L’Union européenne (UE) représente l’un des principaux donateurs pour les Nations Unies. Elle intervient dans de nombreux domaines : du maintien de la paix à l’action humanitaire, en passant par le développement durable et le climat.
« L’UE sera toujours un partenaire solide et fiable pour l’ONU, a déclaré Kaja Kallas, Haute représentante de l’UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, le 17 mars à Bruxelles. Nous apportons environ le tiers des financements de l’ONU. Nous payons intégralement, et à temps ».
Elle s’exprimait lors de l’inauguration d’une exposition sur l’impact de l’ONU dans le monde au siège du Service européen pour l’action extérieure (SEAE).
Tom Fletcher, Secrétaire général adjoint des Nations Unies aux affaires humanitaires et Coordonnateur des secours d’urgence, a lui aussi souligné l’importance de la coopération entre l’UE et l’ONU pour sauver des vies.
« Aujourd’hui, dans un monde où règnent tant d’imprudence, d’aventurisme et de militarisme, à cette époque marquée par la brutalité, l’impunité et l’indifférence, nous avons plus que jamais besoin de partenaires fiables, peut-être « ennuyeux », mais stables », a-t-il affirmé.
« L’ONU s’est construite dans un contexte de conflit, d’horreur et de brutalité, a-t-il ajouté. L’ONU a été bâtie pour des temps comme ceux-ci. L’UE de même. Et l’ONU n’est pas un navire qui a été construit pour rester à quai. »
L’ancrage des Nations Unies dans l’UE
L’UE, en plus d’être un partenaire, représente un vrai point d’ancrage pour l’ONU. Pas moins de 20 800 employés sont originaires des 27 pays de l’UE, soit 15 % des effectifs de l’ONU fin 2024. Certains pays sont particulièrement bien représentés, comme la France, avec plus de 4 300 ressortissants, ou encore l’Italie (plus de 4000).
De son côté, l’UE comptait un peu plus de 18 000 fonctionnaires de l’ONU actifs dans ses frontières fin 2024, toutes nationalités confondues, soit près de 14 % du total mondial. Cette présence a un impact économique positif pour les pays hôtes.
L’UE abrite nombre de sièges de l’ONU : Unesco en France, ONU Tourisme en Espagne, ONU Climat en Allemagne, ou encore la Cour internationale de justice (ICJ) aux Pays-Bas.
L’Autriche abrite pour sa part trois sièges onusiens, l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA), l’Organisation des Nations Unies pour le développement industriel (ONUDI) et l’Office des Nations Unies contre la drogue et le crime (ONUDC),
L’Italie, pays hôte de l’Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), du Programme alimentaire mondial (PAM) et du du Fonds international de développement agricole (FIDA), compte plus de 5 000 membres du personnel onusien sur son territoire.
Autre cas particulier, dans un pays qui n’est pas membre de l’UE mais se situe géographiquement en son cœur : la Suisse. La région Europe, plus vaste que l’UE dans la terminologie de l’ONU, représente le principal continent après l’Afrique où travaillent les effectifs des Nations Unies (25,6 %), en partie à cause de l’importance de Genève.
On y trouve en effet le Palais des Nations et de nombreuses entités onusiennes, dont l’Organisation mondiale de la Santé (OMS), le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) et le Haut-Commissariat aux droits de l’Homme (HCDH), pour ne citer qu’eux. Plus de 12 000 employés de l’ONU sont actifs à Genève. C’est plus qu’au Secrétariat général de l’ONU à New York (environ 10 000).
Les achats des Nations Unies : un impact économique positif pour l’UE
En outre, et c’est beaucoup moins connu, plusieurs pays de l’UE figurent parmi les fournisseurs importants des Nations Unies. La Belgique occupait ainsi le 9e rang en 2024. Les entreprises du bloc des 27 ont apporté près de 18 % de toutes les fournitures et tous les services commandés en 2024 par le système des Nations Unies (vaccins et médicaments, transport et de stockage, aliments et boissons, etc).
Le chiffre d’affaires généré par cette activité s’est élevé à 4,85 milliards de dollars en 2024, soit plus que les fonds consacrés par l’UE à l’ONU.
L’UE, l’un des principaux contributeurs multilatéraux aux Nations Unies
Depuis mai 2011, la délégation de l’Union européenne (UE) à New York bénéficie du statut d’observateur aux Nations Unies. L’UE annonce ainsi chaque année ses priorités lors de l’Assemblée générale de l’organisation. Cette feuille de route tient compte du programme de l’ONU ainsi que des grandes questions internationales.
La contribution de l’UE, 3,6 milliards en 2024, est la plus importante des contributions multilatérales aux Nations Unies (37,5%).
D’autres apports multilatéraux proviennent entre autres de la Banque mondiale, du Fonds global ou du secteur privé. Ils sont bien distincts des contributions des pays membres de l’UE à l’ONU.
En termes d’aide humanitaire, l’UE a contribué à l’action des Nations Unies à hauteur de 3,7 milliards de dollars en 2025, selon OCHA.
Six pays de l’UE parmi les 15 premiers contributeurs au budget de l’ONU
Les 193 États membres des Nations Unies restent les principales sources du budget du Secrétariat et des agences des Nations Unies (contributions obligatoires et volontaires confondues). Là encore, l’apport européen s’avère le plus important.
Six pays de l’UE se distinguent parmi les 15 premiers contributeurs en 2024 : l’Allemagne occupe le second rang (4,8 milliards de dollars). France, Italie, Pays-Bas, Suède et Danemark suivent aux 7e, 10e, 11e, 12e et 13e rangs respectivement.
Pour plus de détails sur les relations des pays d’Europe de l’Ouest avec l’ONU, une série d’articles est disponible sur le site d’UNRIC.
L’UE et ses Etats membres, premiers fournisseurs d’aide publique au développement
L’aide publique au développement (APD) totale de l’Europe, UE et États membres compris, est la plus importante au monde (42 % de l’APD mondiale en 2022 et 2023).
L’UE, avec l’initiative Global Gateway, vise à mobiliser 300 milliards d’euros d’investissements sur la période 2021-2027, en soutien au développement durable dans les pays émergents et le monde en développement.
Selon l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’APD consentie par les 22 pays du Comité d’aide au développement (CAD) membres de l’UE a reculé de 8.6 % en termes réels, s’établissant à 88.7 milliards de dollars en 2024.
Elle devrait baisser en 2025 pour la deuxième année consécutive. De leur côté, les institutions européennes ont vu leur niveau d’APD rester stable entre 2023 et 2024, à hauteur de 27,6 milliards de dollars.
Le contexte des coupes budgétaires
L’OCDE a prévu une baisse de 9 % à 17 % de l’APD nette en 2025, en raison des coupes annoncées par les principaux donateurs. Cette baisse toucherait plus durement les pays les plus pauvres : l’APD bilatérale aux pays les moins avancés et à l’Afrique subsaharienne pourrait chuter respectivement de 13 % à 25 % et de 16 % à 28 %, et le financement de la santé pourrait chuter jusqu’à 60 % par rapport à son pic de 2022.
Dans ce contexte, également marqué par les coupes budgétaires qui affectent certaines agences de l’ONU, l’UE demeure une voix essentielle pour défendre les droits de l’homme, l’égalité des sexes, l’état de droit et le respect du droit international.
L’impact de la collaboration entre l’UE et l’ONU
Comme l’a rappelé le Sous-secrétaire général Tom Fletcher à Bruxelles, grâce à la générosité de ses contributeurs, les Nations Unies sont en mesure d’assister et de protéger des millions de personnes chaque année. Le HCR soutient 117 millions de personnes qui fuient les conflits, la faim ou les persécutions.
L’ONU apporte de l’aide alimentaire à 160 millions de personnes dans plus de 120 pays à travers le monde grâce au PAM, et fournit des vaccins à 45 % des enfants dans le monde, ce qui permet de sauver 3 millions de vies par an, via l’UNICEF.
La mission de l’ONU comme son impact se font ressentir à travers des traités internationaux, notamment sur le climat (Accord de Paris) et les droits de l’homme, mais aussi via une assistance concrète à l’organisation d’élections dans plus de 50 pays, grâce au Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD). En outre, l’UE contribue à l’avancée des ODD, via son soutien aux agences des Nations Unies.
Enfin, il faut noter que les Nations Unies sont perçues de manière positive à travers l’UE, selon un sondage Pew Research. En Suède et en Allemagne, l’ONU est créditée de 77 % et 70 % d’opinions favorables.
LIENS UTILES
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