Alors que la coopération internationale est confrontée à des défis liés aux tensions géopolitiques et aux contraintes financières, cet article met en lumière le partenariat débuté dès 1945 entre les Nations Unies et le Luxembourg, un petit pays à impact global.
Membre fondateur et fervent défenseur du multilatéralisme
En signant la Charte des Nations Unies le 26 juin 1945 à San Francisco, le Luxembourg est devenu le plus petit membre fondateur des Nations Unies.
« Mon pays a une longue tradition d’engagement pour le multilatéralisme et les valeurs universelles », déclare Olivier Maes, représentant permanent du Luxembourg auprès des Nations Unies à New York.
Cet engagement constant s’est à nouveau concrétisé, en juillet 2025, quand le ministre des Affaires étrangères, Xavier Bettel, a organisé un petit-déjeuner ministériel à New York en soutien à l’UNRWA, en marge de la Conférence de haut niveau sur la solution à deux États, tandis que la ministre de la Justice, Elisabeth Margue, a reçu le Haut-Commissaire aux droits de l’homme, Volker Türk, pour échanger sur la protection des journalistes et la lutte contre la désinformation, des priorités portées par le Service Droits Humains du pays.
Contribution du Luxembourg à la mission humanitaire des Nations Unies
En 2024, le Luxembourg a consacré 122,5 millions de dollars à l’aide humanitaire, poursuivant ainsi son engagement de longue date en faveur de la solidarité internationale. Sur ce montant, 50,3 millions de dollars ont été versés directement aux agences des Nations Unies, selon le Bureau des Nations Unies pour la coordination des affaires humanitaires (OCHA).
Les principaux bénéficiaires ont été le Programme alimentaire mondial (PAM) (22,4 millions de dollars), l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR) (17 millions de dollars), l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés palestiniens (UNRWA) (5 millions de dollars) et l’UNICEF (1,6 million de dollars).
Un engagement à hauteur de 1 % : la référence du Luxembourg pour l’aide au développement
Selon le rapport d’activités du ministère des Affaires étrangères et européennes, de la Défense, de la Coopération et du Commerce extérieur, « la réduction de la pauvreté extrême reste au cœur des efforts de la Coopération luxembourgeoise, qui apporte une attention particulière à la mise en œuvre des 17 Objectifs de développement durable (ODD). »
En 2024, le pays a maintenu son objectif d’allouer 1 % de son revenu national brut (RNB) à l’aide publique au développement (APD), un objectif inscrit dans le programme du gouvernement pour la période 2023-2028. Ceci équivaut à 551 millions d’euros.
Cette contribution dépasse l’objectif fixé par l’ONU de longue date pour les pays développés, qui est de consacrer 0,7 % de leur RNB à l’APD, et réaffirme la position du pays en tant que partenaire fiable dans le développement mondial.
Le Luxembourg dans le système onusien
En 2023, 49 ressortissants luxembourgeois travaillaient dans diverses agences et entités de l’ONU. Ce chiffre, bien qu’il représente une part modeste des effectifs totaux, reflète la participation du Luxembourg au système multilatéral.
Malgré sa taille modeste, le Luxembourg a joué un rôle diplomatique visible au sein du système onusien, notamment en occupant un siège non permanent au Conseil de sécurité des Nations Unies (2013-2014). Il a également démontré son soutien au droit international et aux droits de l’homme en étant élu pour la première fois de son histoire au Conseil des droits de l’homme des Nations Unies pour la période 2022-2024, aux côtés de 17 autres nouveaux membres.
Le Luxembourg abrite un site classé au patrimoine mondial de l’UNESCO : les vieux quartiers et les fortifications de la ville de Luxembourg, qui témoignent de son importance historique et architecturale. Cette inscription s’inscrit dans le cadre des efforts de préservation culturelle menés en coopération avec l’UNESCO.
Fait moins connu, les entreprises luxembourgeoises sont d’importants fournisseurs de l’ONU. En 2024, le Luxembourg s’est classé au 61ième rang des plus grands fournisseurs des Nations Unies, avec 82,61 millions de dollars de contrats, selon les données du portail mondial des Nations Unies (UNGM).
La plupart de ces achats étaient destinés à l’UNICEF, une agence essentielle des Nations Unies qui vaccine plus de 45 % des enfants dans le monde. Le secteur des produits pharmaceutiques est le plus concerné (54,8 millions de dollars), avant les services d’ingénierie et de recherche (12 millions de dollars).
Soutien à la solidarité mondiale
En 1988, le Luxembourg a offert à l’Organisation des Nations Unies la sculpture « Non-Violence », également connue sous le nom de « Revolver noué ». Créée par Carl Fredrik Reuterswärd, cette sculpture trône à l’entrée du bâtiment du Secrétariat de l’ONU et est devenue un symbole du rôle de l’ONU dans le désarmement, la paix et la sécurité internationale.
Selon les Examens de l’OCDE sur la coopération pour le développement: Luxembourg 2025, « son objectif de consacrer 1 % du revenu national brut du pays à l’aide publique au développement (APD) recueille un ferme soutien politique et public ».
Cela souligne le soutien constant du Luxembourg au travail de l’ONU à l’échelle mondiale.
Le Luxembourg est peut-être petit par sa taille, mais ses contributions aux Nations Unies, en matière d’aide au développement et de diplomatie, sont importantes dans un monde confronté à des défis complexes.
