ActualitésClimat: que répondre aux climatosceptiques ?

Climat: que répondre aux climatosceptiques ?

Malgré le consensus scientifique, non seulement il existe toujours des gens pour nier l’existence d’un réchauffement climatique lié aux activités humaines, mais leur nombre augmente. Pas toujours facile de contrecarrer leurs arguments. Voici donc quelques réponses, proposées par le Programme des Nations Unies pour l’Environnement.

Intox 1 : le changement climatique a toujours existé, aucune raison de s’inquiéter.

Il est vrai que la température de la planète a longtemps fluctué, avec des périodes de réchauffement et de refroidissement. Mais depuis la dernière période glaciaire, il y a 10 000 ans, le climat est resté relativement stable, ce qui, selon les scientifiques, a été crucial pour le développement de la civilisation humaine.

Cette stabilité est désormais mise à mal. La Terre se réchauffe à un rythme sans précédent depuis au moins 2000 ans et est environ 1,2 °C plus chaude qu’à l’époque préindustrielle. 

Les dix dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées, et 2024 a battu tous les records de température mondiale.

D’autres indicateurs clés liés au climat connaissent également des pics inquiétants. Les températures des océans, les niveaux de la mer et les concentrations atmosphériques de gaz à effet de serre augmentent à des rythmes records, tandis que les glaces de mer et les glaciers reculent à une vitesse alarmante.

Intox 2 : le changement climatique est un processus naturel, rien à voir avec les activités humaines.

Bien que le changement climatique soit un processus naturel, l’activité humaine le fait passer à la vitesse supérieure. Un rapport majeur du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), basé sur les recherches de centaines de climatologues de premier plan, a conclu que les humains sont responsables de presque tout le réchauffement climatique des 200 dernières années.

La grande majorité de ce réchauffement provient de la combustion du charbon, du pétrole et du gaz. Ces combustibles fossiles libèrent dans l’atmosphère des gaz à effet de serre, qui agissent comme une couverture piégeant la chaleur autour de la planète.

En analysant des données provenant de calottes de glace et d’anneaux de croissance des arbres, les scientifiques ont pu suivre les concentrations de gaz à effet de serre. Les niveaux de dioxyde de carbone sont actuellement les plus élevés depuis 2 millions d’années, tandis que deux autres gaz à effet de serre, le méthane et le protoxyde d’azote, atteignent leurs niveaux les plus élevés depuis 800 000 ans.

Intox 3 : quelques degrés de plus, ce n’est pas si grave.

De petites augmentations de température peuvent perturber les écosystèmes fragiles de la planète, avec des conséquences graves pour les humains et les autres formes de vie. L’Accord de Paris sur le climat vise à limiter la hausse moyenne des températures mondiales à « bien en dessous » de 2 °C, et idéalement à 1,5 °C, par rapport à l’ère préindustrielle.

Même un écart d’un demi-degré peut avoir des effets majeurs. Le GIEC a constaté qu’à 2 °C de réchauffement, plus de 2 milliards de personnes seraient régulièrement exposées à une chaleur extrême. Le monde perdrait également deux fois plus de plantes et d’espèces de vertébrés, ainsi que trois fois plus d’insectes qu’avec une augmentation à 1,5 degré. Dans certaines régions, les rendements agricoles pourraient diminuer de plus de moitié, menaçant ainsi la sécurité alimentaire.

À 1,5 °C de réchauffement, entre 70 % et 90 % des coraux, qui sont les piliers de nombreux écosystèmes sous-marins, mourraient. À 2 °C de réchauffement, environ 99 % disparaîtraient. Leur extinction entraînerait probablement la perte d’autres espèces marines, dont beaucoup sont une source essentielle de protéines pour les communautés côtières.

« Chaque fraction de degré de réchauffement compte », insiste le Programme des Nations Unies pour l’environnement (PNUE)

Intox 4 : il y a des vagues de froid, il est où le réchauffement ?

Cette affirmation confond la météo et le climat, qui sont deux choses différentes. La météo correspond aux conditions atmosphériques au jour le jour dans un lieu donné, tandis que le climat représente les conditions météorologiques à long terme dans une région. Ainsi, il peut encore y avoir une vague de froid même si la tendance générale de la planète est au réchauffement.

Certains experts pensent également que le changement climatique pourrait entraîner des vagues de froid plus longues et plus intenses dans certaines régions en raison de modifications des régimes de vent et d’autres facteurs atmosphériques. 

Une étude a révélé que le réchauffement rapide de l’Arctique pourrait avoir perturbé la masse tourbillonnante d’air froid au-dessus du pôle Nord en 2021. Cela a provoqué la descente de températures glaciales jusqu’au Texas, aux États-Unis, causant des milliards de dollars de dégâts.

Intox n°5 : les scientifiques ne sont pas d’accord entre eux sur la cause du changement climatique.

Une étude de 2021 a révélé que 99 % des articles scientifiques évalués par des pairs concluent que le changement climatique est d’origine humaine. Cela correspond aux résultats d’une étude largement citée de 2013, qui avait trouvé que 97 % des articles évalués par des pairs examinant les causes du changement climatique attribuaient ce phénomène à l’activité humaine.

« L’idée qu’il n’y a pas de consensus est utilisée par les climato-sceptiques pour semer le doute et brouiller les pistes », indique le PNUE. « Mais la communauté scientifique est unanime : le réchauffement climatique auquel nous faisons face n’est pas naturel. Il est causé par les humains ».

Intox 6 : il est déjà trop tard, autant continuer à profiter sans rien changer

Bien que la situation soit grave, il reste une étroite fenêtre pour permettre à l’humanité d’éviter le pire du changement climatique.

Le dernier rapport  de l’ONU a montré qu’en réduisant les émissions de gaz à effet de serre de 42 % d’ici 2030, le monde pourrait limiter la hausse des températures mondiales à 1,5 °C par rapport aux niveaux préindustriels.

Pour atteindre cet objectif, le monde doit réduire ses émissions annuelles de 22 milliards de tonnes d’équivalent dioxyde de carbone en moins de sept ans. Cela peut sembler énorme. Mais en augmentant les financements et en se concentrant sur un développement à faible carbone dans des secteurs clés comme les transports, l’agriculture et la foresterie, cet objectif est réalisable.

« Il ne fait aucun doute que la tâche qui nous attend est immense », estime le PNUE, « mais nous avons déjà les solutions nécessaires pour réduire les émissions, et une opportunité s’offre à nous d’augmenter nos ambitions avec le nouveau cycle des plans d’action nationaux pour le climat ».

Intox n°7 : Les modèles climatiques ne sont pas fiables.

Les climatosceptiques soutiennent depuis longtemps que les modèles informatiques utilisés pour prévoir le changement climatique sont au mieux peu fiables, voire totalement inexacts.

Cependant, le GIEC, la principale autorité scientifique mondiale sur le changement climatique, affirme que, sur des décennies de développement, ces modèles ont constamment fourni « une image robuste et sans ambiguïté » du réchauffement planétaire.

Par ailleurs, une étude menée en 2020 par l’Université de Californie a montré que les modèles de réchauffement climatique étaient en grande partie précis. L’étude a examiné 17 modèles générés entre 1970 et 2007 et a constaté que 14 d’entre eux correspondaient étroitement aux observations.

Intox n°8 : on va développer des technologies pour nous adapter au changement climatique.

Certains pays et communautés peuvent s’adapter à l’augmentation des températures, à la baisse des précipitations et aux autres impacts du changement climatique. 

La COP29, la conférence des Nations Unies sur le climat, qui s’est tenue à Bakou, en Azerbaïdjan, s’est achevée sur un accord visant à tripler le montant des financements climatiques versés aux pays en développement pour atteindre 300 milliards de dollars par an d’ici à 2035. Cet accord constitue une avancée certaine, mais la somme finale est bien inférieure aux 1 300 milliards de dollars dont ces pays ont besoin, selon les experts du climat, pour s’adapter à la crise.

Même les pays riches auront du mal à financer le coût de l’adaptation, qui, dans certains cas, nécessitera des mesures radicales, telles que le déplacement de communautés vulnérables, le relocalisation d’infrastructures vitales ou la modification des aliments de base.

Dans de nombreux endroits, les gens sont déjà confrontés à des limites strictes concernant la quantité d’adaptation possible. Les petits États insulaires, par exemple, ne peuvent faire que peu de choses pour contenir l’élévation du niveau de la mer qui menace leur existence.

Sans action significative pour réduire les émissions de gaz à effet de serre, les communautés atteindront ces limites strictes plus rapidement et commenceront à souffrir de dommages irréparables causés par le changement climatique, affirment les experts.

 

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