Comment l’UE et l’ONU coopèrent

Le Secrétaire général des Nations Unies a reconnu l’Union européenne (UE) comme un « pilier du multilatéralisme et comme l’initiative de consolidation de la paix la plus réussie qui ait été mise en place depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale ».

« Nos institutions transcendent toutes les deux les frontières et les intérêts nationaux », a rappelé pour sa part Ursula von der Leyen, la présidente de la Commission de l’UE, le 13 juillet 2023, lorsqu’elle a reçu à Bruxelles le chef de l’ONU, dans le cadre d’un dialogue annuel de haut niveau engagé en 2022. « Le monde a plus que jamais besoin de l’ONU », a-t-elle poursuivi.

Le multilatéralisme à cœur

Nombreux, les domaines de coopération entre l’UE et l’ONU vont du maintien de la paix au financement du développement, en passant par l’action humanitaire, les avancées vers les Objectifs de développement durable (ODD) et le climat. En 2022, l’UE et l’ONU ont ainsi travaillé ensemble dans plus de 170 pays dans des domaines variés, parmi lesquels l’accès aux services de base, la lutte contre la crise alimentaire et la pandémie de Covid-19.

Lors de la présentation d’une évaluation sur la coopération UE-ONU en matière d’action extérieure sur la période 2014-2020, le 4 décembre 2023, Camilla Brückner, directrice du bureau du Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) à Bruxelles et représentante du système de l’ONU auprès de l’UE, a souligné l’importance des valeurs partagées de défense du multilatéralisme :

« Les crises imbriquées dont nous sommes les témoins aujourd’hui montrent clairement qu’il faut continuer à renforcer un multilatéralisme fondé sur le droit. Sans un multilatéralisme efficace, qui inclut un partenariat fort entre l’UE et l’ONU, l’humanité ne peut pas résoudre les enjeux actuels, qu’il s’agisse du changement climatique, de la pauvreté, de la faim ou des inéqualités croissantes ».

L’UE, observatrice aux Nations Unies

Depuis mai 2011, la délégation de l’Union européenne (UE) à New York bénéficie du statut d’observateur aux Nations Unies. L’UE annonce ainsi chaque année ses priorités lors de l’Assemblée générale de l’organisation. Cette feuille de route tient compte du programme de l’ONU ainsi que des grandes questions internationales.

C’est dans ce cadre que le 21 septembre à New York, l’UE a préconisé de profondes réformes du multilatéralisme, par la voix de Charles Michel, président du Conseil européen et ancien Premier ministre de la Belgique.

Ce qui ne change pas la coopération structurelle entre l’UE et l’ONU : le Conseil européen a en effet indiqué que ses priorités pour 2024 porteront sur l’accélération de la mise en œuvre des ODD, le renforcement de la gouvernance globale et la construction de partenariats globaux, dans un contexte qui était déjà décrit par l’UE, avant l’actuel conflit à Gaza, comme une « prolifération de crises ».

L’UE, l’un des principaux contributeurs multilatéraux aux Nations Unies

Le système des Nations Unies a reçu des institutions de l’UE la plus grande part (37 %) des contributions non gouvernementales qui lui ont été faites en 2021. D’autres apports multilatéraux proviennent entre autres de la Banque mondiale, du Fonds global, des donateurs privés ou encore du Comité national des États-Unis. Ils sont bien distincts des contributions des pays membres de l’UE à l’ONU.

Sur les 3,5 milliards de dollars ainsi affectés en 2021 par l’UE aux Nations Unies, les principales agences bénéficiaires, qui opèrent notamment dans l’action humanitaire, ont été le Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF, 641 millions), l’Organisation internationale pour les migrations (OIM, 595,5 millions) et le Programme alimentaire mondial (PAM, 495,2 millions).

L’UE et ses pays membres, les 27, apportent ainsi 40 % du budget du PAM, et sont aussi les principaux contributeurs au budget de l’Organisation mondiale de la Santé (OMS).

Six pays de l’UE parmi les 15 premiers pays contributeurs au budget de l’ONU

Les 193 États membres des Nations Unies restent cependant les principaux contributeurs au budget des Nations Unies, qui s’élève à 48,48 milliards de dollars en 2021 (un montant proche du PIB de la Jordanie, du Soudan ou de la Tunisie, à titre de comparaison). Là encore, l’apport européen s’avère le plus important.

Six pays de l’UE se distinguent en effet parmi les 15 premiers contributeurs en 2021 : l’Allemagne occupe le second rang (6,1 milliards de dollars) après les États-Unis (12,5 milliards). La Suède, la France, l’Italie, le Danemark et les Pays-Bas sont respectivement les 3e, 8e et 10e, 11e et 12e contributeurs. Ces six pays apportent 27,2 % du budget des Nations Unies, les États-Unis y contribuant à hauteur de 25,7 %, le Japon 5,6 % et le Royaume-Uni 4,1 %.

Au total, 42 % du financement total de l’ONU sur la période 2014-2020 est venu de l’Europe, rappelle Camilla Brückner. Parmi les aspects cruciaux apportés par l’ONU dans sa coopération avec l’UE figurent la « promotion de valeurs et normes universelles, l’impartialité, le pouvoir d’engagement, la présence extensive sur le terrain, des relations établies avec des interlocuteurs nationaux et locaux ».

Financement du développement

Selon l’Organisation de commerce et de développement économique (OCDE), les apports totaux d’aide publique au développement (APD) en provenance des institutions de l’UE (23,1 milliards de dollars, soit 11,3 % du total de l’APD) ont augmenté de 30,3 % en 2022 en raison du soutien à l’Ukraine – en partie sous forme de prêts.

Les institutions de l’UE figurent au troisième rang des 32 membres du Comité d’aide publique au développement (CAD) après les États-Unis et l’Allemagne. En 2021, elles affichaient aussi l’une des proportions les plus élevées d’APD bilatérale (d’un pays à un autre) allouée à l’Afrique (37,1 %).

Avancées vers les ODD

L’aide publique au développement totale de l’Europe, UE et États membres compris, est la plus importante au monde (70,2 milliards de dollars en 2022). Elle est étroitement liée à l’agenda multilatéral des ODD, dans lequel l’UE affirme « inscrire toutes ses actions ».

L’Europe contribue aux avancées vers les ODD à l’intérieur de ses frontières, mais aussi à l’international à travers son initiative Global Gateway. Cette stratégie 2021-27 porte sur 300 milliards d’euros d’investissements, en soutien au développement durable dans les pays émergents et le monde en développement. « Le temps est venu pour des actions audacieuses », a déclaré Amina Mohammed, Secrétaire générale adjointe de l’ONU, présente à Bruxelles le 26 octobre lors du dernier Global Gateway Forum.

Dans sa revue volontaire des avancées vers les ODD, publiée en juillet dernier, l’UE dresse un bilan détaillé de son action internationale pour chacun des 17 ODD.

Action climatique

L’UE représente la première source mondiale de financements publics du climat, avec une contribution de 23 milliards d’euros en 2021, sur les 84 milliards d’euros par an promis en 2015 par les pays développés aux pays en développement lors de l’Accord de Paris.

Au Soudan et au Népal, l’UE et l’ONU développent des outils de gestion des risques face à la fragilité climatique, susceptibles de servir dans le Sahel et la région du Lac Tchad. L’UE travaille aussi avec le Haut-Commissariat des Nations Unies aux réfugiés (HCR) et l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) sur les déplacements de population induits par le changement climatique.

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