A l’occasion de la Journée internationale des migrants, ce 18 décembre, nous revenons sur la réalité de la migration vers les pays de l’Union européenne (UE). En effet, les chiffres battent en brèche nombre d’idées reçues.
Les données proviennent d’Eurostat, de la Commission européenne et de l’Organisation internationale pour les migrations (OIM).
Une part de 6,4 % de citoyens non européens dans l’UE
Sur une population de 449,3 millions d’habitants, l’UE compte 28,9 millions d’étrangers non ressortissants de l’UE, soit 6,4% de sa population totale.
Une part qui monte à 10 % si l’on inclut les personnes nées à l’étranger et ayant ensuite acquis une nationalité européenne.
« Certains pays extérieurs à l’UE comptent une proportion beaucoup plus importante de résidents nés à l’étranger », souligne le Parlement européen. Selon Eurostat, la Suisse en compte 31,2 %, l’Australie 29,5 %, l’Islande 22 %, la Norvège 17,2 % et les Etats-Unis 14,5 %.
La majorité de la migration est régulière
Ceux qui entrent illégalement dans l’UE ne représentent qu’une petite fraction de l’ensemble des migrants : en 2024, environ 239 000 passages illégaux des frontières ont été détectés par Frontex, l’agence européenne de garde-frontières et de garde-côtes. Une baisse de 38 % par rapport à l’année précédente
Ce déclin, selon le Parlement européen, s’explique principalement par une diminution de 59 % des arrivées via la route de la Méditerranée centrale par rapport à 2023 et par une baisse de 78 % des détections sur la route des Balkans occidentaux.
De son côté, l’OIM, qui a des méthodes de calcul différentes, a enregistré un peu moins de 200 000 entrées irrégulières dans l’UE par voie terrestre ou maritime en 2024, en forte baisse par rapport à 2023 (274 000 entrées irrégulières).
Un chiffre à rapporter aux flux migratoires réguliers vers l’UE, où 3,5 millions de nouveaux permis de séjour ont été délivrés en 2024 (contre 3,8 millions en 2023). La plupart de ces premiers titres de séjour ont été octroyés par l’Espagne, l’Allemagne, la Pologne, l’Italie et la France.
L’Europe est aussi une terre d’émigration
Encore un chiffre éloquent : au total, 4,3 millions de personnes ont immigré vers l’UE en 2023, tandis que 3 millions de personnes de l’UE ont émigré la même année. La moitié s’est installée dans un autre pays de l’UE, et l’autre moitié s’est établie ailleurs dans le monde.
Les migrants contribuent à combler des pénuries de main-d’œuvre
En avril 2025, 12,5 millions de citoyens non Européens travaillent dans l’UE, soit 6 % des actifs du bloc des 27. Le taux d’emploi est meilleur pour les nationaux de l’UE (78,3 %) que pour les étrangers (64,9 %).
Ces chiffres montrent des « barrières structurelles et de la discrimination, mais aussi l’existence d’un marché noir qui relève d’un tabou », explique Paola Alvarez, spécialiste régionale de l’OIM sur la mobilité de la main-d’œuvre et l’inclusion sociale.
Ce marché informel ne se limite pas aux tâches agricoles : il s’étend aux manufactures, au secteur textile, à la construction, aux services de livraison, aux soins à la personne, au travail domestique ainsi qu’à la restauration et l’hôtellerie.
Liens utiles
- Migrations en Europe : les faits plutôt que les perceptions
- De la migration dépend la survie de l’Europe, selon Völker Turk
- Conflits et changements climatiques accentuent les migrations
