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Géraldine d’Hoop : « Ne pas avoir peur de se réorienter professionnellement »

De Bruxelles à Bamako, le parcours de Géraldine d’Hoop n’a pas été une ligne droite. Malgré des moments difficiles, aujourd’hui, elle peut au sein de la mission de paix de l’ONU au Mali exercer un métier qu’elle aime et qui a du sens.

  • En quoi consiste votre travail actuel ?

Je travaille en tant que Volontaire des Nations Unies. Je suis actuellement chargée de communication et de liaison dans la Section Stabilisation et Relèvement de la mission du maintien de la paix de l’ONU au Mali (MINUSMA).

Cette fonction est extrêmement enrichissante, mais c’est aussi un défi, car il s’agit d’un poste exigeant. Il s’agit de faire connaitre les projets de la MINUSMA dans les domaines de la stabilisation et de la sécurité. Je suis également point de contact Jeunesse, Genre, Paix et Sécurité.

Je participe, entres autres, à des séances de sensibilisation communautaires auprès des populations locales. J’ai pu dialoguer avec la population malienne, en particulier les jeunes et les femmes, sur leurs attentes vis-à-vis de la mission de maintien de la paix de l’ONU dans cette phase complexe de transition que traverse le Mali actuellement.

J’avais besoin d’un vrai changement dans ma vie professionnelle et ce poste comble mes attentes.

  • Quel a été votre parcours avant ce poste au Mali ?

Juste après mes études, j’ai fait un stage à Amnesty International, au sein de la section Jeunesse, où j’ai donné des formations dans plusieurs écoles sur les droits humains et la peine de mort.

Ensuite, j’ai été chargée de mission au niveau politique et militaire à la Représentation permanente du Luxembourg auprès de l’Union européenne, à Bruxelles. C’était dans le cadre de la préparation de la Présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne. J’y ai découvert des domaines comme la défense et le maintien de la paix, qui m’ont préparé à mon poste actuel.

J’ai ensuite travaillé pour l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), en tant que stagiaire puis j’ai pu occuper un poste de conseillère au retour volontaire et à la réintégration pour les personnes souffrant de problèmes de santé. J’ai ensuite évolué au sein de l’Organisation pour devenir la Cheffe d’unité Média et Communication au bureau de l’OIM à Bruxelles pour la Belgique et du Luxembourg. Hélas, après 14 ans à l’OIM, faute de fonds, mon poste a été supprimé.

Pendant un an et demi sans emploi fixe en pleine crise de la COVID-19, j’ai effectué deux projets de consultance à distance pour l’OIM en Arménie et à Genève. J’ai ensuite décroché ce poste de VNU au Mali. 

  • Quel est votre parcours universitaire et comment a-t-il influencé votre carrière ?

J’ai eu une première expérience onusienne lors de ma participation à The Hague International Model United Nations (THIMUN), où je représentais la Macédoine du Nord au sein de la Commission des Droits de l’homme. Quelques mois plus tard, j’ai pris part à un projet d’éducation à la citoyenneté solidaire de trois semaines au Sénégal, avec l’ONG Défi Belgique Afrique.

À l’Université, j’ai commencé par des études bilingues français-anglais en sciences politiques à Louvain-La-Neuve. Durant ce cursus, j’ai suivi des cours complémentaires en communication, en relations internationales et en droit international public et j’ai fait un Erasmus à la faculté de droit de Salamanque, en Espagne. J’ai finalement achevé mes études en faisant un mémoire sur la migration. J’ai ensuite obtenu un diplôme d’études spécialisées à l’Institut d’études européennes de l’ULB.

  • Quels sont les moments de votre carrière qui vous ont le plus marquée ?
Accompagnement au retour volontaire d’un migrant souffrant de problèmes de santé, Punjab, Inde, mai 2006 ©OIM 2006

Lors de mon rôle de conseillère au retour et à la réintégration à l’OIM, j’ai accompagné, avec un infirmier d’un centre Fedasil, un migrant venant du Punjab dans le nord de l’Inde. C’était le premier cas de réintégration depuis la Belgique. Tout était à mettre en place, du suivi avec la famille jusqu’à la poursuite des soins auprès d’organismes locaux. Il s’agissait d’un migrant vulnérable voulant retourner chez lui après un accident en Belgique qui l’avait laissé paraplégique. Plus tard, j’ai eu de ses nouvelles et j’ai appris que sa réintégration était une réussite. C’était vraiment un moment phare qui, plus tard, a fait l’objet d’un livre « Bien plus qu’un lit », lancé par Fedasil à l’occasion des 20 ans d’accueil des demandeurs d’asile en Belgique, auquel j’ai contribué.

Participation aux 20 km de Bruxelles, campagne #MigrantHeroes, mai 2015 ©OIM 2015

D’autres moments, parmi tant d’autres, qui ont marqué ma carrière étaient la participation de l’équipe de l’ONU à la course des 20 km de Bruxelles. Nous voulions saisir l’occasion de cette course pour lutter contre les stéréotypes à l’égard des migrants ou promouvoir l’égalité hommes/femmes. Avec d’autres collègues, j’ai couru avec des valises pour montrer que les migrants apportent aussi un ensemble de compétences et d’atouts, contribuant ainsi de manière positive à la société.

 

Je suis également fière de la confection d’un costume pour Manneken-Pis à l’occasion de la Journée internationale des migrants. Le costume est désormais porté annuellement, sous le slogan « Je suis migrant », célébrant ainsi les valeurs de diversité et de cohésion sociale entre les migrants et la société.

  • Quels conseils donneriez-vous aux jeunes qui veulent travailler à l’ONU ?
Manneken-Pis célèbre la journée internationale des migrants, 18 décembre 2019 ©OIM 2019

Pour débuter une carrière, surtout dans les relations internationales, c’est extrêmement compliqué sans un stage. Même parfois un stage ne suffit pas. Il faut s’engager dans chaque nouvelle opportunité qui se présente et ne pas avoir peur de se réorienter professionnellement, comme je l’ai fait. Il faut considérer toutes ces expériences comme positives, avec les défis et enjeux que cela comporte.

L’ONU a besoin de personnes qui ont travaillé sur le terrain. Nous sommes tous convaincus, à l’ONU, de travailler pour un monde plus égal, solidaire et plus juste. Ces expériences sur le terrain permettent de prendre conscience des difficultés des populations sur place et nous permet d’avancer ensemble vers des solutions plus durables.

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