A-Z Index

COVID-19 : les femmes, en première ligne, paient un lourd tribut à la pandémie

Les femmes, qui constituent une large majorité des personnels de santé dans le monde, paient un lourd tribut à la pandémie de COVID-19, déplore l’OMS Europe à quelques jours de la Journée internationale des femmes, le 8 mars.

Alors que le nombre de nouveaux cas a augmenté de 9% dans la région Europe en une semaine, le directeur de l’OMS Europe, Hans Kluge, a dressé le bilan de l’impact de la pandémie sur les femmes.

« Lorsque la pandémie a frappé, pas un seul pays de cette région n’avait atteint l’égalité des sexes. Pas un seul » a rappelé le Dr Kluge. « Depuis, COVID-19 a aggravé et mis en lumière les inégalités structurelles sous-jacentes entre les sexes », a-t-il poursuivi.

Les travailleurs de premières lignes sont en majorité des femmes. Sur 10 personnes dans le secteur de la santé dans le monde, 7 sont des femmes. En Europe, elles représentent 84% du personnel infirmier et 53% des médecins.

Selon des statistiques de début février, sur 1,3 millions de travailleurs de la santé infectés par la COVID-19, 68% étaient des femmes

« Nous devons faire tout ce qui est en notre pouvoir pour protéger notre ligne de front. Il est fondamental, et c’est une obligation pour chaque gouvernement, d’assurer la vaccination du personnel sanitaire et social », a déclaré le Dr Kluge.

Des écarts de salaires inacceptables

L’OMS recommande de « diminuer l’impact socio-économique grave de COVID-19 sur les femmes », notamment en réduisant les écarts de rémunération.

Dans le secteur de la santé, les femmes sont concentrées dans des emplois de moindre importance et des postes moins bien rémunérés. L’écart de rémunération entre les sexes dans le secteur de la santé est plus élevé que dans d’autres secteurs, soit 25 %, ce qui est inacceptable.

« Pour ce faire, nous devons investir dans des emplois de santé et d’aide sociale offrant un salaire et des conditions de travail équitables et reconnus. »

Les femmes doivent également avoir un rôle plus important dans les prises de décisions concernant la prévention et le contrôle de la pandémie. Les femmes restent largement absentes des prises de décision nationales ou mondiales sur la réponse à la pandémie.

La santé dirigée par les hommes et dispensée par les femmes

« Depuis trop longtemps, la santé mondiale est dirigée par les hommes et dispensée par les femmes, comme en témoigne le fait que les femmes représentent 70 % du personnel de santé mais n’occupent que 25 % des postes de direction », a poursuivi le chef de l’OMS Europe.

Il a également appelé à améliorer la prévention, la détection des violences domestiques et la prise en charge des victimes ainsi que l’impact de la pandémie sur la santé mentale dont le burn-out des personnels de santé.

« Les femmes éprouvent également une plus grande détresse psychologique associée à la COVID-19, que les hommes. (…) Si vous êtes un professionnel de la santé, vous courez un plus grand risque de subir un traumatisme, des troubles liés au stress et une dépression. »

Une opportunité à saisir

« Rien de tout cela ne peut être ignoré. Et tout cela peut être changé. Car lorsque les systèmes sont ébranlés dans leur essence, il y a une opportunité de repenser et de construire des sociétés meilleures que nous devons saisir », a estimé Hans Kluge.

« Il ne s’agit pas seulement de rectifier des inégalités entre les sexes qui existent depuis longtemps. Il s’agit des femmes en tant que responsables de la santé et des réponses sexo-spécifiques aux crises. Il s’agit de placer l’égalité et les besoins de protection des femmes au cœur de chaque réponse. Il s’agit de corriger les torts – à l’extérieur et à l’intérieur des murs de l’hôpital – pour le bien de tous.

Plus d’information :

Derniers articles

France et Monaco

4,253FansJ'aime
4,677SuiveursSuivre

Belgique et Luxembourg

2,844FansJ'aime