Alors que la guerre au Soudan entre dans sa quatrième année, une conférence internationale se tiendra à Berlin le 15 avril, avec pour objectif de remettre ce conflit au cœur des priorités diplomatiques.
Plusieurs représentants des Nations Unies devraient y participer, dont le chef des affaires humanitaires de l’ONU (OCHA), Tom Fletcher, pour demander notamment plus d’aide pour les populations, un accès facilité aux plus vulnérables.
La conférence est organisée par l’Allemagne, l’Union africaine (UA), l’Union européenne (UE), la France, le Royaume-Uni et les États-Unis.
La pire crise humanitaire au monde
Cette conférence intervient trois ans après le début du conflit entre les forces armées soudanaises et les Forces de soutien rapide (FSR), une milice paramilitaire, qui a plongé le Soudan dans ce que l’ONU a qualifié de pire crise humanitaire au monde.
Le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) estime dans un nouveau rapport qu’environ 70 % de la population vit dans la pauvreté aujourd’hui, contre 38 % avant le conflit. Les combats et les exactions contre les populations civiles ont fait des dizaines de milliers de morts, déplacé plus de 14 millions de personnes et plongé plusieurs régions dans la faim et la famine.
Les organisateurs espèrent que cette réunion ira au-delà des précédentes conférences de donateurs de Paris et de Londres en combinant diplomatie humanitaire et une meilleure prise en compte de la situation des populations civiles soudanaises.
Gros déficit d’aide
Au cœur de la conférence se trouve un problème bien connu : un déficit d’aide considérable. L’an dernier, la réponse humanitaire au Soudan n’a été financée qu’à hauteur d’environ 40 %, laissant un financement à combler de 2,2 milliards d’euros, tandis que des millions de personnes n’ont reçu aucune assistance.
Les organisations humanitaires estiment que plus de 33 millions de personnes ont désormais besoin d’aide, et la pression sur les donateurs s’est accrue, les coupes budgétaires dans de nombreux pays ayant réduit l’enveloppe humanitaire mondiale.
Nouvelle approche : donner plus de poids aux acteurs civils soudanais
Berlin tente également d’introduire une nouveauté sur le plan politique. Plutôt que de présenter la réunion comme une conférence de paix, les organisateurs et analystes allemands insistent sur le fait qu’il s’agit d’un forum visant à renforcer l’action humanitaire et à donner plus de poids aux acteurs soudanais qui souhaitent une transition menée par les civils. Une quarantaine de représentants soudanais devraient participer à ce volet civil, considéré par beaucoup comme l’innovation majeure de la conférence.
L’incertitude demeure, sur les chances de la conférence d’aboutir à une avancée décisive. Alors que la guerre au Soudan s’enlise, que les déplacements de population se propagent dans toute la région et que les souffrances des civils s’aggravent, Berlin est devenu un test important pour savoir si les grandes puissances et les institutions multilatérales sont prêtes à traduire leurs préoccupations en argent, en coordination et en volonté politique soutenue.
LIENS UTILES
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