La réforme du maintien de la paix discutée par l’Assemblée générale

22 juin 2010 – L’Assemblée générale de l’ONU marque le dixième anniversaire de la publication du rapport « Brahimi » en organisant, mardi, des débats sur l’avenir des opérations de maintien de la paix (OMP). Rédigée en 2000 après les déboires des opérations au Rwanda, en Somalie et en Bosnie, l’étude, menée par le diplomate Algérien, Lakhdar Brahimi, avait proposé de multiples recommandations pour améliorer l’efficacité des opérations de maintien de la paix.

« Le panel de haut niveau dirigé par M. Brahimi a été créé après une période de difficultés sans précédents pour les opérations de maintien de la paix de l’ONU », a rappelé mardi le Secrétaire général de l’ONU en introduction des débats organisés à l’Assemblée générale.

Grâce aux recommandations du panel, les opérations de maintien de la paix « ont été capables de grandir, de tirer les leçons des expériences passées » et de continuer à représenter « un espoir pour les populations coincées dans les conflits armés », a-t-il poursuivit.

« Cependant, nous avons besoin de continuer de renforcer les mécanismes des opérations de maintien de la paix », a ajouté Ban Ki-moon, précisant que le lancement en 2009 de l’initiative « Nouvel horizon » permettait de continuer le travail de réforme des OMP.

Ce document présente une analyse des défis présents et futurs du maintien de la paix et formule des propositions « pour un partenariat renouvelé ». « Les OMP sont confrontées à de nombreux défis : assurer le déploiement et le fonctionnement des missions les plus importantes et les plus coûteuses, définir des stratégies de transition viables pour les missions ayant rétabli un certain degré de stabilité, et faire face à des contextes plein d’incertitudes », indique notamment le rapport.

A l’heure où plus de 124.000 personnes, dont 100.000 militaires et policiers, provenant de 115 pays, sont déployés dans 16 opérations sur quatre continents de la planète, le rôle des Casques bleus a considérablement évolué.

Auparavant, leurs actions se cantonnaient à « maintenir la paix en surveillant les accords de cessez-le-feu et les frontières entre États souverains », note le rapport.

Aujourd’hui, ils assurent « la sécurité des populations civiles, encadrent les processus électoraux, rapatrient des refugiés et des déplacés, protègent des convois humanitaires ou participent à la promotion de la paix et à la réconciliation dans le monde ».

« Les moyens existants ne correspondent pas à l’ampleur et à la complexité des activités actuelles de maintien de la paix », conclut l’étude, qui prône un changement urgent des modalités opérationnelles. Parmi les reformes nécessaires le document liste le renforcement « du déploiement rapide », « la clarté de définition des rôles » et la mise en place de mécanisme renouvelé de « gestion des crises » pour mieux évaluer les risques sécuritaires.

« Les opérations de maintien de la paix vont continuer à avoir de grandes difficultés à définir des stratégies de sortie de crise et de gestion du consentement des Etats-hôtes », a souligné Ban Ki-moon, avant d’insister sur la nécessité de renforcer les processus de « médiation, de prévention et de consolidation de la paix ».

« Nous pouvons le faire, mais seulement avec l’engagement des Etats-Membres, qui ne doit pas être seulement une contribution financière ou en personnel, mais aussi exprimer un soutien politique fort et cohérent », a-t-il estimé.

« C’est seulement ensemble que nous pouvons garantir que les Casques bleus puissent continuer d’amener de l’espoir aux populations du monde entier », a conclu le chef de l’ONU.

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