ActualitésCOP30 : la lutte contre la désinformation s’organise

COP30 : la lutte contre la désinformation s’organise

Douze pays, dont la Belgique et la France, ont signé la première Déclaration sur l’intégrité de l’information sur les changements climatiques. Les signataires s’engagent à combattre le flot de désinformation et à protéger ceux qui sont en première ligne : les journalistes spécialistes du climat, les scientifiques et les chercheurs.

Cette déclaration appelle à prendre des mesures concrètes pour démanteler les réseaux de mensonges sur le climat et protéger les voix fondées sur des preuves contre le harcèlement et les attaques.

Les États s’engagent également à soutenir la durabilité d’un écosystème médiatique diversifié et résilient afin de garantir une couverture précise et fiable des questions climatiques et environnementales.

Soutenu par une contribution initiale d’un million de dollars du Brésil, un fonds mondial pour l’intégrité de l’information sur le changement climatique a été créé. Il finance actuellement sa première série de projets, dont près des deux tiers proviennent de pays en développement. Il a déjà reçu 447 propositions provenant de près de 100 pays.

Une première dans l’agenda des COP

C’est la première fois que le thème de l’intégrité de l’information est inscrit à l’ordre du jour d’une COP.

La déclaration a déjà été approuvée par 12 pays : la Belgique, le Brésil, le Canada, le Chili, le Danemark, la Finlande, la France, l’Allemagne, les Pays-Bas, l’Espagne, la Suède et l’Uruguay.

« À l’ère de la désinformation, les obscurantistes rejettent non seulement les preuves scientifiques, mais aussi les progrès du multilatéralisme », a estimé dans son discours d’ouverture de la conférence, le président Luiz Inácio Lula da Silva qui a appelé à l’importance à lutter contre le déni.

« Ils contrôlent les algorithmes, sèment la haine et répandent la peur. Ils attaquent les institutions, la science et les universités. Il est temps de vaincre une fois de plus les négationnistes », a-t-il poursuivi.

« Les diffuseurs de désinformation sur le climat ne se contentent pas de nier le changement climatique. Ils sapent l’action climatique en attaquant personnellement les chercheurs, les scientifiques et les journalistes, en remettant en question le consensus scientifique sur le changement climatique et en créant de faux récits sur les solutions climatiques. », a indiqué Charlotte Scaddan, conseillère principale des Nations Unies pour l’intégrité de l’information, lors d’une rencontre avec la presse pour discuter de cette initiative.

Un média condamné en France

Une chaîne d’information continue, CNews, a été condamnée cette semaine en France à une amende de 20 000 euros pour avoir laissé s’exprimer sans contradiction à l’antenne un économiste affirmant qu’il n’y avait pas de lien entre activités humaines et réchauffement climatique. Il s’agit d’une première dans la lutte contre la désinformation sur le climat.

Récemment un rapport, publié conjointement par Data For GoodScience Feed back et Quota climat, a montré comment en France certains médias propagent à grande échelle des informations fausses ou biaisées afin de discréditer les solutions au réchauffement climatique.

Pendant huit mois, entre janvier et août 2025, ces trois ONG ont cartographié cette désinformation et ont repéré 529 cas de mésinformation climatique et 19 narratifs de désinformation.

Ces narratifs portent sur trois domaines principaux : l’énergie, dont les énergies renouvelables (70%), la mobilité, dont la voiture électrique ou les zones à faibles émissions (10%) et l’action de la France dans l’action climatique mondiale (9%).

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