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L’art de la rue au service du développement durable

A l’occasion de la Journée mondiale de l’art, dédiée à la célébration de l’art comme créateur de lien, nous vous proposons de découvrir deux artistes français qui utilisent le street art comme vecteur de lien social et de promotion des Objectifs de développement durable (ODD) : Jungle Raiddog et Crey 132. Amis dans la vie, ils collaborent régulièrement afin de créer ensemble des œuvres d’envergure aux messages forts.

Une fresque murale pour les ODD

L’une de leur collaboration avec un autre graffeur, Comer OBK, est la fresque murale pour les Objectifs de développement durable « J’empreinte, Je m’engage », réalisée en 2019 sur les berges de Seine à Paris, avec la participation de plus de 5000 personnes. Les passants étaient invités à choisir un des 17 Objectifs de développement durable, tremper leur main dans la couleur correspondante à l’objectif et à laisser leur empreinte sur la fresque.

Cette initiative lancée par l’Association 4D et soutenue par UNRIC a rencontré un franc succès et a permis « d’interroger sans braquer », raconte Jungle. L’intérêt était de « questionner les passants sur l’empreinte qu’il voulait laisser » ouvrant une discussion intergénérationnelle autour de la peinture, entre ceux qui œuvrent déjà pour le développement durable et ceux qui souhaitent s’informer ou participer à la mise en œuvre des ODD. Un projet qu’il essaie de dupliquer constamment.

Fresque murale composée d'empreintes de mains aux couleurs des 17 Objectifs de développement durable
© Le French hub

Une démarche de transmission auprès de la jeunesse

Jungle et Crey s’inscrivent dans une démarche de transmission, notamment auprès des jeunes. Ces street artistes initient notamment, à travers des ateliers, à l’art du graffiti. Une action qui permet d’être un vecteur de cohésion sociale mais aussi sert de prétexte à l’enseignement de valeurs fondamentales.

À travers son engagement de plus de 10 ans avec Emmaüs, Crey organise des ateliers avec les enfants de la Cité de la joie au Plessis-Trévise pour réaliser des peintures sur les bâtiments de la cité. Jungle, quant à lui, s’engage auprès de la jeunesse de Brive-la-Gaillarde à laquelle il offre une zone de libre expression mais aussi sensibilise aux ODD.

Enfant qui marque son empreinte de la main avec de la peinture sur une fresque murale
© Jungle Raiddog

Deux styles différents et complémentaires

Jungle affectionne particulièrement le travail de la couleur pour interpeller, questionner. C’est ainsi qu’il participe depuis 2017, à une opération de mise en couleur des bornes de recyclage en Seine-Saint-Denis. Cette action a porté ses fruits, car au-delà de l’embellissement du mobilier urbain, cela a « réduit les dépôts sauvages autour de ces bennes mais aussi multiplié par deux le ramassage de son contenu par la municipalité » ce qui a un impact concret sur la vie des habitants et les habitudes de recyclage.

Borne de tri sélectif recouvert de graffitis par Jungle Raiddog
© Jungle Raiddog

Crey crée énormément autour d’un de ses thèmes de prédilection, les animaux. Il s’agit pour lui de questionner la société sur son action sur la planète et les habitats naturels. Il l’exprime à travers une série de tableaux intitulée « Save the planet » avec des toiles intitulées « Monde perdu dit l’éléphant » ou «Fear of a human planet », mais aussi une série de graffitis à Champigny-sur-Marne nommée «Disparition programmée ».

Oeuvre d'art représentant un éléphant avec un graffiti sur le front disant "fear of human planet"
© Crey 132

Le graff’, un langage universel

 L’art du graffiti a donc son rôle à jouer d’après les deux artistes, car il a la particularité de ne pas être élitiste, mais au contraire démocratique, explique Jungle. Intervenir et créer dans la rue, pour Crey, rend cette forme d’art très accessible à toutes les couches sociales. Le graff’ est un langage universel qui parle à tous et interpelle.

De plus, l’essence même du graffiti est de « mettre un message sur un mur », ce qui reflète l’évidence d’y projeter une information à son auditoire. Un message qui se veut positif selon la conception de Jungle, car le graffiti se conçoit pour les autres. C’est donc dans cet optimisme qu’il est persuadé que pour les ODD, la jeunesse va trouver des solutions innovantes, « il suffit juste de leur dire que c’est possible à travers l’art ».

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