Jamais une conférence sur l’Océan n’avait rassemblé autant de monde et fédéré ainsi les Nations autour d’une cause commune. A Nice, la communauté internationale a montré une fois de plus combien le multilatéralisme est la clé pour affronter les questions globales.
Quelque 15000 personnes ont participé à la troisième conférence des Nations Unies sur l’océan (UNOC), co-organisée par la France et le Costa Rica qui s’est tenue à Nice entre le 9 et le 13 juin. On a compté une cinquantaine de chefs d’États et de gouvernement et des milliers de délégués.
Tous étaient là pour parler de l’état de nos océans qui souffrent de la surpêche, des assauts contre leur biodiversité, des tonnes de plastique déversées, de l’acidification etc…
L’océan, qui absorbe une quantité de plus en plus grande de CO2 et se réchauffe, est à la fois victime et responsable du changement climatique.
La conférence a adopté une déclaration appelée « Notre océan, notre avenir : unis pour une action urgente » dans laquelle les États s’engagent à « conserver et exploiter de manière durable l’océan, les mers et les ressources marines ».
Étendre les aires marines protégées
Le texte appelle à des mesures concrètes pour étendre les aires marines protégées, décarboniser le transport maritime, lutter contre la pollution marine et mobiliser la « finance bleue » pour les nations côtières et insulaires vulnérables, entre autres.
« Un océan sain, productif et résilient est indispensable à une économie océanique durable, à la sécurité alimentaire et à la nutrition et permet la constitution de liens sociaux et culturels très forts. Nous devons agir d’urgence face à cette situation, en prenant des mesures audacieuses, ambitieuses, justes et porteuses de transformation », indique le texte adopté à l’unanimité.
Ils se sont également engagés à mettre en œuvre les accords déjà existants, notamment l’Accord de Paris sur le climat, le Cadre mondial de la biodiversité de Kunming-Montréal et assurent qu’ils sont conscients qu’il faut remédier au problème de la pollution plastique. Des négociations vont reprendre sur cette question à Genève au mois d’août.
Ne pas faire de la Haute-mer un « Far West »
Mais l’information la plus commentée aura été celle concernant le traité sur la protection de la biodiversité au-delà des juridictions nationales, aussi appelé traité sur la haute mer. Adopté en 2023 après une vingtaine d’années de discussion, il permettrait de donner un cadre légal à la gestion de ces espaces, 60% de la surface de l’Océan, soit la moitié de la surface de la planète ».
A l’ouverture de la conférence seul 30% des États avaient ratifié ce traité alors que 60 ratifications sont nécessaires à sa mise en œuvre. Au lendemain de l’ouverture le 10 juin, une cinquantaine avait ratifié et une quinzaine se sont engagés à le faire dans les mois qui viennent. Il est donc fort possible que ce traité indispensable entre en vigueur avant la fin de l’année 2025.
Le Secrétaire général de l’ONU, Antonio Guterres a déclaré à l’ouverture de la conférence : « il ne faut pas que les océans deviennent un nouveau Far West ». Le président français, Emmanuel Macron, a insisté sur le fait qu’il fallait d’abord « explorer les grands fonds avant de les exploiter ». « Actuellement, nous avons plus d’information sur la lune ou mars que sur les Océans », a rappelé Olivier Poivre d’Arvor, Envoyé spécial du Président de la République pour la Conférence Océan des Nations Unies.
Le plan d’action de Nice
Ce « Plan d’action » comprend à la fois la déclaration des États et des engagements volontaires. Parmi les engagements pris ou annoncés à Nice :
Commission européenne – Pacte pour l’Océan
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- Investissement : 1 milliard d’euros.
- Objectif : Conservation des océans, recherche marine et pêche durable.
Polynésie française – Aire marine protégée
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- Engagement : Création de la plus grande aire marine protégée au monde.
- Superficie : L’ensemble de sa zone économique exclusive (~5 millions de km²).
Allemagne – Nettoyage de la mer Baltique et de la mer du Nord
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- Programme : Plan d’action immédiat de 100 millions d’euros.
- Objectif : Récupération et élimination des munitions historiques – une première mondiale.
Coalition pour un Océan Silencieux
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- Lancement : 37 pays, dirigés par le Panama et le Canada.
- Objectif : Première initiative politique de haut niveau pour lutter contre la pollution sonore des océans à l’échelle mondiale.
Italie – Surveillance maritime renforcée
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- Engagement : 6,5 millions d’euros.
- Utilisation : Renforcement de la surveillance par les garde-côtes dans les aires marines protégées et autour des plateformes pétrolières, avec un système satellite capable de détecter les déversements d’hydrocarbures en temps réel.
Espagne – Nouvelles aires marines protégées
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- Engagement : Création de cinq nouvelles aires marines protégées.
- Objectif : Protéger 25 % du territoire marin espagnol.
Initiative « One Ocean Finance »
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- Lancement : Par des agences des Nations Unies et des partenaires mondiaux.
- But : Co-concevoir un mécanisme financier ambitieux pour mobiliser des milliards d’euros issus des industries dépendantes de l’océan et des secteurs de l’économie bleue.
Le prochain sommet sera co-organisé par la Corée du Sud et le Chili en 2028.
