« La rapidité et l’ampleur de la propagation de la haine en ligne constituent un défi mondial ». Pour y répondre, il faut renforcer la coopération entre États, a expliqué Sherri Aldis, directrice du Centre régional d’information des Nations Unies (UNRIC) .
Lors d’une conférence organisée à Madrid, par le ministère espagnol des Migrations, elle a rappelé la nécessité de renforcer la coopération internationale pour endiguer la propagation des discours de haine et de la désinformation dans l’environnement numérique.
Elle a rappelé que les discours de haine « ne sont pas un problème nouveau », puisqu’ils existent « depuis l’aube de l’humanité ». La nouveauté réside dans « la rapidité et l’ampleur de leur propagation à travers le monde », largement alimentées par les plateformes numériques et les nouvelles technologies.
Un défi mondial
« Aborder ce problème uniquement au niveau national est insuffisant, car l’écosystème numérique transcende les frontières et connecte des millions d’utilisateurs en temps réel », a-t-elle rappelé.
Elle a souligné le rôle de l’ONU en tant que plateforme de dialogue capable de réunir les gouvernements, les entreprises technologiques, la société civile et les médias.
La représentante de l’ONU a également rappelé que l’Organisation œuvre depuis des décennies à la promotion de normes internationales protégeant les droits humains dans le domaine des communications. À titre d’exemple, elle a cité la Déclaration universelle des droits de l’homme, qui fournit un cadre solide pour garantir la liberté d’expression et l’accès à l’information.
Une stratégie globale de l’ONU contre les discours de haine
Les Nations Unies ont lancé en 2019 une stratégie mondiale de lutte contre les discours de haine, coordonnée par le Bureau du Conseiller spécial pour la prévention du génocide.
« Nous savons que les discours de haine ne mènent pas toujours au génocide, mais chaque génocide a toujours été précédé de discours de haine », a averti Sherri Aldis, insistant sur la gravité du problème.
Plus récemment, l’ONU a élaboré des principes mondiaux visant à promouvoir l’intégrité de l’information, un cadre destiné à toutes les parties prenantes, y compris les plateformes de réseaux sociaux, les entreprises de la tech et de l’intelligence artificielle.
La combinaison de la rapidité technologique, des algorithmes et des modèles économiques basés sur la publicité peut amplifier les contenus nuisibles et brouiller la frontière entre réalité et fiction.
Protéger la liberté d’expression
Dans ce contexte, la directrice d’UNRIC a défendu la nécessité de promouvoir des mécanismes de réglementation et de gouvernance numérique qui « protègent l’espace informationnel » sans porter atteinte aux droits fondamentaux.
« Il ne s’agit pas seulement de réglementer les plateformes ou de les pointer du doigt, a-t-elle déclaré, mais aussi de renforcer le journalisme indépendant, de promouvoir l’éducation aux médias et de veiller à ce que la liberté d’expression et les droits humains restent au cœur de l’écosystème numérique ».
Ce forum a réuni des représentants d’institutions, des experts et des organisations internationales afin d’échanger sur les stratégies de lutte contre la haine en ligne, à l’heure où la désinformation et la manipulation numérique sont devenues des enjeux mondiaux.
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