Le prix Nobel de la paix 2026 a été décerné le 9 octobre 2026 à la Sud-Africaine Navanethem « Navi » Pillay, 85 ans, pionnière de la défense des droits humains. Cette ancienne Haute-Commissaire des Nations Unies aux droits de l’Homme a été récompensée « pour ses efforts en faveur de la paix et du droit international ».
« Mon message aux dirigeants, aux responsables politiques, est le suivant : vous êtes soumis à une obligation juridique. Quelles que soient les autres obligations morales qui vous incombent, vous avez l’obligation légale de protéger les droits humains [et] de vous abstenir de faire la guerre », a-t-elle réagi.
Le Secrétaire général de l’ONU, António Guterres, a félicité Navi Pillay, soulignant que « depuis des décennies, elle défend le droit international et les droits de l’Homme, tout en incarnant une voix de la justice indépendante et inébranlable au cœur de certaines des affaires juridiques internationales les plus marquantes de notre époque ».
« La lauréate de cette année a joué un rôle déterminant pour garantir que les crimes de guerre, les crimes contre l’humanité et le génocide fassent l’objet de poursuites », a déclaré le Comité Nobel norvégien.
Dénonciation d’actes de génocide à Gaza
Navi Pillay a présidé la Commission d’enquête internationale indépendante sur le territoire palestinien occupé, qui a estimé dans un rapport rendu public en septembre 2025 qu’Israël était responsable d’un génocide à Gaza.
Cette commission dépend du Haut-Commissariat des Nations Unies aux droits de l’homme.
Le texte de cet organe chargé de documenter les violations graves commises en Palestine et en Israël concluait à une politique « visant la destruction systématique de la vie palestinienne ».
Le viol comme arme du génocide, une jurisprudence du TPIR
Sous le régime d’apartheid, Navi Pillay a été la première femme à ouvrir en 1967 un cabinet d’avocats dans sa province du Natal (aujourd’hui Kwazulu-Natal). Elle a assuré la défense de militants anti-apartheid, dénonçant la torture et contribuant à faire reconnaître des droits fondamentaux aux détenus de Robben Island, où Nelson Mandela était incarcéré.
En 1995, un an après l’élection de Nelson Mandela à la présidence de l’Afrique du Sud, elle devient juge suppléante à la Cour suprême de l’Afrique du Sud.
La même année, elle a été élue par l’Assemblée générale des Nations Unies au poste de juge au Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR), où elle a siégé pendant huit ans, dont les quatre dernières années (1999-2003) en tant que présidente.
Elle a joué un rôle déterminant dans la jurisprudence novatrice du TPIR concernant le viol en tant qu’acte de génocide, ainsi que sur les questions de liberté d’expression et de propagande haineuse.
En 2003, elle a été nommée juge à la Cour pénale internationale (CPI) de La Haye, où elle a siégé à la Chambre d’appel jusqu’en août 2008.
Contribution à la clause d’égalité dans la Constitution sud-africaine
En Afrique du Sud, en tant que membre de la Women’s National Coalition (Coalition nationale des femmes), elle a contribué à l’inclusion, dans la Constitution du pays, de la clause d’égalité interdisant la discrimination fondée sur la race, le sexe, la religion et l’orientation sexuelle.
Elle a cofondé Equality Now, une organisation internationale de défense des droits des femmes, et s’est investie auprès d’autres organisations œuvrant pour les droits des enfants, des détenus, des victimes de torture et de violence conjugale, ainsi que pour divers droits économiques, sociaux et culturels.
Depuis sa création en 1901, le prix Nobel a été attribué à 139 lauréats, dont 19 femmes. Les Nations Unies ont reçu le prix 12 fois – incluant leurs institutions spécialisées, fonds, programmes et membres du personnel. Navi Pillay est la 13ème lauréate issue de l’ONU.
LIENS UTILES
Navi Pillay accuse Israël de génocide à Gaza et dénonce l’inaction internationale
Quelle est cette Commission qui accuse Israël de génocide à Gaza ?
