L’ONU s’inquiète de l’augmentation alarmante des meurtres de journalistes

3 juin 2010 – Le nombre de journalistes tués l’année dernière dans le monde a augmenté de 26% par rapport à 2008 et la plupart des victimes travaillaient sur des affaires de corruption, de crime organisé ou de bavures policières. C’est la conclusion du rapport présenté ce jeudi au Conseil des Droits de l’homme, réuni à Genève, en Suisse, par le Rapporteur spécial de l’ONU pour la liberté d’opinion et d’expression, Frank La Rue.

L’année dernière, il y a eu 77 journalistes tués dans le monde. Les enlèvements et les disparitions de journaliste ont continué en 2009, obligeant 157 journalistes à quitter leur pays d’origine, précise le document, qui rend compte des activités du Rapporteur spécial depuis un an.

« Je suis également alarmé par des statistiques qui montrent que les auteurs de ces actes jouissent d’une totale impunité dans 94% des cas », a souligné Frank La Rue lors de la présentation du rapport, ajoutant que le nombre de cas dans lesquels la justice avait pris des mesures, même partielles, était « minimal ». « Seulement 2% des crimes perpétrés contre des journalistes ont fait l’objet d’enquêtes de police et de poursuites judiciaires contre leurs auteurs », a-t-il indiqué.

Frank La Rue à appelé en urgence les Etats -en particulier les Philippines, le Pakistan, l’Iraq, la Fédération de Russie et le Mexique qui font parti des pays dans lesquels le nombre de journalistes tués est le plus élevé- à prendre les mesures nécessaires pour garantir la protection et la défense de ceux qui travaillent pour des media.

« Je souhaiterai rappeler que conformément à la résolution 1739 du Conseil de sécurité de l’ONU et au droit international, les Etats ont l’obligation de mener des enquêtes exhaustives pour tous les cas d’attaques contre des journalistes et de poursuivre les responsables de ces attaques », a insisté Frank La Rue.

Evoquant ensuite sa récente visite de 12 jours en République de Corée, il a indiqué qu’il avait constaté dans ce pays que « le respect complet des droits de l’homme, en particulier la liberté d’opinion et d’expression, avait diminué depuis 2008 ». Pour Frank La Rue, cette situation est due « en premier lieu à une interprétation et une application plus restrictive des lois existantes ».

Estimant que le pays devait encore « montrer son engagement en faveur d’un vrai modèle de gouvernance démocratique incluant le respect complet des droits de l’homme », le Rapporteur spécial a souligné plusieurs domaines dans lesquels la liberté d’expression pourrait être menacée : restriction sur Internet, peine de prison en cas de diffamation, restriction de la liberté de réunion, restriction de la liberté d’opinion et d’expression des fonctionnaires, manque de diversité et de pluralisme dans les médias publics, manque d’indépendance de la Commission nationale des droits de l’homme.

Centre de nouvelles ONU