Intervention des États-Unis au Venezuela : ce qu’en disent les Nations Unies

Les actions militaires américaines au Venezuela « constituent un dangereux précédent », a affirmé le chef de l’ONU, le 3 janvier dernier. « Le Secrétaire général continue de souligner l’importance du respect intégral, par tous, du droit international, y compris de la Charte des Nations Unies, a déclaré son porte-parole. Il est profondément préoccupé par le non-respect des règles du droit international. »

Le Conseil de sécurité aborde aujourd’hui la situation au Venezuela lors d’une réunion spéciale retransmise par UN Web TV dans plusieurs langues.

Le Haut-Commissaire aux droits de l’homme Volker Türk a également réagi sur les réseaux sociaux. Il s’est dit « alarmé par l’intervention des États-Unis au Venezuela. Nous exhortons tout le monde à faire preuve de retenue et à respecter pleinement la Charte des Nations Unies et le droit international relatif aux droits de l’homme. La protection de la population vénézuélienne est primordiale et doit guider toute action future. »

Une mission d’enquête de l’ONU sur les violations des droits de l’homme au Venezuela exprime sa profonde inquiétude

De même, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République bolivarienne du Venezuela a exprimé le 3 janvier sa profonde inquiétude face à la situation des droits humains, à la suite de l’attaque américaine et de la capture de Nicolas Maduro.

Cette Mission internationale a été créée en septembre 2019 par le Conseil des droits de l’homme des Nations Unies, afin d’évaluer les violations présumées des droits de l’homme commises depuis 2014.

« À la lumière de l’intervention militaire des Etats-Unis et de l’arrestation de Nicolas Maduro pour, selon l’administration américaine, « narco-terrorisme contre les États-Unis et leurs citoyens », la Mission internationale souligne la nécessité de continuer à se concentrer sur les graves violations des droits humains et les crimes contre l’humanité qui ont été commis contre la population vénézuélienne », a déclaré sa présidente, Marta Valiñas.

Appel au respect du droit international

Ces violations comprennent des exécutions extrajudiciaires et autres privations arbitraires de la vie ; des détentions arbitraires ; des disparitions forcées (principalement de courte durée) ; des actes de torture et autres traitements cruels, inhumains ou dégradants ; et des violences sexuelles et basées sur le genre.

« Les violations graves et persistantes des droits humains commises par le gouvernement Maduro ne justifient pas une intervention militaire des États-Unis qui enfreint le droit international », a déclaré Alex Neve, membre expert de la Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République bolivarienne du Venezuela.

« De même, l’illégalité de l’attaque américaine ne diminue en rien la responsabilité évidente des responsables vénézuéliens, y compris M. Maduro, pour des années de répression et de violence qui constituent des crimes contre l’humanité. Le peuple vénézuélien a besoin et mérite des solutions qui respectent pleinement le droit international. »

Le risque de nouvelles violations graves

« La responsabilité de ces violations ne se limite pas à Nicolas Maduro », a déclaré Maria Eloisa Quintero, membre experte de la Mission d’enquête. « D’autres personnes qui ont exercé un commandement ou une autorité sur les forces de sécurité, ou qui ont contribué de toute autre manière à ces crimes, doivent également être tenues pour responsables. »

La Mission internationale indépendante d’établissement des faits sur la République bolivarienne du Venezuela est profondément préoccupée par le risque de nouvelles violations graves des droits de l’homme dans les jours et les semaines à venir, dans un contexte d’instabilité accrue, notamment depuis que le gouvernement américain a déclaré son intention de « diriger » le pays dans un avenir prévisible, alors que les autorités vénézuéliennes ont déclaré l’état d’urgence.

La Mission appelle les autorités vénézuéliennes et américaines, ainsi que la communauté internationale, à garantir le plein respect du droit international. « Les droits du peuple vénézuélien ont été systématiquement violés pendant trop longtemps. Les droits de l’homme doivent, sans exception, passer avant tout. »

LIENS UTILES

ONU Info : Capture de Nicolás Maduro : l’ONU face à une ligne rouge du droit international

ONU Info : Les actions militaires américaines au Venezuela « constituent un dangereux précédent », affirme le chef de l’ONU

Communiqué en anglais du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme

UNRIC library backgrounder on Venezuela (en anglais) 

 

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