 85% des 72 millions d’enfants concernés par ce phénomène en Afrique œuvrent dans le secteur agricole.

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Le développement durable en pratique

La prise de conscience croissante du travail des enfants n’est que la première étape pour mettre fin à cette violation des droits des enfants. La combinaison de divers facteurs comme la pauvreté, l’insécurité, le manque de nourriture et d’éducation requiert des actions multisectorielles et l’implication de tous.

Andrew Addoquaye Tagoe, syndicaliste ghanéen et militant contre le travail des enfants, a insisté sur l’autonomisation des communautés et l’utilisation des structures rurales pour mieux mettre en pratique les projets de développement contre le travail des enfants.

« Les tendances ne sont guère  positives en dépit des efforts que nous y mettons », confesse Wim Oltohf, directeur adjoint de l’unité pour le développement rural, la sécurité alimentaire et la nutrition à la DG DEVCO. Il explique que la lutte contre le travail des enfants ne peut être menée sans s’attaquer également à la pauvreté et la faim dans le monde, en accord avec les ODD 1 et ODD 2.

Il y a un besoin pressant de « mettre en place des conditions de travail décentes pour les adultes » et de s’assurer de « la santé, la sécurité et la productivité au travail » dans le cadre des programmes alternatifs au travail des enfants, affirme Badra Alawa, gestionnaire de projet à l’OIT.

Penser global, agir local

« Il est temps de ne plus uniquement concentrer nos efforts sur certaines chaînes d’approvisionnement globales et de commencer à investir des ressources pour s’attaquer au travail des enfants dans son ensemble », a affirmé Rodrigo de Lapuerta. « Il est également essentiel d’impliquer les travailleurs agricoles et les associations de producteurs pour changer les choses. »

Pour Ariane Genthon, directrice du programme pour le travail des enfants dans l’agriculture à la FAO, « les conflits, le changement climatique, le déplacement des populations » sont autant de facteurs qui aggravent une situation déjà préoccupante dans le secteur agricole.

Sarah Legente, directrice de l’unité des relations avec les producteurs à Fairtrade France, suggère que le personnel politique, de même que le secteur privé et les consommateurs devraient être tenus responsables. Elle avance qu’une nouvelle législation européenne sur le sujet est nécessaire pour partager la responsabilité entre les acteurs intéressés.

Kirill Buketov considère de même que les législateurs devraient considérer la question de l’accès au marché européen comme un puissant levier pour amener les pays en développement et les entreprises à négocier et repenser leurs législations sur le travail des enfants.

« Un enfant au travail, c’est déjà un de trop » affirme le commissaire européen à la coopération internationale et au développement Neven Mimica. Chaque enfant devrait avoir la possibilité de poursuivre ses rêves. Tous les acteurs impliqués doivent désormais proposer des moyens de subsistance alternatifs aux communautés affectées.

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