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Egalité des salaires : on ne peut pas encore attendre 250 ans

Au rythme actuel, il faudra plus de 250 ans pour que les femmes et les hommes reçoivent un salaire égal. Il y a urgence à s’attaquer à ce problème en cours dans la plupart des pays du monde, aucun n’ayant encore atteint la parité.

Il y a 25 ans pourtant, lors de quatrième Conférence mondiale sur les femmes à Pékin, les pays s’étaient engagés à garantir « un salaire égal pour un travail égal ». Selon un rapport du Forum économique mondial, publié en 2019, au rythme actuel, l’égalité salariale entre femmes et hommes ne sera atteinte qu’en 2277 !

Ce 18 septembre, les Nations Unies célèbrent pour la toute première fois la Journée internationale de l’égalité de rémunération afin de souligner l’urgence de s’attaquer à l’écart de salaire entre les sexes alors que la pandémie de COVID-19 accroit encore les inégalités et pourrait réduire à néant les progrès enregistrés.

Au niveau mondial, une femme gagne 77 centimes chaque fois qu’un homme gagne un dollar. Dans l’Union européenne, une femme reçoit 84 centimes pour chaque euro gagné par un homme.

Des écarts importants dans le secteur privé

En France, selon les données de l’Insee, les femmes salariées du secteur privé gagnent en moyenne 16,8 % de moins que les hommes pour un même volume de travail. A cet écart de salaire s’ajoutent des inégalités de volume de travail, les femmes travaillant plus souvent à temps partiel. Ces écarts de salaire entre sexes ont diminué en France d’un quart sur les vingt dernières années. Les écarts de volume de travail se réduisent aussi, mais moins rapidement.

En Belgique en 2018, selon Statbel, l’office belge de statistique, les femmes gagnent en moyenne un salaire horaire inférieur de 6% à celui des hommes, un chiffre qui diminue depuis 2010. Au Luxembourg, ce pourcentage tombe à 4,6%. Cependant, si l’on prend en compte les salaires annuels et la répartition inégale de la durée du travail entre femmes et hommes, l’écart atteint alors 23,7% d’après le dernier rapport de l’Institut pour l’égalité des femmes et des hommes.

Dans son message à l’occasion de la Journée internationale de l’égalité de rémunération, António Guterres, le Secrétaire général des Nations Unies, a rappelé que « l’égalité de rémunération est essentielle, non seulement pour les femmes, mais aussi pour faire advenir un monde de dignité et de justice pour toutes et tous ».

La réduction de l’écart de salaires est indispensable pour atteindre les Objectifs de développement durable, notamment l’Objectif 5 « réaliser l’égalité des sexes et autonomiser toutes les femmes et les filles » et l’objectif 8.5 « garantir à toutes les femmes et à tous les hommes, y compris les jeunes et les personnes handicapées, un travail décent et un salaire égal pour un travail de valeur égale ».

Combler l’écart de salaire entre les sexes ne se fera pas du jour au lendemain, mais cela peut se faire et à un rythme bien plus élevé que celui qui prévaut actuellement. En cette Journée internationale de l’égalité de rémunération, les décideurs, les acteurs du marché du travail et de la société civile sont invités à redoubler d’efforts pour parvenir à l’égalité de rémunération entre hommes et femmes.

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