Augmentation de 25 % de la traite d’êtres humains

la traite d'êtreshumains, notamment le travail forcé, a augmenté de 25% entre 2019 et 2022
© UNICEF/Frank Dejongh Des enfants travaillent dans une mine de granit dans la banlieue de Ouagadougou, au Burkina Faso.

A l’échelle mondiale, le nombre de personne victime de traite, – travail forcé, exploitation sexuelle et criminalité forcée – a augmenté de 25 % entre 2019, période avant COVID, et 2022, selon un rapport de l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC) publié le 11 décembre.

Le nombre de victimes mineures détectées a augmenté de 31 % dans la même période. Ces jeunes victimes représentent 38 % de tous les cas de traite humaine détectés et parmi elles se trouvent de plus en plus de filles.

Les garçons sont principalement victimes de travail forcé et de criminalité forcée, tandis que les filles sont majoritairement victimes de traite à des fins d’exploitation sexuelle.

Flux de traite en augmentation en Europe

En 2022, au moins 162 nationalités différentes ont été victimes de traite vers 128 pays de destination, bien que la majorité des victimes aient été exploitées à l’intérieur des frontières nationales (58 %). Les régions les plus touchées par la traite transfrontalière sont le Moyen-Orient, ainsi que l’Europe occidentale et méridionale.

Les pays d’Europe occidentale et méridionale ont enregistré la hausse la plus significative des détections sur le continent, avec une augmentation de 45 % par rapport à 2019.

La majorité des victimes détectées étaient des adultes, avec une proportion plus élevée d’hommes (39 %) que de femmes (28 %).

Dans cette région, les victimes sont principalement exploitées pour le travail forcé, notamment dans les secteurs de l’agriculture, de la restauration et des services de nettoyage/domestiques.

Elles proviennent de nombreuses régions du monde, y compris l’Europe du Sud-Est, l’Afrique subsaharienne, l’Afrique du Nord, l’Asie du Sud et l’Asie de l’Est.

Pauvreté, inégalité, conflit sont à la base de la traite

La pauvreté et les inégalités sociales, ainsi que les conflits prolongés, figurent parmi les causes principales de la traite des personnes, souvent liées à l’exploitation des plus vulnérables qui ne peuvent répondre à leurs besoins économiques.

Le continent africain est la région la plus touchée par les conflits armés et, par conséquent, celle qui enregistre le plus grand nombre de déplacements liés aux conflits.

Ces circonstances exposent gravement les personnes au risque d’être victimes de la traite par des criminels cherchant à tirer profit de leurs vulnérabilités. Bien que la plupart des victimes africaines soient exploitées sur le continent, environ 2000 victimes originaires de pays africains en conflit ont été détectées en Europe.

En Afrique, l’impact du changement climatique et des catastrophes climatiques est également un facteur clé expliquant l’augmentation des cas de traite nationale et transfrontalière, principalement vers l’Europe et le Moyen-Orient. Selon l’ONUDC, le volume des déplacements dus au changement climatique en Afrique est corrélé au nombre de victimes africaines détectées en Europe, ces dernières étant principalement des adultes exploités pour le travail forcé ou l’exploitation sexuelle.

Dans le cadre de la traite le long des routes migratoires, les mêmes acteurs impliqués dans le trafic de migrants peuvent collaborer avec ou agir en tant que réseaux de traite visant à exploiter ces migrants.

Défis croissants et engagements renouvelés

La traite des personnes reste un phénomène mondial affectant tous les pays, que ce soit en tant que pays de recrutement ou d’exploitation. Lutter contre ce crime nécessite une combinaison de réponses à tous les niveaux : mondial, régional, national et infranational.

Bien que des progrès significatifs aient été réalisés en matière de législation nationale, des défis subsistent, nécessitant des réponses opérationnelles adéquates pour prévenir, protéger et poursuivre un crime qui évolue et s’adapte aux changements sociétaux.

Grâce au Pacte pour l’avenir, la communauté internationale a renouvelé son engagement à « intensifier les efforts internationaux, régionaux et nationaux pour prendre des mesures immédiates et efficaces visant à éradiquer le travail forcé, mettre fin à l’esclavage moderne et à la traite des personnes, en particulier des femmes et des enfants, et éliminer toutes les formes de travail des enfants ».