Droits humains : quel livre lire absolument ?

Quels livres parlant de droits humains voulez vous partager ? Participer au sondage organisé par l'ONU

Dans tes lectures, quel roman parlant de droits humains voudrais-tu recommander ? Le sujet peut être les droits des femmes, les enfants, la décolonisation, la liberté d’expression, être une dystopie ou parler de réconciliation après un conflit etc…Du moment que le thème parle de droits humains.

Parfois la réponse est immédiate, parfois il faut réfléchir un peu, parfois on sèche pendant un moment, parfois on voudrait non pas recommander un mais deux ou trois voire 10 livres. Dans tous les cas, il suffit juste de répondre au sondage lancé par le Haut-Commissariat aux droits de l’homme.

Le Haut-Commissariat dressera alors la listes de 10 livres les plus cités, ceux qu’il faut absolument avoir lu. Elle sera publiée et relayée largement le 10 décembre prochain pour la Journée internationale des droits humains.

Nous avons posé cette même question aux employés du Centre régional d’information des Nations Unies et voici leur sélection :

  • « Les raisins de la colère » de John Steinbeck 

« Les raisins de la colère » est un roman qui traite de l’exploitation des travailleurs saisonniers en Californie pendant la grande dépression dans les années 1940. Quand j’ai lu ce livre, j’étais moi-même en train de faire les vendanges en Bourgogne et j’ai assisté à des renvois immédiats de saisonniers qui avaient bu ou étaient en retard au profit de nouvelles recrues prêtes à prendre leurs places. Ce roman mets en lumière l’exploitation des travailleurs dans une situation précaire, à la merci de leurs employeurs. Aujourd’hui, il faut relire « Les raisins de la colère ». Les conditions de travail des migrants ou des travailleurs saisonniers restent souvent abusives. 

Choix de Caroline Petit, directrice adjointe, cheffe du bureau Royaume-Uni, Irlande.

  • « Jacaranda » de Gaël Faye

Un roman qui revient sur le génocide au Rwanda et explore la complexité des années post-conflits : comment on se répare, comment on vit dans une immensité de non-dits, comment on se pardonne. Jacaranda aborde aussi le rôle de la justice, notamment les tribunaux traditionnels, les Gacaca, et les grandes commémorations qui unissent la Nation, la bouleversent mais l’aident à se reconstruire.

Choix de Fabienne Pompey, cheffe du bureau France et Monaco.

  • « Americanah » de Chimamanda Ngozi Adichie

A travers l’histoire d’Ifemelu et d’Obinze, Chimamanda Ngozi Adichie explore les thèmes de l’immigration, de l’identité et de l’appartenance. Adichie décrit les défis et la résilience des immigrés face à la discrimination, mettant en lumière des enjeux au cœur des droits humains : l’égalité, la dignité et la lutte contre le racisme.

Choix de Marian Blondeel, cheffe du bureau Benelux.

  • « 1984 » de George Orwell

Une mise en garde sévère contre le totalitarisme, la surveillance et la suppression de la liberté de pensée. Ses thèmes de la censure et du contrôle étatique sont plus pertinents que jamais.

Choix de Gregory Cornwell, en charge des réseaux sociaux.

  • « Entre chiens et loups » de Malorie Blackman

L’histoire se déroule dans une réalité alternative en Grande-Bretagne où les personnes à la peau blanche, les Noughts, et celles à la peau foncée, les Crosses, sont séparées, les Crosses ayant plus de pouvoir dans la société. Dans ce monde fictif, les Européens ont été réduits en esclavage par les Africains et, des années plus tard, bien que l’esclavage ait pris fin, une division profonde persiste. Destiné en particulier aux jeunes adultes, mais captivant pour tous, ce roman dépeint les conséquences destructrices et dévastatrices du racisme et des préjugés. J’ai lu ce livre à l’adolescence et il m’a profondément marqué.

Choix de Miranda, assistante du bureau Royaume-Uni, Irlande.

  • « Le rêve du Celte » de Mario Vargas Llosa

« Le rêve du Celte » est la biographie romancée de Roger Casement qui a dénoncé l’exploitation des populations indigènes au Congo et en Amazonie par les barons du caoutchouc. Considéré comme une figure pionnière de ce que nous appelons aujourd’hui la défense des droits humains, même si ce terme n’était pas encore couramment utilisé de son vivant, Casement était un diplomate irlandais au service consulaire britannique. Ses enquêtes sur les atrocités commises sous les régimes coloniaux dans l’État libre du Congo et dans la région de Putumayo au Pérou ont suscité une vague d’indignation mondiale. Plus tard dans sa vie, Casement est devenu un nationaliste irlandais de premier plan. Il a été exécuté par les Britanniques en 1916.

Choix d’Antonio Ferrari, chef du bureau Portugal.

  • « Une colère noire » de Ta-Nehisi Coates

Intitulé en France « Une colère noire, lettre à mon fils », l’essai de Ta-Nehisi Coates, paru en 2015 aux États-Unis sous le titre moins féroce « Between the World and Me », a valu à son auteur un succès phénoménal. Le journaliste africain-américain décrypte avec force, plus de 50 ans après « La prochaine fois, le feu » de James Baldwin, un autre auteur américain majeur, l’univers de violence et de racisme systémique dans lequel baigne toujours la communauté noire.

Choix de Sabine Cessou, assistante du bureau Benelux.

  • « Cheval Indien » de Richard Wagamese

Saul Cheval Indien, un jeune Ojibwé est arraché à sa famille et se retrouve dans un pensionnat au Canada. Il trouve cependant refuge dans le hockey. Le livre dresse un portrait de l’histoire culturelle des peuples autochtones du Canada, mettant en lumière les expériences d’effacement culturel, de racisme systémique, de résilience et de réconciliation. Il aborde la question des droits de la personne en dénonçant les atteintes à la dignité humaine, à l’identité culturelle et à la liberté.

Choix d’Elisabeth Caron, stagiaire web.

  • « Babel » de R.F. Kuang

Dans l’Angleterre du XIXe siècle, Robin Swift, un orphelin chinois est devenu étudiant à l’Institut royal de traduction d’Oxford. Exposant sans détour les rouages du colonialisme, du racisme et du capitalisme qui fondent la suprématie britannique, le livre met en scène des personnages confrontés à la complexité de la résistance et à la nécessité de questionner leur propre complicité. Sa lecture nous invite à réfléchir sur les mécanismes collectifs de violation des droits humains, et interroge le rôle et la responsabilité des nations dans le maintien des systèmes d’oppression et de la violence institutionnalisée.

Jade Piasecki, stagiaire bureau France et Monaco.