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L’Europe plus unie au sein du Conseil de sécurité, selon l’Ambassadeur belge

Après avoir occupé plusieurs mois le siège de la Belgique au Conseil de sécurité, l’Ambassadeur Marc Pecsteen de Buytswerve estime avoir fait progresser « la coordination européenne au sein du Conseil de sécurité des Nations Unies ».

L’Ambassadeur a partagé son expérience au sein du Conseil de sécurité lors d’une visioconférence-débat organisée par l’Association pour les Nations Unies (APNU), de Vereniging voor de Verenigde Naties (VVN), EGMONT – Institut Royal des Relations Internationales et le Centre régional d’information des Nations Unies.

Une seule voix

En 2019, cinq Etats membres de l’Union européenne – la France, l’Allemagne, l’Estonie, la Belgique et le Royaume-Uni-, faisaient partie du Conseil de sécurité (réduisant à quatre en 2020 avec la sortie du Royaume-Uni de l’UE.)

« C’était une opportunité à saisir et nous l’avons fait en faisant progresser la coordination européenne au sein du Conseil de sécurité », a estimé l’Ambassadeur. La Belgique y a été élue à un mandat couvrant les années 2019 et 2020 et a exercé la présidence du Conseil en février 2020.

« Au cours de ce mandat, tous ces pays membres de l’UE ont pris la même ligne sur tous les sujets », a assuré Marc Pecsteen de Buytswerve, ce qui n’était pas toujours le cas auparavant. De plus, ils ont organisé ensemble des conférences de presse à la suite des réunions, un développement très important selon lui.

L'Union européenne, Conseil de sécurité,

« Les Etats Membres au sein de Conseil de sécurité parlaient d’une seule voix. Cela montre que l’Union européenne existe au Conseil de sécurité », explique-t-il.

Un partenaire sérieux

Bien qu’il soit trop tôt pour faire un bilan de son mandat, l’Ambassadeur estime que la Belgique est considérée comme un partenaire « sérieux, fiable et constructif ».

La question des enfants dans les conflits armés était l’une de ses priorités, et un débat de haut-niveau avait été organisé avec sa Majesté le Roi des Belges pour montrer l’importance que la Belgique attache à ce sujet.

« Ce n’est pas tous les jours qu’un souverain s’adresse au Conseil de sécurité », a ajouté Marc Pecsteen de Buytswerve.

L’action humanitaire, surtout en Syrie, était une autre priorité importante. La Belgique a également organisé un débat sur la justice transitionnelle, une première pour le Conseil et a invité des intervenants de la société civile et des hauts fonctionnaires, tels que Michelle Bachelet, Haut-Commissaire aux droits de l’homme, malgré certaines oppositions.

Multilatéralisme dans la défensive

Depuis le dernier mandat de la Belgique au Conseil de sécurité en 2007-2008, le contexte géopolitique a beaucoup évolué, constate l’Ambassadeur. Des rivalités existent entre les grandes puissances, et l’intérêt de la part des Etats-Unis a diminué, remarque-t-il. Le multilatéralisme et les droits humains se voient aussi mis sur la défensive.

Sur les grandes questions du jour, telles que la Syrie ou la Libye, le Conseil reste fortement divisé et il est difficile de faire des progrès, mais il n’est pas « paralysé », assure Marc Pecsteen de Buytswerve.

« C’est bien sûr très frustrant. Mais en même temps, sur d’autres enjeux, le Conseil prend des décisions et peut être unifié. C’est le paradoxe », dit l’Ambassadeur, citant des décisions prises sur l’Afrique et l’Amérique latine.

Se tournant vers l’avenir, il estime que deux tendances inquiétantes menacent le Conseil. Tout d’abord, il regrette que le Conseil soit devenu un forum public et qu’il y ait moins de consultations à huis clos. Il s’inquiète aussi que des décisions prises par le Conseil ne soient pas toujours respectées, telles que les violations de l’embargo sur les armes en Libye.

« C’est un sérieux coup au Conseil de sécurité, et si cette évolution continue, ce sera une menace très grave qui n’est dans l’intérêt de personne », dit-il.

L’Ambassadeur garde néanmoins l’esprit positif, affirmant qu’à certaines occasions des membres élus au Conseil contestaient les privilèges non écrits des membres permanents en prenant l’initiative de par exemple rédiger une résolution. C’est ce qui s’est passé pour la Syrie. « C’était une nouvelle dynamique ! »

Il a ajouté qu’à la fin du compte, « comme il faut neuf voix pour adopter une résolution, les cinq membres permanents ont besoin des membres élus. »

A la suite de son poste à New York, l’Ambassadeur a récemment pris ses nouvelles fonctions en tant que Représentant permanent de la Belgique auprès de l’Office des Nations Unies à Genève.

Découvrez plus sur la carrière de l’Ambassadeur: Le nouveau Représentant permanent de la Belgique présente ses lettres de créance (article seulement disponible en anglais pour l’instant)

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