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COVID-19 : la vie des enfants bouleversée par la pandémie

Les enfants sont les victimes silencieuses de la pandémie de Covid-19 qui est venue bouleverser leur vie. La fermeture des écoles, l’isolement, la peur d’attraper et surtout de transmettre le virus sont autant de facteurs qui nuisent à leur épanouissement.

Plusieurs études conduites au Luxembourg et en Belgique confirment l’impact de la pandémie sur les plus jeunes. Seuls 67 % d’entre eux se disaient satisfaits de leur vie, contre 96 % habituellement, selon une étude menée par l’Université de Luxembourg. En Belgique, un constat tristement similaire : un adolescent sur cinq a présenté des symptômes de dépression pendant le confinement, selon une enquête menée par l’Université de Liège.

Un mal-être passé sous silence

« Cette pandémie affecte sévèrement la vie des enfants et leur bien-être », indique Isabelle Hauffels, Responsable Plaidoirie à UNICEF Luxembourg, qui a soutenu l’étude Covid-kids mené par les chercheurs de l’Université du Luxembourg. Cette étude, menée dans plusieurs pays européens, a mis en exergue l’impact négatif du confinement de mars sur le bien-être des enfants, notamment chez les enfants plus âgés, les plus défavorisés, et les filles.

Certaines conclusions ont cependant surpris les chercheurs. « On a vu que la peur de tomber malade à cause du virus était exceptionnellement haute au Luxembourg. Là, c’était pour nous inattendu », explique Prof. Dr. Claudine Kirsch, professeure agrégée de l’Université du Luxembourg, qui a travaillé sur l’étude avec Prof. Dr. Sascha Neumann (Université de Tubingue) et Prof. Dr. Pascale Engel de Abreu (Université du Luxembourg).

« On a peur. On ne veut pas attraper le virus et on ne veut pas le transmettre aux autres. […] On ne sort pas dehors », témoigne une fillette de 10 dans cette étude. Une autre adolescente de 15 ans s’agace : « La plus grosse différence, c’est la frustration d’être enfermé dans sa propre maison. Et je ne me sens ni libre ni en sécurité ».

Pourtant, les réponses n’étaient pas toutes négatives, comme en témoigne un adolescent de 14 ans : « Sans hésiter la meilleure partie [du confinement] était de passer du temps avec ma famille et le confort de travailler depuis chez soi ».

Même si les enfants ont fait couler beaucoup d’encre, « on ne les a pas écoutés », déplore Claudine Kirsch, qui souligne la longueur des réponses au questionnaire de l’étude, comme une bouteille jetée à la mer.

L’école, un enjeu social

L’impact de la fermeture des écoles ne peut être sous-estimé. « Au Luxembourg, 55 % des enfants du fondamental (école primaire) ne voyaient les enseignants qu’une fois par semaine », regrette Claudine Kirsch, dont l’enquête était pourtant centrée sur des élèves globalement issus d’un milieu privilégié.

Au-delà du retard accumulé, les enfants ont perdu leurs repères, tant dans leurs apprentissages que dans leurs échanges avec leurs camarades et professeurs. À l’école, les enfants trouvent du soutien, notamment les filles, qui ont davantage besoin de contacts sociaux que les garçons et souffrent d’autant plus de l’anxiété liée à l’isolement.

« Les inégalités qui existaient avant la pandémie auront tendance à se renforcer », met en garde Isabelle Hauffels. Garder les écoles ouvertes, c’est à la fois freiner l’accélération des disparités, mais c’est aussi laisser une porte ouverte au dialogue pour les enfants les plus vulnérables.

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La complicité est le meilleur remède

Les enfants et les adolescents ont besoin d’une oreille attentive pour exprimer leurs angoisses. « Laissez les enfants poser des questions et sachez répondre à leurs craintes », conseille Isabelle Hauffels, qui prône un dialogue ouvert et adapté à leur âge. « Les enfants informés ont moins peur », confirme Claudine Kirsch, pour qui les résultats parlent d’eux-mêmes : la majorité des enfants se réjouissent ainsi de s’être rapprochés de leurs parents pendant le confinement.

Les parents peuvent rester informés sur la manière d’aborder la pandémie avec leurs enfants en consultant le site du Centre hospitalier de Luxembourg ou celui d’UNICEF Luxembourg qui fournissent des réponses aux questions des jeunes. Isabelle Hauffels encourage les parents à garder leur calme et à ne pas « partager à outrance leurs peurs » avec des enfants en quête de réconfort, et à discuter de leurs propres craintes avec d’autres adultes.

Donner la parole aux enfants

Donner la parole aux enfants les aide aussi à soulager leurs inquiétudes. En Belgique, la plateforme d’information pour jeunes WAT WAT a développé une série YouTube dans laquelle des jeunes parlent ouvertement de leurs difficultés personnelles et du bien-être mental.

De l’autre côté de la frontière, UNICEF Luxembourg et RTL ont diffusé une émission radio hebdomadaire animée par des enfants de 7 à 12 ans. « Toute l’affaire Covid était axée sur nos inquiétudes d’adultes. Le fait d’entendre ces voix d’enfants partager leur optimisme ou leurs messages d’espoir a été d’une grande aide », rappelle Paul Heber, Responsable Communication à UNICEF Luxembourg.

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