L’ONU déterminée à mettre les femmes au centre des processus de paix

26 octobre 2010 – A l’occasion du dixième anniversaire de la résolution 1325 du Conseil de sécurité, qui confère aux femmes un rôle décisif dans la consolidation de la paix, le Secrétaire général de l’ONU, Ban Ki-moon, et d’autres hauts-responsables de l’ONU ont plaidé en faveur de l’intensification de l’implication des femmes dans les processus de paix et l’arrêt des violences sexuelles dans les conflits.

« La résolution 1325 ne sera jamais pleinement mise en œuvre tant qu’il existera toujours des violences sexuelles perpétrées pendant les conflits. Nous devons traduire les responsables devant la justice, que ces crimes soient commis par des Etats ou des entités non-étatiques », a déclaré Ban Ki-moon dans un message vidéo alors qu’il se trouve actuellement en visite en Asie du Sud-est.

« J’appelle le Conseil à prendre les mesures nécessaires pour mettre un terme à l’impunité. Nous devons intensifier les efforts pour protéger les femmes et les filles de la brutalité. Nous reconnaissons le rôle important des femmes en matière de justice et de sécurité et nous soutenons leur participation. Eliminons ensemble les stéréotypes et garantissons aux femmes une participation significative à toutes les étapes des processus et de prises de décisions », a-t-il ajouté.

Le Conseil de sécurité de l’ONU a adopté quatre résolutions sur la question des femmes, de la paix et de la sécurité. La résolution 1899 (2009) est la plus récente. On en trouve les fondements dans la résolution 1325 (2000), qui préconise « la participation des femmes sur un pied d’égalité au maintien et à la promotion de la paix et de la sécurité et l’intégration d’une démarche sexo-spécifique dans la prévention des conflits, les négociations de paix, les opérations de maintien de la paix, l’aide humanitaire et la reconstruction après les conflits ». Les résolutions 1820 (2008) et 1888 (2009) portent essentiellement sur la prévention et la répression de la violence sexuelle en période de conflit.

Le Secrétaire général a réitéré son appel au Conseil de sécurité pour la pleine application de ces résolutions afin « de créer le changement ».

Le Secrétaire général adjoint aux opérations de maintien de la paix, Alain Le Roy, a pour sa part proposé une série de recommandations à mettre en œuvre afin d’appliquer pleinement ces résolutions, qui ont un impact décisif sur les opérations de maintien de la paix.

« Premièrement, il est important de disposer des financements nécessaires pour mettre en œuvre la résolution 1325, ce qui n’a pas toujours été le cas », a-t-il dit. « Deuxièmement, nous devons nous concentrer sur le renforcement des capacités des femmes à construire et soutenir la paix dans leurs propres pays », a-t-il expliqué en précisant qu’il fallait davantage travailler avec les femmes au niveau local et planifier ce type d’activités dans les différentes phases des opérations de maintien et de consolidation de la paix.

« Troisièmement, nous devons continuer à travailler avec les troupes et les polices des pays contributeurs afin de les aider à préparer leur personnel militaire et de police en termes de connaissances, de compétences, d’expertises et de profiles pour efficacement mettre en œuvre la résolution 1325 », a plaidé le Secrétaire général adjoint.

« Quatrièmement, pendant les premières phases de l’après-conflit lorsque les missions de maintien de la paix ont encore de larges ressources et une grande présence sur le terrain, nous devons continuer à fournir une réponse intégrée de leadership et de coordination », a souligné Alain Le Roy. « Cinquièmement, nous devons activement soutenir le renforcement de la transparence et du suivi des mécanismes de mise en œuvre de la résolution 1325. Les indicateurs récemment développés et standardisés sont des outils importants », a conclu le chef des opérations de maintien de la paix.

La Directrice exécutive de l’ONU Femmes, Michelle Bachelet, a également plaidé en faveur de l’application et l’utilisation de ces indicateurs afin de mieux évaluer, quantifier, mesurer et identifier les problèmes auxquels les femmes sont confrontées. A partir de ces données, l’objectif est d’en tirer des politiques et des mesures adéquates au niveau local, régional et global.

« Ce dont nous avons besoin aujourd’hui est d’un leadership déterminé. L’ONU Femmes va soutenir les efforts nouveaux et existants pour l’amélioration de la protection de l’environnement des femmes pendant et après les conflits, l’implication des femmes dans la prévention des conflits, et la garantie que les processus de consolidation de la paix sont guidés par les perspectives des femmes et répondent à leurs besoins », a plaidé Michelle Bachelet.

Le Président du Conseil économique et social de l’ONU, Hamidon Ali, a pour sa part rappelé aux Etats membres du Conseil de sécurité que « les violences faites aux femmes en situation de conflits et de post-conflits représentent une menace pour le développement et la sécurité ». Selon lui, « en maintenant un dialogue étroit entre les différents organes, nous pouvons renforcer l’impact de la voix de l’ONU dans nos secteurs de travail respectif ».

A l’issue de ces débats, le Conseil de sécurité a publié une déclaration afin réitérer son engagement en faveur de la mise en œuvre et l’application de la résolution 1325.

Le Conseil invite les « États Membres à accroître le nombre de femmes parmi les militaires et les fonctionnaires de police déployés dans le cadre des opérations de maintien de la paix des Nations Unies et à dispenser à tous les membres des forces armées et de la police la formation voulue pour qu’ils exercent leurs responsabilités ».

Les Etats Membres prient également le Secrétaire général de continuer la politique « de tolérance zéro » à l’égard de l’exploitation et des atteintes sexuelles imputables au personnel des opérations des Nations Unies.

Le Conseil de sécurité « demande à nouveau aux Etats Membres et aux organisations internationales, régionales et sous-régionales de prendre des mesures pour élargir la participation des femmes à la prévention et au règlement des conflits, ainsi qu’à la consolidation de la paix, y compris à des postes de direction attribués par nomination ou par élection dans les institutions de gouvernance après un conflit ».

En conclusion, le Conseil a exprimé son intention de convoquer dans cinq ans une réunion d’examen de haut niveau chargée « d’évaluer les progrès accomplis aux plans mondial, régional et national dans l’application de la résolution 1325 (2000), de renouveler les engagements qui ont été pris et de trouver des réponses aux obstacles et aux contraintes qui entravent l’application de la résolution 1325 (2000) ».

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