« Le monde est confronté à un choix crucial, a déclaré António Costa, le président du Conseil européen, lors de son discours à l’Assemblée Générale des Nations Unies, le 25 septembre. Voulons-nous un ordre international fondé sur des règles, qui défend le multilatéralisme et la Charte des Nations Unies ? Ou un monde chaotique fondé sur l’unilatéralisme, la violence et la perturbation ? »
L’ancien Premier ministre portugais, qui dirige depuis décembre 2024 l’institution qui rassemble les chefs d’Etat des 27 membres de l’Union européenne (UE), a défendu « la paix, la réconciliation et la justice sociale », de même que le multilatéralisme et le respect du droit international. Des valeurs centrales et des priorités pour l’UE, sans lesquelles « l’alternative est un monde chaotique et violent ».
A Gaza, la famine comme arme de guerre est « immorale »
António Costa a cité trois conflits : le Soudan, Gaza et l’Ukraine. Il s’est d’abord exprimé sur Gaza, « où nous sommes les témoins d’une souffrance inimaginable. Des enfants affamés. Des familles brisées. Une catastrophe humanitaire qui choque la conscience du monde. L’utilisation de la famine comme arme de guerre est immorale. Elle défie toute description ».
Rappelant la condamnation par l’UE du terrorisme sous toutes ses formes, il a estimé que l’Europe « seule ne peut pas mettre fin à cette catastrophe humanitaire ». Il a appelé à une action internationale autour de cinq points capitaux pour sortir de la crise actuelle : « la libération inconditionnelle de tous les otages, un cessez-le-feu immédiat, un accès complet et sans entraves à l’aide humanitaire, la fin des colonies illégales, et un engagement renouvelé et crédible à l’égard d’une solution à deux Etats ».
« Continuer à faire pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à la guerre en Ukraine »
Sur l’Ukraine, le président du Conseil européen a décrit « une nation souveraine brutalement attaquée par un membre permanent du Conseil de sécurité, en violation flagrante de la Charte des Nations unies ».
L’agression russe concerne « toutes les nations », a-t-il déclaré : « Si nous acceptons l’invasion de l’Ukraine par la Russie, aucun pays ne sera jamais en sécurité. Il n’y a qu’une seule cause profonde à cette guerre : le refus de la Russie d’accepter le droit de l’Ukraine à choisir son propre destin. Depuis plus de trois ans, cette guerre a coûté la vie à des innocents, détruit des villes et alimenté l’insécurité mondiale. Notre sécurité collective est liée à la résilience de l’Ukraine ».
« Nous continuerons à faire pression sur la Russie pour qu’elle mette fin à cette guerre. Nous appelons à des négociations constructives, à un cessez-le-feu immédiat et à une paix juste et durable. Ce n’est pas seulement le combat de l’Ukraine. C’est un combat pour les principes qui nous sont chers à tous ».
Plaidoyer pour le multilatéralisme
« Nous avons besoin de normes mondiales, de transparence et de mécanismes de responsabilisation aussi dynamiques que les technologies auxquelles nous avons affaire. Afin de garantir que les technologies numériques donnent du pouvoir aux citoyens, et non aux autocrates ou aux nouveaux oligarques technologiques ».
Qu’il s’agisse des normes devant régir l’intelligence artificielle, de l’engagement de l’UE dans l’Accord de Paris sur le climat, de la protection des océans ou du développement durable, M. Costa a plaidé pour le multilatéralisme.
« L’UE, avec ses Etats membres, fournit 42 % de l’aide publique au développement globale. Nous sommes des donateurs de premier plan pour l’Organisation mondiale de la Santé, l’UNICEF et le Programme des Nations Unies pour le développement. Nous jouons un rôle de premier plan dans la solidarité mondiale et continuerons à le faire, même en cette période où le système des Nations Unies est confronté à d’importantes contraintes financières ».
En conclusion, M. Costa a insisté sur les partenariats de l’UE à travers le monde, et remis en question la notion de « Sud global ». « Dans le monde multipolaire d’aujourd’hui, il n’y a pas de Sud global ni de Nord global. Les deux sont pluriels. L’Union européenne continuera à travailler avec tous ses partenaires dans un esprit de solidarité mondiale et de partenariat constructif. Car la multipolarité a besoin d’un système multilatéral efficace. »
LIENS UTILES
Comment l’UE et l’ONU coopèrent
