Olga Cherevko, employée du Bureau de la coordination des affaires humanitaires des Nations Unies (OCHA), a réussi à accéder dimanche 10 août à l’hôpital Nasser. C’est le seul centre de santé encore en activité dans le sud de Gaza, où sont soignés des patients gravement malades.
La crise humanitaire dans la bande de Gaza s’aggrave : 100 enfants sont morts de malnutrition aiguë sévère depuis octobre 2023, indiquait le 11 août le porte-parole du Secrétaire général de l’ONU, dont 37 en juillet 2025. Parallèlement, la population déplacée vit groupée dans une zone qui couvre moins de 14 % du territoire, souvent sans abri.
Des images montrent des couloirs remplis de patients, dont beaucoup, explique Olga Cherevko, ont été transférés depuis des points de distribution alimentaire militarisés ou des itinéraires empruntés par des convois, pour tenter d’obtenir de la nourriture.
« C’est choquant de voir le nombre de patients qu’ils tentent de soigner. Les couloirs sont bondés… Tous ces gens qui cherchaient simplement à manger et à subvenir aux besoins de leur famille sont continuellement tués ou blessés », décrit Olga Cherevko.
La faim s’accroît
Selon l’employée, durant son séjour à l’hôpital dimanche, cinq blessés et trois morts sont arrivés de zones où de violentes attaques ont été signalées. Parmi eux, un homme a été grièvement blessé en tentant de se procurer de la farine. « Les gens n’ont pas d’autre choix et recourent à des alternatives très dangereuses, simplement pour éviter la famine », a-t-elle averti.
La scène la plus douloureuse se déroule dans le service pédiatrique, où tous les enfants soignés présentent des signes de malnutrition sévère. Les adultes blessés, victimes de tirs ou d’explosions, présentent également un état physique extrême.
« Les enfants et même tous les adultes que j’ai vus aujourd’hui, ceux qui ont été amenés après avoir été blessés par balle ou par des explosifs, étaient tous gravement mal nourris, avaient l’air extrêmement épuisés, extrêmement maigres et très, très affamés ».
Ce témoignage rejoint les avertissements lancés par des responsables de l’ONU au Conseil de sécurité lors d’une session d’urgence le 10 août sur la situation humanitaire à Gaza. Ils ont mis en garde contre les conséquences « catastrophiques » d’une « prise de contrôle militaire totale » de Gaza et ont réaffirmé qu‘il n’existe pas de solution militaire au conflit. Ils ont également appelé à un cessez-le-feu immédiat et permanent.
« La situation a atteint des proportions catastrophiques et inimaginables », estime Olga Cherevko, soulignant que la seule solution viable est de mettre fin à la guerre et de garantir un accès sûr à l’aide humanitaire.
Attaques contre les journalistes
Par ailleurs, le Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme, comme le Secrétaire général de l’ONU et la directrice exécuritve de l’UNESCO, a condamné le 11 août le meurtre de six journalistes palestiniens, dont cinq employés d’Al Jazeera, apparemment par des tirs de l’armée israélienne sur leurs tentes.
Les attaques contre les professionnels des médias constituent une grave violation du droit international humanitaire. Au moins 242 journalistes palestiniens ont été tués à Gaza depuis le 7 octobre 2023.
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