Le 10 janvier 1946, la toute première réunion de l’Assemblée générale des Nations Unies s’est tenue à Londres, au Royaume-Uni. Quatre mois après la fin de la Seconde Guerre mondiale, les délégués se sont réunis au Methodist Central Hall à Westminster. Le choix d’un lieu de culte pour cette réunion était symbolique, reflétant à la fois la douleur de la guerre et l’espoir en l’avenir.
Contrairement à San Francisco, où la Charte des Nations Unies avait été rédigée dans une atmosphère d’optimisme en temps de guerre, Londres, lourdement bombardée, rappelait aux délégués pourquoi les Nations Unies avaient été créées, avec des dizaines de milliers de morts et une grande partie de la ville détruite ou endommagée.
Alors que la Church House, située à proximité, avait été choisie pour accueillir la toute première réunion du Conseil de sécurité des Nations unies le 17 janvier, un lieu plus spacieux était nécessaire pour l’Assemblée générale. Ayant survécu à la guerre sans dommage, le Methodist Central Hall fut retenu.
Le ministre britannique des Affaires étrangères de l’époque, Ernest Bevin, dut persuader le révérend William Sangster et ses fidèles de quitter les lieux, leur expliquant qu’ il n’y avait « pas de meilleur endroit qu’une maison de Dieu, où régnait déjà une atmosphère de prière ».
Le Central Hall fut redécoré, les sièges furent retirés, des tapis furent posés et des cabines de traduction furent installées. Des tables de 12 mètres de long furent mises en place pour les délégations des 51 nations participantes.
Avec des moyens limités, le gouvernement britannique fournit aux délégués l’accès à une cantine, des carnets de rationnement temporaires, des coupons pour des vêtements et des visites des zones bombardées organisées par le Women’s Voluntary Service (Service volontaire des femmes).
Au cours de la session, l’ancienne Première Dame des États-Unis, Eleanor Roosevelt, a convoqué une réunion des déléguées afin de présenter une « Lettre ouverte aux femmes du monde ».
Dans son discours, Eleanor Roosevelt a appelé « les gouvernements du monde entier à encourager les femmes partout dans le monde à prendre une part plus active aux affaires nationales et internationales, et les femmes conscientes de leurs possibilités à se manifester et à participer à l’œuvre de paix et de reconstruction comme elles l’ont fait pendant la guerre et la résistance ».
Les objectifs et les principes de la Charte des Nations Unies ont été soulignés lors de cette réunion historique.
Dans son discours inaugural, le Premier ministre britannique Clement Attlee a exhorté l’ONU à devenir « le facteur prépondérant de la politique étrangère », appelant « non seulement à la négation de la guerre, mais aussi à la création d’un monde de sécurité et de liberté ».
Paul-Henri Spaak, alors ministre des Affaires étrangères de Belgique, a été élu premier président de l’Assemblée générale des Nations Unies. Après l’invasion de son pays par les Allemands, il fut interné quelque temps en France et en Espagne, mais il réussit à gagner l’Angleterre où, en octobre 1940, il reprit ses fonctions de ministre des Affaires étrangères du Gouvernement belge à Londres.
Environ 800 journalistes ont couvert la session, dépassant légèrement le nombre de délégués. Les débats ont marqué la première diffusion mondiale d’une conférence internationale et l’une des premières utilisations de la télévision pour une telle couverture.
Dans son discours, le roi George VI a décrit Londres comme « une ancienne capitale » et déclaré qu’ « aucune réunion plus importante n’avait jamais eu lieu en son sein ».
