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COVID-19 : qu’est-ce que le variant Omicron ?

Déclaré « préoccupant » [1] par l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le variant Omicron du coronavirus est désormais présent dans 128 pays. L’Institute for Health Metrics and Evaluation (IHME) a estimé que plus de 50 % de la population de la Région européenne pourrait être infectée par Omicron dans les six à huit prochaines semaines.

« Dans un contexte d’intense mixité sociale, d’un recours limité aux mesures de santé publique, et d’une couverture vaccinale restreinte à l’échelle mondiale, ces conditions permettront à n’importe quel variant, n’importe quel virus, de se propager », a déclaré le Dr Maria Van Kerkhove, responsable technique de l’OMS pour la COVID-19, à la radio BBC. « Omicron profite de cela, et Delta aussi ».

Il est donc primordial de poursuivre les efforts de vaccination, partout dans le monde grâce à un répartition équitable des vaccins disponibles, et de conserver la mise en application des gestes barrière.

L’ampleur sans précédent de la transmission par Omicron a débouché sur une hausse des hospitalisations, le taux de mortalité restant stable. « Cela met au défi les systèmes de santé et la prestation de services dans de nombreux pays où Omicron s’est propagé à grande vitesse et menace de déborder dans de nombreux autres », a déploré le Dr Hans Kluge, Directeur régional de l’OMS pour l’Europe.

Qu’est-ce qui distingue Omicron des autres variants ?

Son profil génétique : alors que le variant Delta, hautement transmissible, comporte 9 mutations sur la protéine Spike, qui joue un rôle essentiel dans l’infection, le variant Omicron compte 32 mutations sur cette protéine, et une cinquantaine en tout.

Le Dr Abdi Mahamud, épidémiologiste à l’OMS, a noté qu’un nombre croissant d’études semblait montrer que le variant Omicron affectait principalement les voies respiratoires supérieures, provoquant des symptômes plus légers.

« Bien qu’Omicron semble moins grave que Delta, en particulier chez les personnes vaccinées, cela ne signifie pas qu’il faille qualifier ce variant de bénin », a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus, Directeur général de l’OMS.

« En fait, le tsunami de cas est tellement énorme et rapide, qu’il submerge les systèmes de santé du monde entier », a-t-il souligné, ajoutant que les hôpitaux deviennent « surpeuplés et manquent de personnel ».

Les tests et les vaccins seront-ils toujours efficaces ?

« Les vaccins actuellement autorisés continuent d’offrir une bonne protection contre les maladies graves et décès, y compris ceux causés par Omicron », a déclaré le Dr Kluge.

Il a également signalé que le taux d’hospitalisation chez les patients non vaccinés était 6 fois plus élevé que chez ceux qui avaient été entièrement vaccinés dans la semaine qui a suivi Noël. Les vaccins de première génération n’arrêtent peut-être pas toutes les infections et la transmission, mais ils continuent à sauver des vies.

D’après le Dr Abdi Mahamud, « le défi n’a pas été le vaccin, mais la vaccination des populations les plus vulnérables ». Il exhorte ainsi davantage de pays à faire pression pour atteindre une couverture vaccinale de 70 % dès que possible.

L’appel de l’OMS en faveur de l’équité vaccinale dans le monde n’est pas nouveau et intervient alors que de nombreux pays à haut revenus envisagent de proposer une quatrième dose de vaccin à leurs citoyens. Or, des millions de personnes n’ont même pas encore reçu de première dose dans les pays à faibles revenus.

« Des programmes de rappel sans discernement ont toutes les chances de prolonger la pandémie, plutôt que d’y mettre fin, en détournant les doses disponibles vers les pays qui ont déjà des taux de vaccination élevés, offrant ainsi au virus plus de possibilités de se répandre et de muter », a souligné le Dr Tedros.

Les tests PCR et antigéniques continuent de détecter l’infection, y compris par Omicron.

Quelles sont les recommandations de l’OMS ?

L’OMS recommande aux pays d’adopter une approche scientifique s’appuyant sur l’évaluation des risques, d’opter pour la transparence par un partage des données, ainsi que d’intensifier la surveillance et le séquençage des cas afin d’avoir une meilleure connaissance des variants en circulation.

L’Organisation exhorte les pays à poursuivre la stratégie de vaccination, principalement des groupes hautement prioritaires, de manière réfléchie et proportionnelle aux risques. En effet, la vaccination reste essentielle pour réduire les risques de complications, de transmission et de mutation du virus.

Les États doivent également continuer à appliquer les mesures de santé publique afin de réduire globalement la circulation de la COVID-19. C’est-à-dire la distanciation physique, le port du masque, la ventilation des espaces intérieurs, le lavage des mains, tousser ou éternuer dans son coude, ou encore éviter les lieux clos et bondés.

Par ailleurs, le Dr Kluge insiste sur la nécessité de maintenir les écoles ouvertes, car elles sont importantes pour le bien-être mental, social et éducatif des enfants. Les enseignants et les membres du personnel scolaire doivent être intégrés dans les groupes de population prioritaires pour la vaccination.

La priorité doit être aussi donnée à la réduction des perturbations des systèmes de santé et des services essentiels, selon l’OMS.

« Toute décision de raccourcir les périodes de quarantaine ou d’isolement doit être prise en combinaison avec des tests COVID-19 négatifs et uniquement lorsqu’elle est considérée comme importante pour préserver la continuité des services essentiels. Toute décision en ce sens doit être prise en pesant soigneusement les risques et les avantages d’une telle mesure. »

Plus d’informations

(fr) OMS – Ce qu’il faut savoir sur le nouveau variant Omicron

(fr) OMS – Classification de l’Omicron

(fr) OMS – Moins sévère et plus contagieux, le variant Omicron n’est pour autant pas bénin

(fr) Santé Publique France – Point sur le variant Omicron

(fr) COVID-19: plus de la moitié des Européens touches par Omicron d’ici 2 mois

(en) WHO Director-General’s opening remarks at the media briefing for Geneva-based journalists – 20 December 2021

(en) Statement by Dr Hans Henri P. Kluge, WHO Regional Director for Europe

(en) 70 per cent vaccination target must be met to ward off Omicron: WHO

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[1] Un variant est préoccupant lorsqu’il présente des modifications génétiques dont on sait qu’elles affecteront les caractéristiques du virus, qu’il cause une transmission communautaire importante ou plusieurs foyers de COVID-19 dans le monde, mais aussi lorsqu’il a été démontré qu’il est associé à divers changements ayant une incidence sur la santé publique mondiale comme une augmentation de la transmissibilité, une augmentation de la virulence ou un diminution de l’efficacité des mesures sanitaires, des vaccins ou traitements.

Les autres variants jugés « préoccupants » par l’OMS sont les variants Alpha (britannique), Bêta (sud-africain), Gamma (brésilien) et Delta (indien). Les variants jugés « à suivre » sont les variants Lambda (péruvien) et Mu (colombien). Plusieurs autres variants sont « sous surveillance ».

 

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