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Crise climatique : les laboratoires universitaires concoctent des solutions

Série #SDGActor – La crise climatique est l’un des défis les plus importants de ce siècle. Une collaboration étroite entre gouvernements, entreprises, le monde académique et la société civile est essentielle pour atteindre des objectifs climatiques ambitieux.

Le besoin de solutions innovatrices est de plus en plus grand et les universités peuvent jouer un rôle important à cet égard.

Dans son discours historique sur « l’état de la planète » à l’université de Columbia, le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, avait déjà indiqué que « la contribution des universités est essentielle à notre réussite » dans la réalisation des Objectifs de développement durable et de l’Accord de Paris sur le climat.

En amont de la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques (COP27), UNRIC a interviewé les scientifiques derrière trois projets pionniers issus des laboratoires de l’Université d’Anvers en Belgique et de l’Université Libre d’Amsterdam aux Pays-Bas.

 

Leader dans la recherche sur l’impact climatique

Un récent rapport sur l’état de la science, de la technologie et de l’innovation à Amsterdam, montre que la ville est leader en termes de la recherche sur l’impact climatique aux Pays-Bas et en Europe.

Le Demonstrator Lab à Amsterdam permet aux étudiants, au personnel et aux chercheurs de quatre établissements d’enseignement supérieur de la ville d’y développer leurs idées.

 

L’adaptation comme solution

L’un de ces projets S2S AI (seasonal to subseasonal artificial intelligence ou intelligence artificielle saisonnière à sous-saisonnière) vise à utiliser l’intelligence artificielle pour créer des prévisions météorologiques à moyen terme qui soient plus précises, disponibles plus tôt et mieux interprétables que les prévisions météorologiques actuelles sur la même échelle de temps.

S2S AI labo
Laboratoire de S2S AI © Jannes van Ingen

Cela permettra aux secteurs de l’énergie et de l’agriculture d’anticiper les phénomènes météorologiques défavorables, tels que les fortes pluies et les sécheresses.

« Notre vulnérabilité croissante aux conditions météorologiques exige des solutions d’adaptation, » déclare Jannes van Ingen, chercheur junior à l’Institut des questions environnementales, qui fait partie de l’Université Libre d’Amsterdam. Avec Sem Vijverberg et Dim Coumou, il a créé une entreprise pour améliorer les prévisions météorologiques à long terme.

 

Prévoir l’avenir

« Notre modèle de température pour l’Europe fournit une prédiction précise des températures : un, deux ou trois mois à l’avance. Grâce à ces informations, il est possible de dresser une meilleure estimation de la demande d’énergie pour l’hiver à venir. Ce sont des informations extrêmement précieuses pour les gouvernements et pour les producteurs, fournisseurs et négociants d’énergie, » raconte Jannes van Ingen.

 

Mini-écosystèmes

Un autre projet du Demonstrator Lab, CLIMECS (Climatic Manipulation of Ecosystem Samples ou manipulation climatique d’échantillons d’écosystèmes), a mis au point 40 mini chambres climatiques dans lesquelles l’impact des températures extrêmes, de la sécheresse et des fortes précipitations sur les écosystèmes est calculé.

labo CLIMECS
© Oscar Franken

Pour l’instant, il s’agit encore d’une installation expérimentale à l’Université Libre d’Amsterdam, mais les chercheurs espèrent l’étendre à l’avenir.

« Non seulement d’autres institutions de recherche et universités ont déjà manifesté leur intérêt, je vois également des applications possibles pour les entreprises agricoles, par exemple pour tester la germination des graines dans différentes conditions climatiques, » déclare le coordinateur scientifique Oscar Franken.

 

Pionnier de la transition carbone

Les scientifiques de l’Université d’Anvers ont quant à eux réussi à fabriquer de l’acide formique à partir de CO2, alors que la production d’acide formique utilise normalement des combustibles fossiles comme matière première, émettant une énorme quantité de CO2.

Oxylum
Labo d’Oxylum © Sander Neukermans

L’acide formique est un ingrédient essentiel des produits de nettoyage et, par exemple, des produits destinés à maintenir les pistes d’atterrissage libres de glace.

« Dans le cadre de mon doctorat, j’ai cherché à savoir si nous pouvions également appliquer la conversion du CO2 à l’échelle industrielle », explique Bert De Mot, chercheur à l’Université d’Anvers, devenu entrepreneur.

Avec ses collègues Sander Neukermans, Quinten Van Avondt et Tom Breugelmans, De Mot a fondé Oxylum, une spin-off de l’Université d’Anvers, afin de développer cette technologie et de faire appel à une demande croissante de l’industrie.

 

Rendre le secteur chimique durable

D’ici à 2025, ils souhaitent disposer d’une première installation pilote capable de convertir jusqu’à 2000 tonnes de CO2 en acide formique.

« Nos calculs montrent que la conversion de la production d’acide formique à notre procédé pourrait permettre d’économiser jusqu’à 7,5 millions de tonnes de CO2 par an d’ici 2050 », conclut Bert De Mot.

L’équipe prévoit d’utiliser la technologie pour d’autres applications, par exemple pour développer les carburants synthétiques tels que le méthanol, ce qui pourrait diminuer de façon exponentielle la quantité totale de CO2 émise.

équipe Oxylum
L’équipe d’Oxylum, d.g.à.d. Sander Neukermans, Tom Breugelmans, Bert De Mot et Quinten Van Avondt ©Järi Van den Hoek

Pour plus d’information :

 

L’inclusion d’une organisation dans un article du Centre d’information régional des Nations Unies (UNRIC) ne reflète en aucun cas les vues de l’UNRIC et n’implique pas son approbation.

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