Le secrétaire général de l’ONU, António Guterres, et le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, ont convoqué une réunion spéciale de haut niveau sur l’action climatique le 24 septembre 2025, pendant la semaine de haut niveau de la 80e Assemblée générale des Nations Unies.
Ce sommet, qui s’est tenu à New York avant la COP30 prévue au Brésil en novembre prochain, avait pour objectif de permettre aux chefs d’État et de gouvernement de présenter leurs nouveaux plans nationaux en matière de climat (contributions déterminées au niveau national, ou CDN) et d’exposer les mesures à prendre pour que les objectifs de l’Accord de Paris restent à portée de main.
Le Secrétaire général des Nations Unies a ouvert le sommet en déclarant que « l’Accord de Paris a fait la différence. Au cours des dix dernières années, l’augmentation prévue de la température mondiale est passée de quatre degrés Celsius à moins de trois, si les CDN actuelles sont pleinement mises en œuvre ».
Un coup d’accélérateur sur l’action pour le climat avant la COP 30
M. Guterres a souligné que nous avons désormais « besoin de nouveaux plans pour 2035 qui aillent beaucoup plus loin et beaucoup plus vite ».
Lors du sommet, une centaine de Parties à l’Accord de Paris, représentant les deux tiers des émissions mondiales de gaz à effet de serre, ont désormais soumis leurs nouveaux objectifs de CDN, ou indiqué leur volonté de le faire, s’engageant à accélérer l’action climatique.
Le Secrétaire général a continué d’appeler tous les gouvernements, et en particulier le groupe des 20 plus grandes économies (G20), à faire preuve de la plus grande ambition possible en matière d’action climatique et à tirer parti des avantages de la nouvelle ère de l’énergie propre. Il travaille en étroite collaboration avec le président Lula du Brésil, hôte de la COP30, pour y parvenir.
« Cette COP déterminera si nous croyons ou non à la science, a déclaré le président Lula du Brésil. Nous devrons prendre une décision. Car si nous ne prenons pas de décisions, la société cessera de croire ses dirigeants ».
« Nous savons que c’est possible », a déclaré le secrétaire général des Nations unies. « La Chine a atteint son objectif 2030 en matière d’énergie éolienne et solaire avec six ans d’avance. L’Inde a atteint 50 % de sa capacité électrique à partir de combustibles non fossiles avec cinq ans d’avance. »
La Chine a d’ailleurs marqué un tournant important lors du Sommet sur le climat du 24 septembre. Pour la première fois, le plus grand émetteur mondial de gaz à effet de serre s’engage à réduire ses émissions – de 7 % à 10 % d’ici 2035.
Les énergies renouvelables en avant
Le rythme et l’ampleur des impacts climatiques s’accélèrent à travers le monde. Dans le même temps, la transition énergétique progresse plus vite et les opportunités d’action climatique n’ont jamais été aussi claires.
Les dirigeants ont souligné que l’accélération de la transition énergétique peut débloquer des emplois, la croissance et la sécurité énergétique. Les technologies énergétiques propres déployées depuis 2019 contribuent à éviter environ 2,6 milliards de tonnes d’émissions de dioxyde de carbone par an, dont 87 % sont dues au remplacement des combustibles fossiles par l’énergie solaire photovoltaïque et l’énergie éolienne.
Les pays en développement ont quant à eux souligné l’importance d’intégrer des mesures d’adaptation, de résilience et de perte et de dommages dans leurs CDN, insistant sur le besoin urgent d’augmenter les financements afin d’atteindre et de dépasser leurs ambitions.
Déclaration d’intention de l’UE sur ses objectifs climat
L’Union européenne (UE), représentée par la présidente de la Commission européenne Ursula von der Leyen, a présenté une déclaration d’intention approuvée par le Conseil de l’UE le 18 septembre, s’engageant à soumettre sa CDN avant le début du sommet COP30 en novembre.
Ursula von der Leyen a souligné l’engagement du bloc, déclarant que l’Europe « maintiendra le cap sur ses ambitions climatiques ».
La déclaration indique que « l’UE devrait soumettre une CDN avant la COP30 avec un objectif indicatif pour 2035 compris entre 66,25 % et 72,5 % de réduction des émissions de gaz à effet de serre par rapport aux niveaux de 1990 ».
Le maintien du leadership de l’UE en matière de climat dans le contexte géopolitique actuel est essentiel et souligne la nécessité d’une coopération internationale renforcée sur une question qui ne connaît pas de frontières.
Les représentants de seize États membres de l’UE ont également pris la parole lors du sommet : l’Autriche, la Belgique, le Danemark, l’Estonie, la Finlande, la France, l’Allemagne, la Grèce, l’Irlande, l’Italie, le Royaume des Pays-Bas, le Portugal, la Slovaquie, la Slovénie, l’Espagne et la Suède.
L’UE soumettra une CDN unique et collective au nom d’elle-même et de ses États membres, qui couvrira leurs engagements climatiques au titre de l’accord de Paris.
La Vice-Secrétaire générale des Nations unies, Amina Mohammed, a conclu le Sommet sur le climat en déclarant : « Les dirigeants du monde entier se sont unis pour montrer que même en cette période de division et d’incertitude, la volonté et la détermination de lutter contre la crise climatique sont bien vivantes et fortes. »
Cet événement a également réuni des dirigeants des gouvernements locaux, des entreprises et de la société civile autour de dialogues thématiques sur les solutions organisés tout au long de la semaine par les Nations unies et le Brésil. Les discussions ont souligné que les technologies et les outils nécessaires pour décarboner l’énergie, les transports et l’industrie, protéger les forêts et renforcer la résilience sont déjà disponibles. Le défi consiste désormais à accélérer leur déploiement à grande échelle.
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