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Le privé doit faire plus pour les droits humains, et pour la planète

Les entreprises privées ont de plus en plus de pouvoir, parfois plus que certains pays. Ce pouvoir va avec une obligation : le respect des personnes et de la planète ou encourir le risque d’être jugé. C’est le message que Volker Türk, chef des droits humains à l’ONU a fait passer au monde des affaires.

A l’occasion du Forum des Nations Unies sur le monde des affaires et les droits humains, M. Türk a d’abord mis en garde contre les dangers des nouvelles technologies : les réseaux sociaux qui polarisent, diffusent discours extrémistes et haineux et l’intelligence artificielle générative, un immense potentiel qui peut être exploité à des fins malveillantes.

Il a mis en garde contre des IA, qui sans garde fous et régulations appropriés peuvent « se transformer en un monstre moderne, à la manière du Frankenstein ».

Les entreprises coupables d’écocide ?

Le chef des droits humains a regretté les « maigres résultats de la COP30 à Belém » et a estimé que les industries fossiles qui génèrent d’énormes profits, parfois au détriment des communautés locales, devaient être tenues responsables de ces injustices comme « d’autres préjudices liés au chaos climatique ».

« Je me demande souvent comment les générations futures jugeront les actions de nos dirigeants – et leur inaction fatale – face à la crise climatique. Dans cinquante ou cent ans, leur réponse insuffisante pourrait-elle être considérée comme un écocide, voire un crime contre l’humanité ? », s’est interrogé Volker Türk.

Il s’est également dit préoccupé par « les attaques persistantes « contre les défenseurs des droits humains courageux qui mettent en lumière les abus liés aux entreprises. C’est inacceptable ».

Des reculs inquiétants au niveau des lois et des politiques.

Le chef des droits humains a dénoncé le fait que certains États ou régions assouplissent les lois qui imposent aux entreprises de respecter les droits de l’homme, ce qui pourrait avoir des effets d’entraînement à l’échelle mondiale.

Même si certaines entreprises « montrent l’exemple » et alignent la gestion des risques liés aux droits de l’homme sur les normes internationales, malgré l’affaiblissement des régulations.

« Ces étapes sont importantes et reflètent ce que vos employés et vos clients partout dans le monde attendent : le respect des personnes et de la planète », a insisté M Türk.

Faire face à ses obligations devant la justice

Il a rappelé que la Cour internationale de Justice a estimé que « les gouvernements doivent prévenir des dommages importants à notre climat, notamment en régulant les entreprises » et que des tribunaux au Brésil, au Royaume-Uni et aux États-Unis ont estimé que les entreprises pouvaient être tenues responsables d’abus allant du travail forcé à la pollution pétrolière, en passant par des atrocités commises dans des pays tiers.

« Le coût des violations des droits humains, a poursuivi M. Türk, pour les entreprises est élevé. Les poursuites peuvent entraîner des délais considérables », a poursuivi M. Türk. Et il a rappelé que « les protestations et les boycotts peuvent avoir un impact énorme sur le comportement des entreprises ».

Le Haut-Commissaire a lancé à l’occasion de ce Forum un Helpdesk sur les entreprises et les droits de l’homme.  Il offrira des conseils aux États, aux entreprises, à la société civile et à d’autres acteurs sur la signification et l’application des Principes directeurs des Nations Unies.

« Nous soutenons également le processus visant à adopter un instrument juridiquement contraignant sur les entreprises et les droits de l’homme », a précisé M Türk.

Les droits humains « en mode survie »

Comme l’ensemble des institutions onusiennes, le Haut-Commissariat aux droits de l’homme traverse une grave crise financière.

« C’est un moment exceptionnellement difficile pour les droits humains, et cela appelle à l’unité et à la solidarité. Mon bureau est à genoux. L’ensemble de l’écosystème des droits de l’homme est en mode survie. » a reconnu M. Türk.

Il s’est dit « ouvert à des idées créatives et innovantes sur la manière d’accroître notre soutien. Par exemple, les initiatives de dons via la paie sont un outil pratique que les entreprises peuvent utiliser pour soutenir les institutions qui nous protègent tous ».

« Au-delà du soutien financier, nous avons besoin d’une Alliance mondiale pour les droits de l’homme – une coalition transrégionale d’États, d’entreprises, de la société civile, de philanthropes et d’autres acteurs – pour placer les droits de l’homme au cœur de la vie publique et politique ».

 

 

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