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Forêt de Soignes : un patrimoine mondial qui s’adapte

La Forêt de Soignes, qui célèbre le 5ème anniversaire de l’inscription de ses réserves forestières au patrimoine mondial de l’UNESCO, est touchée par le changement climatique mais montre toutefois une grande capacité d’adaptation.

Elles sont les seules en Belgique à faire partie du patrimoine mondial naturel de l’UNESCO.

Le Comité du patrimoine mondial de l’UNESCO a reconnu ces forêts primaires comme un témoignage de l’évolution et de l’impact exceptionnels de l’écosystème du hêtre en Europe depuis la dernière période glaciaire. Ces forêts sont extrêmement rares et se sont développées avec un impact humain minime.

Les zones protégées de la Forêt de Soignes font partie d’un groupe de forêts vierges reconnu par l’UNESCO qui comprend actuellement 94 forêts primaires dans 18 pays européens, soit un total de 980 km2. Cela correspond environ au double de la superficie d’Andorre.

Dans les réserves de la Forêt de Soignes, « vous trouverez des centaines de hêtres qui ont plus de 200 ans, avec des diamètres compris entre 80 et 160 cm », explique Caroline Celis,

Forêt de Soignes
© Yves Adams

coordinatrice du patrimoine mondial de la Forêt de Soignes. « De plus, avec une hauteur pouvant atteindre 50 mètres, ils comptent parmi les plus grands hêtres du monde. Nous devons ces dimensions majestueuses aux excellentes conditions de croissance de la forêt. »

En danger ?

Néanmoins, pour l’Union internationale pour la conservation de la nature et de ses ressources (UICN) Les principales menaces sont d’abord le défrichement de espaces forestiers, notamment aux lisières, et le changement climatique.

En effet, la Forêt de Soignes souffre des conséquences du changement climatique. Des printemps et des étés plus secs et plus chauds créent des arbres moins forts qui risquent de ne plus être aussi grands à l’avenir. Mais, selon Caroline Celis, les arbres peuvent s’adapter : « Les hêtraies sont expertes dans la création de leur propre microclimat dans lequel elles peuvent se protéger des conditions climatiques extrêmes ».

 

Une grande biodiversité

Chacune des 94 forêts de hêtres de l’UNESCO abrite ses propres espèces animales. L’Europe centrale et de l’Est abrite des espèces emblématiques, telles que le loup, le lynx ou l’ours brun.

Salamandre
© Reinhardt Strubbe

Dans la Forêt de Soignes, de nombreuses espèces sont protégées, comme plusieurs espèces de chauves-souris ou encore le triton crêté.

« La biodiversité dans la Forêt de Soignes est très élevée. Il y a environ 23 espèces de chauves-souris en Belgique, et 18 d’entre elles se trouvent dans la Forêt de Soignes. C’est un chiffre vraiment impressionnant », explique Caroline Celis.

Selon la coordinatrice, nous constatons une tendance inversée au niveau de la biodiversité dans la Forêt de Soignes. « Dans le reste du monde, la situation est dramatique, mais la Forêt de Soignes, quant à elle, s’est diversifiée au cours des dernières décennies. Grâce à une meilleure gestion de la forêt, il y a notamment plus de bois mort, et nous voyons la biodiversité augmenter grâce à la récupération de la végétation, des champignons et des organismes qui vivent sur ce type de bois ».

Le pouvoir de la collaboration

Un comité de gestion conjoint composé de représentants des 18 pays où se trouvent les forêts primaires se réunit deux fois par an.

« Ce réseau en Europe est un grand atout », explique Caroline Celis. « Grâce à l’échange d’informations scientifiques et d’expériences sur la gestion et la protection de ces forêts exceptionnelles, nous pouvons mieux comprendre les conséquences du réchauffement climatique et partager des informations sur la gestion durable des forêts ».

« Je crois beaucoup au pouvoir de la collaboration. J’ai l’occasion de travailler avec des personnes de toute l’Europe qui sont passionnées et engagées dans la protection de ces forêts et cela donne de l’espoir pour l’avenir », note Caroline Celis.

 

Quel avenir pour les forêts primaires ?

ecoduc
© Yves Adams

En Belgique, il est prévu d’étendre la partie wallonne de la Forêt de Soignes comme patrimoine de l’UNESCO. En outre, un écoduc est prévu afin de relier deux parties de la forêt à Bruxelles et améliorer les habitats présents à cet endroit.

« Ces forêts primaires nous aideront à l’avenir à mieux faire face au changement climatique et à la crise de la biodiversité. Nous avons tout intérêt à les protéger correctement. La reconnaissance en tant que patrimoine de l’UNESCO signifie que ces forêts doivent être protégées « pour toujours », et cela ne peut qu’aider », conclut la coordinatrice du patrimoine.

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