António Guterres : le rapport d’experts du climat est une alerte rouge pour l’humanité

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© Unsplash, Kelly Sikkema

Le Secrétaire général des Nations Unies, António Guterres, affirme qu’un rapport publié aujourd’hui par le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC) est une « alerte rouge pour l’humanité ».

« La sonnette d’alarme est assourdissante et les preuves sont irréfutables : les émissions de gaz à effet de serre provenant des combustibles fossiles et de la déforestation étouffent notre planète et mettent des milliards de personnes en danger immédiat », a déclaré le Secrétaire général dans un communiqué.

Selon le dernier rapport du groupe de travail I du GIEC, publié aujourd’hui, les scientifiques observent des changements du climat terrestre dans chaque région du monde et dans l’ensemble du système climatique. Bon nombre des changements climatiques observés sont sans précédent depuis des milliers, voire des centaines de milliers d’années, et certains des changements déjà en cours – comme l’élévation continue du niveau de la mer – seront irréversibles pendant des centaines ou des milliers d’années.

Toutefois, une réduction forte et durable des émissions de dioxyde de carbone (CO2) et d’autres gaz à effet de serre permettraient de limiter le changement climatique. Même si les avantages en termes de qualité de l’air seraient rapidement visibles, il faudrait 20 à 30 ans pour voir les températures mondiales se stabiliser, selon le rapport du groupe de travail I du GIEC intitulé Changement climatique 2021 : les bases des sciences physiques ».

« Nous avons déjà atteint 1,2 degré et cette tendance s’accentue », déclare le Secrétaire général de l’ONU dans son communiqué. « Le réchauffement s’étant accéléré au cours des dernières décennies. Chaque fraction de degré compte. Les concentrations de gaz à effet de serre atteignent des niveaux records. Les catastrophes météorologiques et climatiques extrêmes sont de plus en plus fréquentes et intenses. C’est pourquoi la conférence des Nations Unies sur le climat qui se tient cette année à Glasgow est si importante. »

Le Secrétaire général affirme que les solutions sont claires :

« Ce rapport doit sonner le glas du charbon et des combustibles fossiles, avant qu’ils ne détruisent notre planète… Les pays doivent également mettre fin à toute nouvelle prospection et production de combustibles fossiles et réorienter les subventions accordées aux combustibles fossiles vers les énergies renouvelables. D’ici 2030, la capacité solaire et éolienne devrait quadrupler et les investissements dans les énergies renouvelables devraient tripler pour maintenir une trajectoire nette zéro d’ici 2050. »

« Si nous unissons nos forces maintenant, nous pouvons éviter une catastrophe climatique. Mais, comme le montre clairement le rapport d’aujourd’hui, il n’y a pas de temps à perdre ni d’excuses à trouver. Je compte sur les chefs de gouvernement et sur toutes les parties prenantes pour que la COP26 soit un succès. »

Le rapport a été approuvé vendredi par 195 gouvernements membres du GIEC, lors d’une session d’approbation virtuelle qui s’est déroulée sur deux semaines à compter du 26 juillet.

Inger Andersen, directrice exécutive du Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE), s’est adressée au GIEC lors de la conférence de presse pour le lancement du rapport.

« Vous nous avez parlé pendant plus de trois décennies des dangers de laisser la planète se réchauffer. Le monde a écouté, mais n’a pas entendu. Le monde a écouté, mais il n’a pas agi avec assez de fermeté. Par conséquent, le changement climatique est un problème qui se pose ici et maintenant. Personne n’est à l’abri. Et la situation s’aggrave de plus en plus vite. »

« Nous devons traiter le changement climatique comme une menace immédiate, tout comme nous devons considérer les crises associées telles que la perte de nature et de biodiversité, la pollution et les déchets, comme des menaces immédiates », a conclu Mme Andersen.

Plus d’information :

Fiche d’information UNRIC sur le changement climatique