Nos océans sont en danger, et de ce fait, nous le sommes aussi. Pollués, surexploités, réchauffés au-delà de la normale, ils souffrent des activités humaines et ne pourront plus bientôt jouer leur rôle de régulateurs du climat et de sources alimentaires.
Protéger les océans nécessite une action coordonnée entre les États, c’est pour cela que l’ONU organise des Conférences sur l’Océan (UNOC) et la prochaine aura lieu en France, à Nice, du 9 au 13 juin 2025.
Cette troisième conférence sur le sujet est co-organisée par la France et le Costa Rica. Elle entre dans le cadre de la Décennie des Nations Unies pour l’océanographie au service du développement durable (2021-2030).
Elle rassemblera États, scientifiques, ONG, entreprises et citoyens. L’objectif est d’agir concrètement pour protéger et utiliser durablement les ressources des océans, conformément au droit international et à l’Objectif de développement durable (ODD) 14. Pour le Président français Emmanuel Macron, UNOC doit être pour les océans une sorte d’équivalent du GIEC, le groupe d’experts sur le climat, et conseiller les chefs d’États pour une meilleure gestion, protection et régénération des océans.
« Protéger l’océan, c’est protéger un gigantesque puits de carbone et des réserves inestimables de biodiversité », a estimé le président français. Pour lui , « Nice sera un moment fondateur pour la gouvernance de l’océan ».
Ce que nous offrent les océans
L’océan couvre plus de 70 % de la surface de la planète. C’est un régulateur environnemental majeur et un vaste réservoir de carbone. Il abrite une biodiversité inestimable, offre d’abondantes ressources et facilite les échanges économiques, connectant les nations et les communautés.
L’océan génère 50 % de l’oxygène dont nous avons besoin, protégeant et facilitant les activités humaines. L’océan agit comme un puits de carbone. Il absorbe 30 % de toutes les émissions de CO2 et capte 90 % de la chaleur générée par ces émissions excédentaires.
Plus de 150 millions d’emplois dépendent d’océans bien gérés et bien protégés. Dans les pays les moins avancés, les produits de la mer constituent la principale source de protéines pour plus de 50 % de la population.
L’océan et sa biodiversité fournissent à notre communauté mondiale 15 % des protéines animales que nous consommons.
Ce dont souffrent les océans
L’océan est en crise profonde. L’eutrophisation (surabondance de matière organique), l’aggravation de l’acidification, la diminution des stocks de poissons, la hausse des températures et la pollution généralisée sont autant de défis auxquels l’océan est confronté. Tous ces facteurs contribuent à la destruction des habitats et au déclin de la biodiversité.
La santé des écosystèmes marins et des communautés côtières, qui sont vitaux pour plus de 3 milliards de personnes, est fortement menacée.
La pollution plastique reste un problème urgent, non seulement pour les écosystèmes marins, mais aussi pour la santé humaine.
- En avril 2024, les températures de surface de la mer avaient atteint des niveaux record pendant 13 mois consécutifs.
- La durabilité des ressources halieutiques mondiales est passée de 90 % en 1974 à 64,6 % en 2019, puis à 62,3 % en 2021, en raison de la surpêche, de la pollution, d’une mauvaise gestion et d’autres facteurs.
- Chaque année, on estime que 5 à 12 millions de tonnes de plastique pénètrent dans les océans, un chiffre qui devrait doubler ou tripler d’ici 2040.
- On estime que 60 % des écosystèmes marins de la planète ont été dégradés ou sont utilisés de manière non durable, et que plus de 50 % des espèces marines sont menacées d’extinction d’ici à 2100.
Les trois priorités de la conférence
- Œuvrer à l’aboutissement des processus multilatéraux liés à l’océan pour rehausser le niveau d’ambition pour la protection de l’océan.
- Mobiliser des financements pour conserver et exploiter de manière durable les océans, les mers et les ressources marines aux fins du développement durable (ODD14) et soutenir le développement d’une économie bleue durable.
- Renforcer et mieux diffuser les connaissances liées aux sciences de la mer pour une meilleure prise de décision politique.
Le Plan d’Action de Nice pour l’Océan, composé d’une déclaration politique et d’une liste d’engagements volontaires de la part des parties prenantes, sera adopté à l’issue des discussions internationales menées lors de la conférence. Projet de déclaration : Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente.
Comment participer ?
La conférence est divisée en deux zones, une zone dite « bleue » où se déroulent les discussions officielles et une zone « verte » ouverte au public.
La zone bleue est accessible aux personnes inscrites ou affiliées à une organisation accréditée pour participer à la Conférence des Nations Unies sur les océans. Vous trouverez les modalités d’inscription ainsi que la liste des organisations accréditées sur le site officiel de la conférence.
La zone verte est ouverte au public du 28 mai au 13 juin, sur le port de Nice et au Palais des expositions, dédiée à la sensibilisation pour la protection de l’océan et à la célébration de la culture maritime.
Programmation en parallèle des discussions internationales
- Le One Ocean Science Congress (4-6 juin 2025 à Nice) qui réunira des scientifiques pour identifier des solutions innovantes pour la santé des océans et soutenir la création de l’IPOS. Plus de 2000 scientifiques internationaux sont attendus.
- La Coalition Ocean Rise and Coastal Resilience (7 juin 2025 à Nice) axée sur l’adaptation des villes, régions côtières et États insulaires face aux changements océaniques et climatiques.
- Le Blue Economy and Finance Forum (7-8 juin 2025 à Monaco) qui mobilise acteurs étatiques, entreprises et financiers pour investir dans l’économie bleue et le transport maritime durable.
- La célébration du World Ocean Day (8 juin 2025 à Nice) en présence des principaux acteurs de la société civile océanique mondiale, avec une attention particulière portée aux Peuples de l’Océan.
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