Les déplacements forcés dans le monde ont diminué l’an dernier pour la première fois en dix ans, tout en restant à « un niveau inacceptable », selon l’agence des Nations Unies pour les réfugiés (HCR).
Sept réfugiés sur dix sont en effet des déplacés de longue durée. Dans son rapport sur les tendances globales, le HCR indique que 41,6 millions de personnes étaient réfugiées ou dans une situation de protection internationale dans le monde fin 2025.
Le nombre de réfugiés a reculé de 1,2 million en un an après des reclassifications, soit une baisse de 3 %. « Ce recul modeste est une bonne nouvelle », a affirmé à la presse le Haut-Commissaire pour les réfugiés, Barham Salih.
Mouvements de retours en Afghanistan, au Soudan et en Syrie
Ce déclin reflète les mouvements de retours observés en 2025 : 14,7 millions de personnes déplacées sont retournées dans leur région ou leur pays d’origine (4,4 millions de réfugiés et 10,3 millions de déplacés internes).
Les retours ont atteint leur deuxième plus haut niveau depuis le début des enregistrements en 1965, même si beaucoup ont eu lieu sous la contrainte et dans des conditions précaires.
Pour l’essentiel, les retours ont eu lieu vers sept pays : la République démocratique du Congo (3,6 millions), le Soudan (3,5 millions), la Syrie (3,3 millions), l’Afghanistan (2 millions), l’Ukraine (718 000) et le Myanmar (415 200).
La baisse de 3 % est aussi liée à la naturalisation de certains réfugiés dans leur pays d’accueil et à des reclassifications. Près de 46 000 apatrides ont obtenu la citoyenneté dans 24 pays en 2025. Il restait cependant 4,6 millions de personnes apatrides dans le monde fin 2025, dont plus de 40 % des Rohingyas, une minorité persécutée du Myanmar.
Le nombre de réfugiés demeure élevé
Pour l’année 2025, ce sont près de 5,4 millions de nouvelles personnes qui ont été contraintes de fuir la guerre, les violences ou les persécutions vers d’autres pays.
Plus de 70 % des réfugiés et des autres personnes ayant besoin d’une protection internationale proviennent de six pays seulement : Afghanistan, Soudan du Sud, Soudan, Syrie, Ukraine et Vénézuéla.
Baisse du nombre de personnes déplacées internes en 2025
Au total, 68,6 millions de personnes ont été déplacées à l’intérieur de leur pays en raison de conflits ou de violences en 2025, soit une baisse de 7 % par rapport à la fin de 2024.
Le Soudan reste la plus grande crise mondiale avec 9,1 millions de déplacés internes.

Rien ne garantit que cette baisse s’inscrive dans la durée. La guerre au Moyen-Orient depuis février 2026 a entraîné environ 1 million de déplacés internes au Liban à la mi-mai 2026 et 3,2 millions de personnes sont temporairement déplacées en Iran à la fin mars 2026.
L’Allemagne, deuxième principal pays d’accueil après la Colombie
Le chef du HCR, Barham Salih, a défini un objectif clair : réduire de plus de moitié, au cours de la prochaine décennie, le nombre de réfugiés en situation de déplacement de longue durée dépendant de l’aide humanitaire, afin d’améliorer les perspectives de millions de personnes.
Cet objectif, qui se concentre sur les pays à faible et moyen revenu où sont accueillis la plupart des réfugiés, serait atteint en élargissant les possibilités de retour, de réinstallation et d’octroi de visas humanitaires pour les réfugiés, tout en passant des formes traditionnelles d’aide à l’autonomie.
Avec 2,8 millions de réfugiés, la Colombie est au premier rang des pays d’accueil. Six Etats rassemblent plus d’un tiers du total. Parmi les autres pays d’accueil des réfugiés figurent l’Allemagne (2,7 millions), la Turquie (2,4 millions), l’Ouganda (1,9 million), l’Iran (1,7 million), le Tchad (1,5 million) et le Pakistan (1,3 million).
Afrique de l’Ouest et du Centre : moins de déplacés internes, mais plus de réfugiés
En Afrique de l’Ouest et du Centre, malgré une hausse des retours de réfugiés et de personnes déplacées internes, les déplacements forcés restent à des niveaux préoccupants. Près de 20 millions de personnes étaient déplacées de force ou apatrides en avril 2026 dans cette région, selon le dernier rapport régional du HCR publié jeudi.
Le nombre total de personnes déplacées a reculé de 12 % par rapport à fin 2024, principalement en raison des retours enregistrés dans plusieurs pays. Toutefois, cette baisse ne traduit pas une diminution durable des causes profondes des déplacements. Plus de 14 millions de personnes demeurent déplacées à l’intérieur de leur propre pays.
Parallèlement, le nombre de réfugiés et de demandeurs d’asile a atteint 3,9 millions, soit une hausse de 23 % en un an. Plus de la moitié vivent dans des situations de déplacement prolongé, dont près d’un tiers en exil depuis plus de dix ans. Les femmes et les enfants représentent 80 % de cette population.
Face à cette situation, le HCR appelle à renforcer les investissements dans les solutions durables, notamment le retour volontaire, la réintégration et l’inclusion socio-économique. L’agence de l’ONU pour les réfugiés estime qu’un soutien international accru reste indispensable pour aider les pays d’accueil à transformer l’assistance humanitaire en solutions durables et permettre aux réfugiés de reconstruire leur vie dans la dignité.
Cet article est basé sur une production d’ONU Info : « Après dix ans de hausse, les déplacements forcés dans le monde marquent le pas »
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