Personnes handicapées : l’ONU appelle à ratifier la Convention sur leurs droits

2 septembre 2010 – Le sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales de l’ONU, Sha Zukang, a appelé tous les États membres à signer et ratifier la Convention relatives aux droits des personnes handicapées, à l’occasion de la troisième Conférence des Etats-parties qui a ouvert mercredi au siège de l’ONU, à New York.

Entrée en vigueur en 2008, la Convention, qui vise à protéger les droits fondamentaux des quelques 650 millions de personnes handicapées dans le monde, a déjà été signée par 146 Etats et ratifiée par 90 d’entre eux.

« Depuis un an, le nombre de signatures et de ratifications de cet instrument juridique international a plus que doublé », s’est félicité Sha Zukang, qualifiant de « progrès remarquables » cette avancée.

Le sous-Secrétaire général aux affaires économiques et sociales a toutefois estimé qu’un défi majeur empêchait encore la pleine application de la Convention, « le fait que moins de la moitié de tous les États membres l’ont ratifié ».

« Aujourd’hui, je demande donc aux autres États membres à devenir Etats parties à ce traité. L’engagement de tous les Etats et leur adhésion pleine et entière à la Convention représentent une étape cruciale vers la mise en œuvre de changements durables », a-t-il indiqué.

« Comme vous le savez, les personnes handicapées sont plus susceptibles d’être pauvres et n’ont pas accès aux services sociaux et de santé, à l’éducation et à l’emploi aussi facilement que les valides », a-t-il poursuivit, avant de souligner « la responsabilité collective de la communauté internationale » qui doit « s’attaquer à ces inégalités ».

« Nous devons défendre une plus grande reconnaissance et une meilleure protection de leurs droits fondamentaux, y compris le droit à l’éducation. Nous devons adapter nos communautés à leurs besoins autant que possible. Nous devons changer les cœurs et les esprits du grand public quant aux capacités des personnes handicapées », a encore insisté Sha Zukang.

Selon lui, un autre défi majeur à relever est celui de la réponse aux besoins des personnes handicapées en périodes de crises, catastrophes naturelles ou conflits armés.

« Nous, la communauté internationale, devons nous assurer que dans les opérations humanitaires, ces personnes reçoivent un accès prioritaire aux aides. Les efforts de reconstruction devraient également comprendre l’accessibilité des bâtiments et des systèmes de transport aux handicapés », a-t-il ajouté, rappelant que les coûts supplémentaires pour y parvenir étaient « minimes mais offraient d’innombrables avantages aux personnes handicapées ».

Dans une déclaration lue lors de la Conférence des Etats-parties à la Convention, la Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Navi Pillay, est revenue de son côté sur les crises humanitaires qui ont secoué la planète cette année, des tremblements de terre en Haïti et en Chine, au tsunami au Chili en passant les inondations au Pakistan.

« Malheureusement, les considérations relatives aux droits de l’homme sont souvent négligées dans de telles crises et des interrogations demeurent sur leur caractère prioritaire lors de la planification et de la mise en œuvre des opérations de secours. Ca ne devrait pas être le cas », a-t-elle souligné.

Avant la fin de la conférence prévue vendredi, les Etats-parties ont prévu que la Commission sur les droits des personnes handicapées chargée d’examiner les rapports périodiques des États-parties verra sa composition élargi de 12 à 18 membres.

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