La Belgique et l’ONU : ce qu’il faut savoir

Que représente l’ONU pour la Belgique, l’un de ses membres fondateurs, et la Belgique pour l’ONU ? En ces temps de coupes budgétaires dans la coopération internationale, rappeler quelques données peut être utile, pour faire le point sur un partenariat historique.

La Belgique, cinquième fournisseur des Nations Unies

C’est un fait peu connu, mais qui mérite d’être souligné : la Belgique représente le 5e plus grand fournisseur au monde des Nations Unies, après les Etats-Unis, le Danemark, les Emirats Arabes Unis et la Suisse. La Belgique devance ainsi ses voisins, la France étant classée 9e fournisseur, les Pays-Bas 14e et l’Allemagne 19e selon les statistiques du portail du système d’approvisionnement de l’ONU (2023).

Les achats de l’ONU en Belgique sont destinés en grande partie à l’UNICEF, une agence qui fournit plus de 45 % des vaccins aux enfants du monde, permettant de sauver chaque année 3 millions de vies.

Vaccination d'enfant
Vaccination d’enfant par l’UNICEF. Photo UNICEF

En 2023, pas moins de 1621 entreprises belges ont reçu 871,3 millions de dollars en contrats avec les Nations Unies (3,5 % du total commandé la même année dans le monde). Ce montant est presque quatre fois supérieur à l’aide humanitaire consentie par la Belgique.

Le secteur des produits pharmaceutiques est le plus concerné (701,7 millions de dollars), avant le transport et le stockage (30,2 millions), puis les aliments et les boissons (26,9 millions), selon les données du portail mondial des Nations Unies (UNGM).

Contribution de la Belgique au budget général de l’ONU

La contribution belge s’élève à 0,773 % du total du budget général de l’ONU, environ 3,8 milliards de dollars par an. Ces dépenses, qui correspondent à la contribution obligatoire de tout Etat membre, sont prises en charge par le Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement.

Parallèlement, au titre des contributions volontaires à l’ONU, à ses organisations spécialisées, agences, fonds et programmes, la Belgique apporte « environ 100 millions d’euros ces dernières années », selon la représentation permanente belge à l’ONU.

L’aide humanitaire, pilier de la coopération internationale

En 2024, la Belgique a ainsi dépensé 231,3 millions de dollars pour l’aide humanitaire, dont 122,5 millions pour les agences de l’ONU, indique le Bureau des Nations Unies pour la coordination de l’aide humanitaire (OCHA).

Les principaux bénéficiaires de l’aide belge en 2024 ont été l’Agence pour les réfugiés de Palestine (UNRWA, 52,5 millions), le Haut-Commissariat pour les réfugiés (HCR, 25 millions), le Programme alimentaire mondial (PAM, 17,3 millions) et l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO, 10,9 millions).

La coopération internationale, chère au cœur des Belges

Comme le Service public fédéral Affaires étrangères, Commerce extérieur et Coopération au développement le signale pour l’année précédente, « en 2023, notre pays a versé 218 millions d’euros d’aide humanitaire, un record absolu. Comme en 2022, une part importante des fonds fut allouée au Moyen-Orient, à la région des Grands Lacs, au Sahel et à l’Ukraine. Les besoins dans le monde demeurent très importants. En avril 2024, les Nations Unies ont réalisé le calcul suivant : 292,4 millions de personnes ont besoin d’aide et de protection humanitaire. »

Selon le Baromètre de la solidarité internationale 2024 publié par l’association CNCD 11.11.11. et le journal Le Vif, « un Belge sur deux est favorable à une augmentation de l’aide au développement et à la régularisation des sans-papiers ».

Le sondage révèle également que « deux Belges sur trois souhaitent sortir des énergies fossiles et intégrer des mesures miroirs dans les accords de commerce, (…) et que trois Belges sur quatre demandent en outre un cessez-le-feu immédiat à Gaza. »

La Belgique et le maintien de la paix

L’histoire de la participation belge aux opérations de maintien de la paix s’avère particulière, en partie à cause du traumatisme subi lors de la mort de 10 Casques bleus belges au Rwanda le 7 avril 1994, premier jour  du génocide contre les Tutsis. Aujourd’hui, seul un ressortissant belge travaille au maintien de la paix.

La représentation permanente de la Belgique à l’ONU explique que « notre première intervention a eu lieu au Cachemire (1949), suivie d’une vaste opération en Corée (1950). Au cours des décennies suivantes, la Belgique n’a participé à aucune opération de maintien de la paix jusqu’aux opérations en Somalie (ONUSOM), en ex-Yougoslavie (FORPRONU/ATNUSO) et au Rwanda (MINUAR) dans les années 1990.

Lors de cette dernière opération, dix Casques bleus belges ont trouvé la mort, ce qui a entraîné une suspension temporaire de la participation de la Belgique aux opérations de maintien de la paix. Au cours de ces dernières années, l’armée belge a déployé des casques bleus au Soudan (MINUS), au Liban (FINUL), au Moyen-Orient (ONUST), en République démocratique du Congo (MONUSCO) et au Mali (MINUSMA).

Des soldats ont également été envoyés dans le cadre de coalitions mandatées par l’ONU, comme l’ISAF en Afghanistan. Lorsqu’elle participe à des missions de maintien de la paix, la Belgique met l’accent sur l’excellence. Les effectifs limités de nos forces armées ne nous permettent pas d’envoyer de grands contingents aux quatre coins du monde. »

La Belgique dans le système onusien

Vue depuis la Maison des Nations Unies (UN House) sur le boulevard Régent à Bruxelles. Photo : UNRIC

En 2024, les effectifs de l’ONU comptaient 741 ressortissants belges (0,6 % du total), répartis dans les nombreuses entités et pays. En outre, 422 fonctionnaires internationaux de l’ONU travaillent sur le territoire belge, représentant une partie des 33 580 membres du personnel de l’ONU actifs en Europe (25,6 % du total, soit le second continent comptant le plus de collaborateurs de l’ONU après l’Afrique).

Ils se trouvent principalement à Bruxelles, où ils représentent 30 agences et entités des Nations Unies qui travaillent en lien avec les autorités belges et les institutions européennes.

La Belgique dénombre par ailleurs 16 sites classés au Patrimoine mondial de l’UNESCO, parmi lesquels le « noyau historique médiéval » de Gand, le Palais de Justice de Bruxelles ou encore les bâtiments universitaires de Louvain. La splendide Forêt de Soignes est le seul site belge classé au patrimoine mondial naturel de l’UNESCO. Un sentier de randonnée de l’ONU y a été inauguré en octobre 2024.

Le travail local des agences de l’ONU à Bruxelles

Manneken Pis
Manneken Pis à Bruxelles, en orange pour une campagne d’ONU-Femmes. Photo UNRIC

Parmi les agences actives à Bruxelles, nombre d’entre elles apportent leur contribution à des thématiques nationales. L’OIM a publié un rapport détaillé sur les transferts d’argent des migrants en Belgique, qui dépassent 7 milliards d’euros annuellement.

Le HCR a œuvré avec efficacité avec les autorités du pays pour l’accueil de 66 332 réfugiés et 695 demandeurs d’asile enregistrés en 2023, arrivés après le début de l’invasion russe de leur pays en 2022.

L’UNEP participe aussi à de nombreuses initiatives belges, notamment lors de la Journée mondiale de l’environnement, tandis que la célèbre statue du Manneken Pis a été habillée en orange pour la campagne « Orangez le monde » d’ONU-Femmes contre les violences faites aux femmes.

« Détails intéressants » sur la Belgique et l’ONU

En poste depuis janvier 2025, la représentante permanente de la Belgique auprès des Nations Unies, l’ambassadrice Sophie De Smedt, dirige une équipe de 17 personnes. Sur le site de la délégation belge à l’ONU, quelques « détails intéressants » sont mis en exergue, sur des personnalités belges liées aux Nations Unies :

« L’ancien Premier ministre belge Paul-Henri Spaak a été le premier président de l’Assemblée générale, en 1946.

Les Schtroumpfs défendent les ODD
Les Schtroumpfs défendent les ODD et célèbrent les 20 ans d’UNRIC en 2024. Image Studio 2024 PEYO

L’architecte belge Gaston Brunfaut a fait partie de l’équipe d’architectes qui a conçu le siège des Nations Unies à New York (aux côtés d’autres architectes tels que Le Corbusier et Oskar Niemeyer).

La reine Mathilde de Belgique est une avocate officielle des objectifs de développement durable (ODD), nommée par le Secrétaire général des Nations Unies.

Les Schtroumpfs (oui, ils sont belges !) sont également engagés en faveur des ODD, puisque les personnages de dessin animé bleus sont fréquemment utilisés pour expliquer ces objectifs mondiaux aux gens du monde entier, y compris aux enfants. »

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