ONU80 : « L’humanité est plus forte lorsqu’elle est unie »

Il y a 80 ans, les premiers États membres des Nations Unies se rassemblaient à Londres à la toute première Assemblée générale. Au moment où « des forces puissantes s’allient pour saper la coopération mondiale », le Secrétaire général de l’ONU a rappelé que « l’humanité est plus forte lorsqu’elle est unie ».

Il participait le 17 janvier à une cérémonie célébrant ce 80ème anniversaire au Methodist Central Hall, le lieu même où s’est tenue la toute première Assemblée générale le 10 janvier 1946.

Londres, meurtrie par la guerre, abrite la première AG de l’ONU

Organisé par l’Association britannique pour les Nations Unies, l’événement anniversaire a rassemblé plus d’un millier de délégués du monde entier.

Il a réuni plusieurs intervenants dont la présidente de l’Assemblée générale, Annalena Baerbock, le champion des Nations Unies pour l’espace, le physicien Brian Cox, et l’ambassadrice de bonne volonté de l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, Maya Ghazal.

Cet événement marque également le 80ème anniversaire du premier Conseil de sécurité des Nations Unies, qui s’est tenu le 17 janvier 1946 à proximité, à Church House.

Le monde de 2026 n’est pas celui de 1946

Au cours des 80 années qui se sont écoulées depuis la première Assemblée générale, l’ONU est passée de 51 membres à 193.

L’Assemblée générale, principal organe délibératif, décisionnel et représentatif de l’ONU, est une sorte de « parlement des nations ». « C’est un forum où toutes les voix peuvent se faire entendre, un creuset pour le consensus et un phare pour la coopération », a commenté le chef de l’ONU.

Tout en reconnaissant que le travail de l’Assemblée générale « n’est pas toujours simple ni harmonieux », il l’a décrite comme « le miroir de notre monde, de ses divisions et de ses espoirs. C’est la scène sur laquelle se joue notre histoire commune ».

Revenant sur la dernière décennie, M. Guterres a évoqué « les conflits à Gaza, en Ukraine et au Soudan, qui ont été d’une violence et d’une cruauté sans précédent ; l’intelligence artificielle, qui s’est généralisée presque du jour au lendemain ; et la pandémie, qui a attisé les flammes du nationalisme, freinant les progrès en matière de développement et d’action climatique ».

M. Guterres a souligné à quel point 2025 était une année « profondément difficile » pour la coopération internationale et les valeurs de l’ONU.

« L’aide a été réduite. Les inégalités se sont creusées. Le chaos climatique s’est accéléré. Le droit international a été bafoué. La répression contre la société civile s’est intensifiée. Des journalistes ont été tués en toute impunité. Et le personnel des Nations Unies a été menacé à plusieurs reprises, voire tué, dans l’exercice de ses fonctions. »

L’ONU a rapporté en 2025 que les dépenses militaires mondiales avaient atteint 2 700 milliards de dollars, soit plus de 200 fois le budget actuel de l’aide britannique, ou l’équivalent de plus de 70% de l’économie britannique totale.

Les profits tirés des combustibles fossiles ont également continué à augmenter alors que la planète battait des records de chaleur, a souligné M. Guterres.

« Et dans le cyberespace, les algorithmes ont récompensé les mensonges, alimenté la haine et fourni aux autoritaires de puissants outils de contrôle ».

Le multilatéralisme plutôt que la division

Un système « multilatéral solide, réactif et doté de ressources suffisantes » est nécessaire pour relever les défis mondiaux interdépendants, a insisté M. Guterres, mais « les valeurs du multilatéralisme sont en train d’être érodées ».

Le Secrétaire général a cité l’exemple d’un accord international historique visant à protéger la vie marine dans les eaux internationales et les fonds marins, qui est entré en vigueur samedi 17 janvier comme « un modèle de diplomatie moderne, guidée par la science, avec la participation non seulement des gouvernements, mais aussi de la société civile, des peuples autochtones et des communautés locales ».

« Ces victoires discrètes de la coopération internationale — les guerres évitées, les famines conjurées, les traités vitaux conclus — ne font pas toujours la une des journaux. Pourtant, elles sont réelles. Et elles comptent. Si nous voulons remporter d’autres victoires de ce type, nous devons veiller au respect intégral du droit international et défendre le multilatéralisme, en le renforçant pour notre époque ».

Des enjeux importants pour un monde meilleur

Dans une perspective d’avenir, le Secrétaire général a appelé à la mise en place d’un système international qui reflète le monde moderne, notamment par la réforme des systèmes financiers internationaux et du Conseil de sécurité.

« Il existe un mythe tenace, qui résonne chaque jour plus fort, selon lequel croire en la paix est naïf. Que la seule « vraie » politique est celle de l’intérêt personnel et de la force », a déclaré M. Guterres.

« Mais les fondateurs des Nations Unies n’étaient pas étrangers à la réalité. Au contraire, ils avaient connu la guerre et ils savaient que la paix, la justice et l’égalité sont les objectifs les plus courageux, les plus pratiques et les plus nécessaires qui soient ».

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