UE : 78 % des enseignants confrontés à des incidents antisémites

Plus de trois quarts des enseignants au sein de l’UE ont été confrontés à des incidents antisémites dans leurs classes, révèle un nouveau rapport de l’UNESCO publié le 27 janvier 2026, à l’occasion de la Journée internationale dédiée à la mémoire des victimes de l’Holocauste. L’étude met également en lumière des niveaux alarmants de négation de l’Holocauste et de violences physiques envers des élèves juifs.

« Les discours de haine, notamment l’antisémitisme et le négationnisme de la Shoah, ont atteint des niveaux inégalés depuis la Seconde Guerre mondiale, a déclaré Khaled El-Enany, le nouveau Directeur général de l’UNESCO. La plupart des enseignants n’ont jamais reçu de formation spécifique pour faire face à cette réalité, y compris aux conséquences liées au développement de l’intelligence artificielle. L’UNESCO fournit aux décideurs des outils uniques pour renforcer les capacités des enseignants dans plus de 30 pays — des salles de classe et campus aux clubs sportifs — et bientôt dans encore davantage de pays ».

Premier grand sondage sur l’antisémitisme en classe 

Intitulé « Aborder l’antisémitisme par l’éducation : enquête sur les connaissances et la compréhension du personnel enseignant », ce rapport de l’UNESCO, publié avec le soutien de la Commission européenne, est le premier grand sondage européen sur les perceptions et expériences des professeurs face à l’antisémitisme en classe. Il repose sur les réponses de 2 030 enseignants provenant de 23 pays de l’UE.

Cette étude a été élaborée par le Centre pour l’enseignement de l’Holocauste de l’University College London (UCL) et menée entre août 2024 et mai 2025. Elle a été diffusée par Public First, avec le soutien des ministères européens de l’Éducation.

Quand les élèves reproduisent des gestes ou des symboles nazis

Les résultats montrent que 78 % des enseignants ont été confrontés à au moins un incident antisémite parmi leurs élèves, et plus d’un quart (27 %) à neuf incidents ou plus.

L’étude révèle également que 61 % des enseignants ont observé des formes de négation ou de déformation de l’Holocauste, et 11 % disent que cela se produit fréquemment. Un enseignant sur 10 a déclaré avoir été témoin d’au moins une agression physique contre des élèves juifs au moins une fois, tandis que près de la moitié d’entre eux (44 %) ont vu des élèves faire des gestes nazis ou dessiner ou porter des symboles nazis.

Par ailleurs, 61 % des enseignants interrogés admettent ne pas avoir su répondre à certaines questions de leurs élèves sur l’antisémitisme au moins une ou deux fois, et 42 % ont observé des comportements antisémites chez d’autres enseignants.

Le besoin de formation spécifique des enseignants

Malgré cette situation, 70 % des enseignants déclarent ne pas avoir reçu de formation professionnelle pour reconnaître et combattre l’antisémitisme contemporain. Moins d’un tiers ont participé à des formations proposées par des organisations spécialisées en dehors de leur école.

« En conclusion, les données recueillies lors de cette enquête ont mis en évidence des tendances préoccupantes et souligné le besoin urgent de formations professionnelles systématiques et fondées sur la recherche pour les enseignants, » souligne le rapport. « La majorité des répondants qui abordent l’antisémitisme le font dans le cadre de cours d’histoire sur la Shoah. Bien que l’étude de l’antisémitisme soit un aspect important de l’enseignement de la Shoah, la littérature a montré que cette approche peut, involontairement, laisser entendre que l’antisémitisme était un phénomène propre au nazisme et limité à la Seconde Guerre mondiale. Par conséquent, les élèves peinent à reconnaître les manifestations de l’antisémitisme contemporain, comprennent mal son ampleur et sa nature actuelles, et ne saisissent pas son impact sur la communauté juive et les sociétés démocratiques du monde entier. »

Dans ce contexte, l’UNESCO rappelle avoir publié un guide à destination des enseignants, accompagné d’activités pédagogiques correspondantes, afin de mieux soutenir les éducateurs dans la lutte contre le négationnisme et la distorsion de la Shoah lors de l’enseignement de l’histoire de ce génocide.

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