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COVID-19 : Nathan Peiffer-Smadja, infectiologue et « influenceur »

Quand il n’est pas dans son labo de recherche sur la COVID-19 ou auprès des patients dans son service de maladies infectieuses, le docteur Nathan Peiffer-Smadja est sur Kombini, le Huffington post, ou sur Twitter, et bientôt sur Tik Tok, avec un objectif : lutter contre la désinformation sur la pandémie en partageant des informations fiables.

Les cheveux bruns en bataille, façon manga japonais, 31 ans, Nathan Peiffer-Smadja est aujourd’hui chef de clinique assistant dans le service de maladies infectieuses et tropicales du Centre hospitalier universitaire Bichat à Paris et chercheur associé dans le laboratoire IAME de l’Inserm.

Il est également membre du comité de pilotage européen de l’essai clinique DisCoVeRy (Inserm), qui rassemble 21 partenaires de recherche dans 13 pays européens afin de trouver un traitement efficace contre la COVID-19. DisCoVeRy est membre de l’initiative « Solidarity[1] », un essai clinique international lancé par l’Organisation mondiale de la santé (OMS) et ses partenaires.

« C’est une vraie et belle coopération internationale », constate Nathan Peiffer-Smadja qui souligne le respect que lui inspire l’OMS depuis qu’en 2015 il a travaillé six mois en Guinée, en pleine épidémie d’Ebola, et a pu constater sur le terrain l’efficacité et la réactivité des équipes du projet de vaccination de l’OMS.

 Lutter contre les fake news

Récemment, il a donc répondu à l’appel de l’ONU qui a demandé à plusieurs chercheurs et spécialistes du monde entier de prendre la parole pour partager des informations sur les traitements et la recherche d’un vaccin et contrer l’autre pandémie, celle de la désinformation et des « fake news » qui se propagent aussi vite que la COVID-19.

Cette campagne appelée « Team Halo » regroupe une vingtaine de scientifiques du monde entier qui, via les réseaux sociaux, partagent leurs expériences et leurs connaissances.

« Je considère que donner de l’information médicale fiable au grand public fait partie de mes missions », explique Nathan Peiffer-Smadja. « Il y a énormément de désinformation sur les vaccins comme sur les traitements, c’est une terrible cacophonie », poursuit-il, regrettant la « confiance érodée » envers les spécialistes de la médecine.

Il reprend d’ailleurs à son compte l’expression disant qu’il faut privilégier les informations basées sur les preuves (Evidence based) et non pas sur le statut de la personne qui s’exprime (Eminence based). « Sur les réseaux sociaux par exemple, je suis constamment attaqué sur mon âge ou sur les personnes avec lesquelles je travaille mais jamais sur les faits que j’expose ou les articles que je publie », constate-t-il.

capture écran d'accueil team halo avec photo de Nathan Peiffer-Smadja et drapeau français

Restaurer la confiance

« La médecine est devenue très politique ». La désinformation systémique n’est pas le fruit du hasard, la pandémie étant aussi « un enjeu de répartition de pouvoir dans le monde » estime-t-il.

Sur les réseaux sociaux et dans les interviews qu’il donne à différents médias, il essaie de revenir aux informations de base, sur les modes de transmission du virus, les gestes barrières efficaces, les dernières connaissances établies sur le virus. « Nous voyons aujourd’hui l’importance de former aussi les médecins, professeurs, scientifiques, à communiquer, à partager les informations utiles pour le public », insiste-t-il.

Un vaccin sûr et pour tous

Pour lui, la découverte et la mise à disposition d’un vaccin est la seule solution pour enrayer la pandémie. Il préconise de commencer dès maintenant à communiquer sur les vaccins. « Il faut rassurer les gens. On ne prend pas de raccourci, ce vaccin sera approuvé conformément aux standards les plus élevés, on ne brûlera pas les étapes quelques que soient l’urgence ou les pressions politiques ».

Après l’annonce le 10 novembre par le laboratoire Pfizer de résultats concluants sur un vaccin efficace à 90%, Nathan Peiffer-Smadja se montre optimiste, car même si le virus de la COVID-19 ne disparaitra pas, moins de gens seront touchés et « on pourra bien plus facilement gérer la maladie, et réussir ce à quoi on échoue actuellement : remonter les chaînes de contamination et identifier les cas secondaires ». A condition bien sûr que le plus grand nombre soit vacciné.

Pour le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, le futur ou les futurs vaccins contre la COVID-19, devront être un « vaccin des peuples », un « bien public » disponible pour tous.

Plus d’information sur les recherches sur le vaccin contre la COVID-19 ici (OMS)

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[1] Solidarity est l’un des plus grands essais randomisés internationaux pour les traitements COVID-19, qui a recruté près de 12 000 patients dans 500 sites hospitaliers de plus de 30 pays.

 

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