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L’Océan : régulateur de la météo et victime des changements climatiques

L’océan est le moteur du temps et du climat. Il soutient l’économie mondiale et garantit la sécurité alimentaire. Le changement climatique bouleverse l’océan et accroît les risques auxquels sont exposées des centaines de millions de personnes.

En effet, l’augmentation des températures a un impact sur le niveau des océans par la fonte des glaces, et le fonctionnement des courants marins régulant le climat et les phénomènes météorologiques au niveau mondial.

Cette année, la Journée météorologique mondiale, célébrée le 23 mars, est dédiée à « L’océan, le temps et le climat » afin de valoriser les observations et la recherche pour mieux réduire ou prévenir les risques environnementaux pour les populations dûs au changement climatique sur l’océan.

L’océan absorbe plus de 90% de la chaleur excédentaire piégée par les gaz à effet de serre, nous protégeant ainsi d’une augmentation encore plus importante des températures sous l’effet du changement climatique. Cependant, l’équilibre naturel de l’océan et de l’atmosphère est de plus en plus perturbé par les répercussions des activités humaines. Sa température augmente et sa chimie se modifie, ce qui perturbe les écosystèmes marins et les populations qui en dépendent.

« Le contenu thermique de l’océan atteint des valeurs record en raison des émissions de gaz à effet de serre, et l’acidification des océans ne cesse d’augmenter. Cette situation aura des conséquences pendant des centaines d’années, car l’océan a une longue mémoire », estime le Secrétaire général de l’Organisation météorologique mondiale (OMM), M. Petteri Taalas. L’OMM est l’organisme des Nations Unies qui fait autorité pour les questions relatives à la météo, au climat et à l’eau.

Le thème de la Journée météorologique mondiale de cette année fait écho au lancement de la Décennie des Nations Unies pour les sciences océaniques au service du développement durable (2021-2030), pilotée par l’UNESCO. L’Organisation météorologique mondiale (OMM) s’engage en faveur des objectifs de la Décennie pour un océan sûr, prévisible et accessible.

L’économie bleue

L’ « économie bleue », évaluée entre 3000 et 6000 milliards de dollars US par an, représente plus des trois quarts du commerce mondial et fournit des moyens de subsistance à plus de 6 milliards de personnes.

Pourtant, chaque année, des conditions météorologiques extrêmes, telles que vents violents, grandes vagues, brouillard, orages, glaces de mer et embruns verglaçants, causent des pertes matérielles se chiffrant en millions de dollars US ainsi que des centaines de décès en mer.

Ces dernières décennies, la précision et la rapidité des prévisions météorologiques normalisées se sont améliorées. La communauté de l’Organisation météorologique mondiale (OMM) s’efforce de perfectionner les prévisions axées sur les impacts, c’est-à-dire des prévisions qui renseignent non seulement sur ce que le temps sera, mais aussi sur ce qu’il fera.

Les services de météorologie maritime et d’océanographie soutiennent également les opérations de recherche et de sauvetage et les interventions en cas d’urgence environnementale, par exemple lors de marées noires ou de déversements de produits chimiques.

Observations océaniques limitées par la technologie et la pandémie

La plupart des informations qui sous-tendent les prévisions sur le temps, le climat et l’océan proviennent de systèmes d’observations satellitaires qui sont coordonnés à l’échelle mondiale.

Néanmoins, de grandes lacunes géographiques et de recherche subsistent dans le système mondial d’observation de l’océan, qui peine à répondre à la demande croissante de prévisions et de services. Il est nécessaire de soutenir les nouvelles technologies et le développement d’instruments d’observation autonomes, mais aussi de veiller à ce que tous les utilisateurs reçoivent des données et informations accessibles en temps voulu.

La pandémie de COVID-19, qui entre maintenant dans sa deuxième année, exacerbe les pressions exercées sur les systèmes d’observation. En mars 2020, les gouvernements et les instituts océanographiques ont fait revenir presque tous les navires de recherche dans leurs ports d’attache. De plus, les observations océaniques et météorologiques essentielles fournies par les navires commerciaux ont diminué. Différents systèmes tels que les bouées océaniques n’ont pu être entretenus, ce qui a conduit dans certains cas à leur défaillance prématurée.

Acidification et montée des océans

D’ici à 2100, l’océan aura absorbé deux à quatre fois plus de chaleur qu’au cours des cinquante dernières années si le réchauffement de la planète est limité à 2°C, et jusqu’à quatre à sept fois plus si les émissions sont supérieures, estime le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC).

À cause de la hausse des températures océaniques, le brassage entre les couches d’eau est limité, tout comme l’apport en oxygène et en nutriments favorisant la vie marine. L’océan a absorbé entre 20 et 30% des émissions de dioxyde de carbone d’origine anthropique au cours des quarante dernières années, ce qui a provoqué son acidification. Le réchauffement océanique et les modifications de la chimie des océans perturbent déjà la chaîne alimentaire océanique.

Le niveau de la mer a augmenté d’environ 15 cm au cours du XXème siècle et continuera de s’élever dans les siècles à venir. Selon les projections du GIEC, le niveau de la mer pourrait monter d’environ 30 cm à 60 cm d’ici à 2100, même si l’on réduit fortement les émissions de gaz à effet de serre et que l’on maintient l’élévation de la température moyenne de la planète nettement en dessous de 2°C. Pire encore, si les émissions de gaz à effet de serre se poursuivent sans discontinuer, le niveau de la mer montera de 60 à 110 cm.

Alors que l’océan continue de se réchauffer et le niveau de la mer de s’élever, les observations, les recherches et les services opérationnels seront de plus en plus nécessaires. L’Organisation météorologique mondiale s’est engagée à collaborer avec un large éventail de partenaires pour accélérer l’adoption, sur le plan international, de mesures visant à renforcer la résilience et l’adaptation au changement climatique, et à soutenir le développement durable pour les générations futures.

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